MALADIES DU LARYNX
de le diagnostiquer et de le ouérir par inCISION : d'autres fois, le kyste est rempli par une matière boueuse gélatiniforme, qui ne permet pas d’y reconnaître la moindre fluctuation. Ce kyste se confond alors avec les transformations et développemens plus ou moins consistans du corps thyroïde. Dans certains cas, la difficulté du diagnostic d’un kyste du corps thyroïde vient non-seulement de la qualité du liquide, mais encore de l'épaisseur et de la densité des parois de ce kyste.
Chez une vieille femme, qui portait un goitre latéral droit très considérable, jai trouvé que la tumeur était formée par un kyste à parois fibreuses, parsemées de plaques crétacées. Dans ce kyste se voyait une matière demi transparente, gélatiniforme , cohérente, adhérente aux parois du kyste, et au milieu de laquelle était une matière boueuse. On concoit que rien n'annonçÇait pendant la vie la présence d'un kyste dans ce goitre.
Une question, qui se présente souvent à résoudre à l'occasion des kystes séreux du Corps thyroïde est celle-ci : ces kystes séreux sont-ils formés aux dépens du tissu cellulaire ambiant, de telle sorte que la glande thyroïde comprimée s'aplatisse etse moule sur le kyste, ou bien ces kystes sont-ils formés aux dépens et dans l'épaisseur du corps thyroïde, de telle facon que la portion du corps thyroïde non transformée s'applique contre les parois de ce kyste? Les deux choses sont possibles: je n'ai rencontré que la dernière forme d’hydrocèle cervicale. Rien d'ailleurs ne serait plus facile à distinguer l’une de l’autre que ces deux espèces de kyste, l'une se développant sous la capsule propre du Corps thyroïde, l'autre se développant en dehors de cette capsule.
Le goitre latéral peut quelquefois donner lieu à des erreurs remarquables de diagnostic. On sait combien souvent un goitre latéral, que soulevait l'artère carotide primitive , a été pris pour un anévrisme de cette artère. Dans le cas suivant, je crus non à un goitre latéral, mais à une de ces tumeurs adipeuses et fibreuses, si fréquentes à la partie latérale du col. Il est vrai que le goitre occupait le prolongement que le corps thyroïde envoie supérieurement chez quelques sujets juqu'au niveau de l'os hyoïde. Voici le fait.
Une femme, âgée de 82 ans, entra à l'infirmerie de la Salpétrière, le 5 mai 1835, pour une pneumonie œdémateuse , à laquelle elle succomba, le 17 mai. Cette femme portait à la partie latérale droite du col une tumeur étendue depuis l'extrémité inférieure de la glande parotide jusqu’au niveau du bord supérieur du cartilage cricoïde. Cette tumeur était ovoide, du volume d’un œuf de poule, dont la petite extrémité aurait regardé en bas: elle était dense, de la consistance d’une tumeur adipeuse, sans fluctuation , sans bosselures, peu mobile sous la peau, et paraissait indépendante du corps thyroïde. Je crus à une tumeur adipeuse ou fibreuse.
La malade ayant succombé, la dissection de la tumeur nous montra , 1° que la tumeur était recouverte par la peau, par le bord antérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien , par les aponévroses cervicales, qui le bridaient fortement ; 2° que cette tumeur se continuait par un pédicule avec le corps thyroïde, qui avait subi lui-même une transformation de tissu fort remarquable ; 3° que cette tumeur était constituée par un kyste à parois épaisses et fibreuses, remplie par un liquide lie-de-vin, tapissée par une couche pseudomembraneuse, épaisse, maculée de sang, organisée dans ses couches les plus extérieures, présentant diverses colorations, parmi lesquelles dominaient la nuance jaunâtre.
Le corps thyroïde était peu volumineux , mais tres dur, présentant une coque pétrifée, de l'intérieur de laquelle partaient des lames osseuses, qui divisaient ce corps en un nombre assez considérable de cellules. Dans l’intérieur de ces cellules se voyait un tissu qui offrait quelque analogie avec le tissu du corps thyroïde. Bien que ce corps n'ait subi qu'une très légère augmentation de volume, cependant la trachée-artère comprimée offrait un aplatissement très prononcé.
Le goitre, dans son principe, n'est le plus ordinairement qu'une hypertrophie; mais lorsque le goitre existe depuis longues années, lorsque les individus qui en sont affectés sont restés soumis à l'influence sans cesse agissante des causes productrices de cette maladie, et n'ont été soumis à aucun traitement, alors à l'hypertrophie succèdent diverses altérations, parmi lesquelles la production des kystes, les transformations fibreuse, cartilagineuse et osseuse, tiennent le premier rang. |