‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 76 sur 122 · MALADIES DE L'UTÉRUS ET DE S£S ANNEXES · texte numérisé non relu

MALADIES DE L'UTÉRUS ET DE S£S ANNEXES

Salpétrière, dans un état presque stationnaire, elle fut prise d'hémorrhagies irès considé-

rables, qui se succédèrent à de courts cle Son ee devint PR elle mourut dans la prostration et dans la stupeur.

A l'ouverture, je trouvai quelques cuillerées de pus épais, phlégmened dans le bassin, et pourtant aucun signe anatomique de péritonite, de même qu'aucun symptôme de péritonite n'avait existé pendant la vie. Ce n’est pas la premuére fois que je rencontre du pus dans le bassin sans péritonite appréciable, et Je regarde comme démontrée cette proposition que, dans les lésions des viscères abdominaux, l'inflammation et la suppuration du mg peuvent être limitées à la surface libre de bros malade, soit de l'utérus quand c'est l’utérus qui est envahi, soit d'un autre viscère quand cet autre viscère est affecté. On sait d'alleurs que tous les produits de sécrétion du péritoine tendent à se porter dans le lieu le plus déclive, c'est-à-dire dans le petit bassin. Je reviens à mon sujet.

L'utérus était converti en une poche à parois molles, recouvertes d’une couche d'eschare et de sang, et présentant un aspect rugueux très prononcé; sous la couche d'eschare était une Couche encéphaloïde extrêmement vasculaire. La portion d'utérus non dégénérée était très molle, le museau de tanche n'avait pas participé à la dégénération. La poche utérine communiquait avec la vessie par une large perte de substance, si bien que la cavité utérine et la cavite vésicale ne constituaient qu'une seule et même cavité.

Ke. 21Et 2.

Les figures 2 et 2’ représentent un museau de tanche, extirpé par M. Lisfranc, qui eut l’obligeance de me l'adresser ; probablement parce que ce cas lui parut fort remarquable et douteux, quant à la nature de la lésion. La figure 2 représente la surface extérieure du museau de tanche extirpé. C'est pour l'intelligence de la

chose qu’on a figuré la partie inférieure de l'utérus et la partie supérieure du vagin. On voit sur ce museau

de tanche un grand nombre d'ouvertures, desquelles s'échappent, en se moulant sur elles comme à travers une filière, du mucus épaissi.

La figure 2 représente ce museau de tanche divisé : la coupe présente un tissu mou pénétré de mucus qui remplit des espèces de géodes, creusées dans son épaisseur.

Réflexions. Quelle est la nature de cette altération ? rien autre chose qu'une hypertrophie des follicules du museau de tanche, hypertrophie qui a eu pour résultat un développement prodigieux de ces follicules, si bien que le tissu utérin intermédiaire semble réduit au rôle de parois de cavités mucipares.

Il n’y a dans cette altération rien qui doive être rapproché du tissu cancéreux que ou mou, et je suis convaincu que l'opération pratiquée doit avoir eu le plus heureux résultat, si toutefois la malade à échappé aux accidens primitifs et consécutifs de toute opération , en général et des extirpations du museau de tanche en particulier.

Ce n’est pas une petite chose que l'excision du museau de tanche. Les accidens généraux des plaies et des opérations chirurgicales se montrent bien plus redoutables encore dans cette opération que dans toutes les autres. J'ai connaissance d’un fait d'extirpation du museau de tanche, pretiqué à une jeune femme qui mourut de spasme vingt-deux heures après l'opération. J'ai eu entre les mains plusieurs museaux de tanche extirpés et prétendus cancéreux, qui n'étaient autre chose que des museaux de tanche un peu volumineux et ramollis, comme dans les cas de catarrhes utérins, de fluxions sanguines de l'utérus, organe si émimemment fluxionnaire : 6r, dans plusieurs de ces cas, les malades ont Nb et jai La conviction intime que l'ébératio n'était nullement indiquée. (1)

Voici la description succincte de trois museaux de tanche extirpés qui m'ont été remis, et qui l'ont été dans des conditions où cette extirpation paraissait indiquée :

1° Chez une jeune femmé affectée d'hémorrhagie continuelle dont le museau de tanche mou, Spongieux, avait paru de nature cancéreuse; ‘fs portion extirpée présentait absolument l'édpeët du tissu du placenta. C'étaient des pinceaux de vaisseaux rameux, Constituant des mailles, des houppes, altération qui constitue le ramollissement de l'utérus. Mais je n'ai trouvé là aucun signe de dégénération cancéreuse; du reste, la base qui supportait la partie ra-

mollie était dense et sfr tous les caractères du tissu propre de l'utérus. L’extirpation a done

(1) Boivin et Dugès, Traité pratique des maladies de l'utérus et de ses annexes, Paris, 1833, tome 11, pages 5 et suivantes, — Téallier, Du Cancer de la matrice , de ses causes, de son diagnostic et de son traitement , Paris , 1856, in-8.

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