‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 57 sur 122 · MALADIES DU LARYNX · texte numérisé non relu

MALADIES DU LARYNX

La dégénération cancéreuse du-goitre est une chose assez rare. En voici un exemple dans

lequel on trouvera en même temps une laryngite sous-muqueuse et une perforation par usure de la paroi postérieure du pharynx. Je n'ai sur ce fait aucun renselonement clinique.

Le goître était borné au lobe gauche’; le lobe droit et le lobe moyen étaient atrophiés. Toute la surface de la tumeur était parcourue par de petits vaisseaux veineux. Le nerf pneumo-gastrique gauche était accollé à son côté externe ; l’artère carotide primitive répondait en arrière et en dedans. L’incision verticale de la tumeur a montré qu'elle était constituée en grande parte par une bouillie de sang , de pus et de matière encéphaloïde. Il était évident que nous avions affaire à une dégénération encéphaloïde, passée à l'état de désorganisation.

La partie superficielle de la tumeur, qui présentait çà et là quelques lobules distincts, conservait seule les caractères de dégénération encéphaluide pure. Dans d’autres points, c’étaient du pus infiltré à demi concret et des milliers de petits vaisseaux sanguins, mêlés à la matière encéphaloïde. La quantité de suc cancéreux était très considérable, et la moindre pression le faisait suinter, sous la forme d’une bouillie rosée. Au milieu de ce tissu se voyait un kyste cartilagineux , contenant une matière concrète demi transparente, tres dense, comme cornée , que la suppuration avait en partie détachée du kyste. |

Au centre de la tumeur, j'ai pu suivre un gros vaisseau de trois pouces de long, qui était brusquement interrompu au milieu de la bouillie. Ce vaisseau contenait du pus ou plutôt de la matière encéphaloïde. Il m'a été impossible de déterminer si c'était une artère où une veine; mais mes observations établissent assez que ce ne peut être qu'une veine. On sait aussi que, d’après ma manière de voir, c’est dans les vaisseaux qu'est le siège primitif de la sécrétion du suc encéphaloïde.

La trachée était très dilatée au dessous de la tumeur, rétrécie au niveau de la tumeur. Une petite eschare blanche avec ramollissement indiquait qu'un travail d'élimination s’organisait dans ce point, et que la tumeur n'aurait pas tardé à s'ouvrir dans la trachée.

La tumeur ayant été détachée avec le pharynx, l’œsophage et le larynx, la paroï postérieure du pharynx incisée , nous avons vu sur la face postérieure du cartilage thyroïde une perte de substance circulaire de trois lignes de diamètre. Cette ouverture conduisait dans une poche purulente, au fond de laquelle on sentait les cartilages dénudés. En effet , la partie supérieure du cartilage ericoïde était ossifiée et cariée. Les articulations crico-aryténoïdiennes s'ouvraient dans le foyer, et la base des cartilages aryténoides était érodée.

En détachant le pharynx de la colonne vertébrale , nous avions été arrêtés par une adhérence intime, si bien que la séparation avait entraîné une perte de substance de la part du pharynx; en effet, la paroi postérieure du pharynx présentait une perte de substance circulaire, et cette perte de substance était le résultat de la pression exercée par le bord postérieur du cartilage thyroïde, poussé en arrière par la tumeur et appuyant fortement contre cette paroi postérieure.

Réflexions. L'observation précédente, indépendamment du cancer de la glande thyroïde, présente un exemple, 1° de laryngtte sous-muqueuse , 2° d'altération par pression de la paroi postérieure du pharynx. Je dirai d'abord, relativement à cette dernière circonstance, que j'ai déjà eu occasion de rencontrer plusieurs fois cette ulcération par pression de la paroi postérieure du pharynx, par un goitre volumineux; que cette perte de substance par pression serait bien plus fréquente, si le goitre occupait purement et simplement la région antérieure du larynx, et s'il ne se prolongeait pas de chaque côté, de manière à déborder en arrière le cartilage thyroïde, et par conséquent à prévenir toute pression de la partdu bord postérieur de ce cartilage. Dans le cas qui précède, la perte de substance occupait toute l'épaisseur du pharynx, et des adhérences avaient seules prévenu l'épanchement ou infiltration des alimens et des boissons dans le tissu cellulaire extérieur au pharynx.

Dans les trois ou quatre autres cas que j'ai observés, la perte de substance n'avait pas envahi toute l'épaisseur des parois.

La liryngite sous-muqueuse complique bien rarement le goïtre. Je dois même dire qu'il

y à peu, infiniment peu de solidarité entre les maladies de la glande thyroïde et celles du larynx , si bien que l’on rencontre tous les jours des lésions organiques très avancées du larynx, sans que le corps thyroïde présente la moindre altération correspondante. Lorsque des indurations, des abcès se forment autour du larynx, on peut établir que le corps thyroïde y est complètement étranger, lors même que ces indurations et abcès occupent la région

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