‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 75 sur 122 · MALADIES DE JUTÉRUS ET DE SES ANNEXES · texte numérisé non relu

MALADIES DE JUTÉRUS ET DE SES ANNEXES

ou moins vives des lombes, du sacrum, de l'anus, des aines, de l'hypogastre, des régions antérieures et latérales, des régions postérieures des cuisses? Mais si ces douleurs révèlent le siège de la maladie, il s'en faut bien qu'elles en révèlent la nature. Toutefois, comme la question de siège est quelquefois tellement importante, que sa solution est intimement liée à la question de nature, je ferai remarquer que l'ensemble des douleurs que je viens d'indiquer appartient exclusivement à l'utérus; que les douleurs de vessie qui pourraient simuler des douleurs utérines, sont plus locales, si je puis m'exprimer ainsi, ordinairement limitées aux régions de la vessie, et ne saccompagnent pas des douleurs lombaire et sacrée, de douleurs le long des branches des plexus lombaire et sciatique, qui accompagnent toujours les maladies de l'utérus. J’attache une très grande importance à la douleur lombaire, et surtout à la douleur sacro-coccygienne, pour le diagnostic des maladies de l'utérus : il est rare qu'une lésion irritative de l'utérus ait lieu sans que cette lésion ne soit accompagnée d'une douleur à la pression ou indépendante de la pression le long de la colonne sacrococcygienne : c'est cette douleur que j'ai coutume d’appeler le point dorsal utérin.

Les hémorrhagies et les divers écoulemens qui peuvent avoir lieu par la vulve ne sont pas des signes plus positifs que la douleur; ils annoncent une lésion de l'utérus, mais ne préjugent rien sur sa nature. | | = L'exploration de la face postérieure du corps de l'utérus par le doigt introduit dans le rectum, l'exploration de son fond par [a région hypogastrique, celle de sa face antérieure par une sonde introduite dans la vessie, ne peuvent donner que des présomptions; car cette exploration ne peut résoudre que des quéstions de forme, de volume, et jusqu'à un certain point de consistance ; et les notions relatives à la forme, au volume et à la consistance des : organes, ne préjugent rien quant au caractère de la lésion. |

Nous n'avons donc de certitude sur l'existence d'un cancer de l'utérus, que lorsque le museau de tanche est le siège de la dégénération; or, le museau de tanche n'est pas toujours le siège primitif du cancer utérin, il arrive même que le museau de tanche est respecté pendant tout le cours de la maladie. J'ai vu plusieurs fois le corps de l'utérus désorganisé par le cancer, alors que le col ou la partie inférieure du col était parfaitement saine; dans d’autres circonstances, cest la membrane muqueuse du corps et du col qui est primitivement envahie, comme dans le cas représenté figure 1, pl. ir. Voici le résumé de quelques faits qui établissent la vérité de cette proposition. 1° Chez une femme morte à la Salpétrière, la dégénération du corps utérin était portée à ce point, qu'il y avait communication entre la cavité utérine et la vessie d'une part, entre cette cavité et le rectum d’une autre part, eh bien! le col utérin était parfaitement sain.

2° Chez une autre femme de 45 ans, morte subitement à la Salpétrière par suite d’un hydrothorax, qui n'avait accusé aucun symptôme du côté de l'utérus, j'ai trouvé que l'utérus, vu à l'extérieur, avait son volume naturel et paraissait dans son état d'intégrité. Mais ayant incisé cet organe, je vis que le col était parfaitement sain, que le corps présentait une infiltration de suc cancéreux dans ses couches les plus internes, et seulement dans une partie de la circonférence de cet organe; mais que ses couches externes avaient été respectées : je saisissais, pour ainsi dire, la dégénération cancéreuse à son début; la partie malade était comme infiltrée d’un suc cancéreux et liquide qu’on exprimait comme d'une éponge. C'est un des cas qui m'ont le mieux appris que la distinction entre l'état de crudité et l'état de ramollissement dans le cancer encéphaloïde était une vue de l'espritet non le résultat d'une observation sévère; que le suc cancéreux était sécrété dès les premiers momens de l'apparition du cancer, et que Îles tissus, dans les mailles desquels il était infiltré, étaient durs ou mous, suivant la proportion de ce suc cancéreux. |

3° Comme exemple de cancer de l'utérus occupant la surface interne de cet organe qu'il détruit par couches successives, je citerai le fait suivant. Une femme, âgée de 5o ans, présentait tous les signes rationnels du cancer de l'utérus : teint jaune paille, hémorrhagies considérables, pertes blanches plus ou moins odorantes, mais le toucher ne m'ayant permis de reconnaitre aucune lésion du museau de tanche, je restais dans le doute sur la nature de la maladie. Je dois dire aussi que la malade n'accusait presque aucune douleur et conserva sa gaité jusqu'au dernier moment. Après cinq mois de séjour dans mon service, à la

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