‹ Anatomie pathologique et nature de la sclérodermieChapitre 2 sur 13 · SD ES · texte numérisé non relu

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mo-pathologique de la sclérodermie. Nous laisserons complètement de côté la partie clinique de cette affection largement exposée dans la thèse de notre ancien collègue Bouttier. C’est donc là uniquement une étude anatomopathologique, qui nous mènera cépendant, avec l’aide des faits nouveaux que nous apportons, à discuter la question si obscure de la nature de la sclérodermie et de ses causes.

Historique.

Dans cet exposé anatomo-pathologique, avant de

présenter les faits les plus récents, nous devons résumer les anciens travaux. Nous trouvons tout d'abord une

autopsie de Forster (Wurzburg. med. Zeitschrift, 1861.

Anatomie pathologique du sclérème de la peau chez les

adultes). « Les parties atteintes étaient jaunâtres ou brunes, très dures. Le chorion et le tissu connectif sous-

cutané avaient l'aspect d'unesurface blanche, homogène,

lisse; mais à un examen plus attentif, on apercevait une couche supérieure plus. uniforme, se distinguant

de l’inférieure plus réticulée. Le chorion même était un peu épaissi grâce à l'hypertrophie de son tissu connectif normal; mais la membrane sous-cutanée formait une couche uniforme, ferme, semblable au chorion,par suite de la disparition dela graisse dans les mailles du tissu connectif; les paroïs des mailles étaient épaissies et comme en même temps lesfilaments, qui portaient d'ordinaire les cellules adipeuses, étaient également hypertrophiés, le réseau du tissu connectif était transformé en une masse compacte. Les filaments élastiques de la peau et du tissu connectif semblaient également hypertrophiés. Les papilles de la peau, les glandes et les poils étaient intacts. Les vaisseaux capillaires étaient moins nombreux qu’à l'état normal, sans altérations

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apparentes. Les nerfs étaient à peine visibles, comme

s'ils étaient couverts par le tissu connectif, augmenté de volume. Le tissu sclérosé était intimement uni aux muscles, aux fascias et aux tendons sous-jacents. Le malade était mort de tuberculose pulmonnaire. »

Le fait de Kühler est identique, mais la sclérose du tissu cellulaire sous-cutané était bien plus prononcée (1).

Auspitz (Wiener med. Wochenschrift, 1863) rapporte un cas de sclérodermie où le malade mourut de mal de Bright. Outre les lésions du derme identiques aux précédentes, Auspitz, signale la pigmentation du réseau de

Malpighi comme chez le nègre. Le pigment abondait

dans l’épithélium des glandes sudoripares ctdes follicules pileux. On rencontrait dans les vaisseaux cutanés, jusqu'au milieu du chorion, des granulations pigmentaires, quiinfiltraientleurs parois et le tissu conjonctif adjacent.

Dansle cas d'Arning (Beitrage zür Lehre von sclerema adultorum. Wurzburg med. Zeitschrift, 1861) le tissu cellulaire sous-cutané est peu atteint. I] signale dans le derme un épaississement du tissu conjonctif et en même temps une augmentation du nombre des vaisseaux élastiques ; le tissu élastique avait subi un accroissement

. anormal dans certaines muqueuses, sur la luette et les

parois du pharynx. A la face et à la nuque, letissu connectif s'était uni au fascia superficialis, formant une masse cicatricielle jusqu’à l'os.

Rasmussen, danssonmémoire(Hospitals Tidende, 1867) rapporte ces faits en ajoutantun nouveau cas de sclé-

(1) KoHLER. Wurtemb. med. Oorresponden:blatt (1862).

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