‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 70 sur 122 · MALADIES DE LOESOPHAGE ET DES INTESTINS · texte numérisé non relu

MALADIES DE LOESOPHAGE ET DES INTESTINS

des alimens, et priait instamment qu’on introduisit dans ce canal soit une sonde, soit une tige quelconque, munie d'une éponge pour frayer une voie aux alimens. | a & |

M. Duméril, fondé à penser qu'il y avait obstruction organique à l'orifice cardiaque, ne se rendit pas à ses instances. À. Dubois partagea la nême opinion. Le malade s’éteignit dans le marasme, le 2 février 1822, deux mois après son entrée à la Maisor Royale de santé.

Ouverture du cadavre. La moitié inférieure du pharynx présentait une dilatation considérable , en manière de poche dont la capacité était double de celle de ce conduit dans l’état ordinaire. « Un rétrécissement « subit percé d’un pertuis circulaire, à bords froncés, d’une ligne de diamètre, sans aucune trace de la « moindre altération de tissu, terminait, en avant et en bas, cette espèce de jabot dont la surface interne « était recouverte d’une membrane blanchâtre , inorganique, peu épaisse, facile à détacher: cette petite « ouverture conduisait par un canal de même dimension, de huit lignes de longueur, garni de plis longi- « tudinaux , tapissé par la même fausse membrane qui allait msensiblement en s’élargissant de manière à « offrir à sa partie inférieure , un diamètre de trois lignes. » |

Les plis longitudinaux qu'on remarquait à la face interne du rétrécissement de l’œsophage ne différaient pas sensiblement de ceux qu’on a coutume d'y rencontrer dans l'état sain. Les parois de ce conduit avaient augmenté d'épaisseur dans la proportion de leur rétraction , mais sans acquérir de la dureté et sans perdre aucune des qualités physiques qui les constituent dans l'état normal.

Le long de l’œsophage, on voyait un petit nombre de ganglions bronchiques, la plupart du volume d’une amande, remplis de grumeaux noirâtres, dégénérés de leur organisation primitive. Ces ganglions ne comprimaient nulle part l’œsophage.

Réflexions. La description textuelle que je viens de rapporter dela disposition anatomique de l'œsophage, dans le cas précédent, s'applique parfaitement au cas représenté planche 6, et les détails cliniques qui la précèdent peuvent jusqu'à un certain point suppléer à ceux qui me manquent à cet égard.

Dans l'un et l'autre cas, était-ce un vice de conformation, était-ce un rétrécissement acquis? Sans doute, il résulte des commémoratifs recueillis sur le malade de M. Cassan que la déglutition s'était toujours opérée longuement et avec peine; mais comme elle ne s'opérait, à la fin de la vie, quesur les alimens liquides et encore fort incomplètement, il est impossible d'admettre que le rétrécissement observé après la mort ait existé dans les mêmes proportions pendant toute la vie. Un peu d'étroitesse relative dans une certaine longueur de l’œsophage peut se concevoir, mais un rétrécissement semblable est incompatible avec la vie.

Il existe quelques exemples de rétrécissementet même d'obturations congéniales complètes de l'œsophage, observés chez des fœtus parfaitement constitués, et ces exemples d’obturation établissent que si l'introduction de l’eau de l’amnios dans l'estomac a lieu, elle n'est pas indispensable pour la nutrition. Non-seulement l'œsophage peut être chez le fœtus le siège d'un rétrécissement sans traces de travail morbide, mais encore, ce rétrécissement peut ètre le résultat manifeste d'une phlegmasie survenue pendant la vie intra-utérine, phlegmasie qui laisse après elle un noyau d'induration absolument semblable à celui que déterminerait une phlegmasie survenue après la naissance : ainsi j'ai vu l'œsophage d'un enfant qui mourut par défaut de nutrition peu de jours après sa naissance, attendu que toutes les substances alimentaires soumises à la déglutition étaient immédiatement vomies. Il y avait un rétrécissement très considérable de l'œsophage, à deux pouces au-dessus de son ouverture dans l'estomac. L'œsophage était notablement dilaté et la membrane musculaire un peu épaissie dans la partie située immédiatement au-dessus de ce point. Quant au rétrécissement, il présentait une coloration rouge de la muqueuse et un noyau d'induration.

Dans le cas que jai fait représenter, comme dans le cas de M. Cassan, il n'y avait aucune lésion organique , aucune trace de travail morbide ; tel est encore le cas observé par Baillie ( Anatomie pathologique ) et qu'il rapporte en ces termes : « Un resserrement très extraordi- «naire de l'œsophage, dont j'ai vu un seul exemple, consistait dans un froncement de la «membrane interne, qui rendait l'œsophage si étroit qu'un petit pois pouvait à peine y passer : il ny avait pourtant aucune altération dans la texture de la membrane ainsi resserree, et les fibres musculaires environnantes étaient parfaitement saines. Les progrès de cette maladie « furent lents, la personnequi en était le sujet eut une difficulté de déglutition pendant ‘plusieurs années et ne pouvait avaler que des substances d’un très petit volume. »

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