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Les reins sont contractés, durs; leur surface paraît tout à fait tachetée, bigarrée de points rouges et de points blancs; la capsule très adhérente. Leur poids est de 90 gr. ; la substance corticale est très mince et parsemée de traînées blanchâtres.
A l'estomac et dans l'intestin rien d'anormal.
Foie petit; les acini peu apparents; la substance hépatique
rouge foncé. | L’aorte thoracique et abdominale est mince, sans trace de
sclérose.
Les nerfs splanchniques sont minces; le plexus solaire peu
développé en apparence.
Le tissu connectif pelvien est un peu dense, surtout dans la concavité du sacrum; l'utérus un peu gros, le tissu sousmuqueux comme épaissi.
L’articulation scapulo-humérale droite est tout à fait sèche; les cartilages ont perdu leur aspect lisse et brillant; la tête humérale présente à son centre une dépression profonde; àses bords, des pertes de substance, dans lesquelles le cartilage est
remplacé par un tissu mou, rougeâtre; quelques petites exostoses sur les bords. Dans le coude droit, lasynovialeest épaissie; dans l’article tibio-radio-carpien, les surfaces articulaires du radius et du carpe présentent de petites usures, des pertes de substance superficielles de leur revêtement cartilagineux.
Examen histologique. — L'examen des nerfs périphériques fut pratiqué d’une façon minutieuse ; des fragments de nerfs collatéraux de différents doigts furent excisés, traités par l'acide osmique, puis dissociés. Il fut facile ainsi de s’assurer que ces nerfs étaient beaucoup plusriches en fibres pâles, sans myéline, que des nerfs collatéraux normaux ; à côté de ces fibres pâles, on rencontrait en assez grande abondance des tubes nerveux dont la gaine de myéline était en voie de segmentation, d’autres, déjà transformés en cellules granulo-graisseuses, en un mot, présentant les différents degrés de la dégénérescence vallérienne. Deux fragments de nerfs tégumentaires du dos de la main présentèrent des lésions analogues.
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4 NO he A | ra Un long filament cutané du nerf musculo-cutané, dans sontra- . jet au niveau de la partie supérieure de l’avant-bras, ne présenta TRS plus que des traces de dégénération, segmentation de la myéline, prolifération des noyaux. Les troncs même du nerf médian a du nerf cubital, présentent bien quelques fibres nerveuses en voie de dégénération, mais beaucoup trop peu pour permettre fi z de parler d'une altération pathologique. Il ne nous fut pas posû k sible non plus de constater avec certitude un épaississement notable du périmètre ou du tissu counectif interstitiel.
Les nerfs des membres inférieurs présentèrent des lésions plus accentuées. D'abord la plupart des nerfs collatéraux parurent complètement atrophiés, et c'est à peine si quelques gouttelettes de myéline apparaissaient encore au milieu des faisceaux de fibres minces et pâles, mais encore pourvues de leurs cylindres d’axe. Les rameaux des nerfs de lajambe présentaient également des altérations manifestes, quoique déjà beaucoup moins avancées. Le nerf péronier droit dans tout son trajet, à la partie supérieure et externe de la jambe et sa prolongation ? supérieure dans le tronc du sciatique furent trouvés en pleine dégénérescence granulo-graisseuse. De l’autre côté, ce nerf n’était pas plus altéré que ses congénères ; nous serions tentés de rapporter cette altération profonde du péronier à la présence d’un énorme et très profond décubitus, occupant toute la partie externe du genou et du haut de la jambe et ayant nécrosé les tissus jusque dans le voisinage immédiat du tronc nerveux.
L'examen de la moelle épinière, des racines spéciales, des ganglions spinaux et des nerfs grand sympathique et pneumogastrique ne donna aucun résultat positif.
L'examen de la peau tout en donnant des résultats quelque peu différents de ceux que nous avions obtenus dans le cas précédent, nous démontra qu'ici encore le système vasculaire était surtout atteint. Si l’on parcourt une série de coupes transversales de la peau des doigts ou des orteils, on remarque que l'épiderme, sauf quelques épaississements partiels, est intact; la couche papillaire du derme est peu altérée ; par-ci par-là le
stroma éontectif d’une papille paraît condensé, formé de fibres plus grosses qu’à l’état normal, les anses vasculaires des papilles très souvent garnies de dépôts pigmentaires.
Les différents appareils glandulaires de la peau, glandes
sudoripares, glandes sébacées, les follicules pileux ne pré- .
sentent pas de lésions appréciables. Il en est autrement des couches plus profondes du derme, du chorion proprement dit qui est certainement en voie de sclérose; les faisceaux conjonctifs qui le composent sont plus raides, plus réfringents, moins nettement fibrillaires qu’à l’état normal; les pelotons de tissu adipeux ont presque partout complètement disparu. Du reste, nulle part ici, à une exception près, dont nous parlerons tantôt, on ne rencontre ces traînées de grosses cellules dont la présence nous avait tant frappé dans le cas précédent.
L’altération capitale est certainement celle que l'on constate sur la totalité des petites artères cutanées, et qui consiste en une endartérite oblitérante des plus accentuées. Il n’est pas rare de rencontrer des coupes dans lesquelles toutes les artères du derme ont leur calibre absolument oblitéré par un tissu néoformé, composé de cellules rondes ou fusiformes, entremêlées de fins éléments fibrillaires ; ce tissu que l’on regarde d’ordinaire comme le produit d'une endartérite, prend dans certaines artères, par exemple dans les collatérales de plusieurs doigts, tout à fait l'aspect du tissu scléreux, c’est-à-dire devient plus pauvre en éléments cellulaires, plus réfringent, presque tendineux. Ailleurs il est plus lacunaire, moins dense et renferme de gros grains pigmentaires ou des restes de véritable thrombus. Tandis que la membrane interne des artères et des artérioles du plus petit calibre est ainsi profondément atteinte, on ne trouve pas de lésion véritablement appréciable de la tunique musculaire ou de la couche adventice. Les veines, en général, paraissent intactes. Dans le voisinage des ulcérations si nombreuses du tégument on constate presque régulièrement une infiltration hémorrhagique des papilles ou de la partie la plus
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superficielle du derme ; puis il se forme un véritable tissu de granulation plus ou moins riche en cellules embryonnaires, dans la profondeur duquel on rencontre régulièrement une oblitération absolue des artérioles. |
Voulant nous rendre compte de l'extension du processus d’oblitération artérielle, nous fimes une série de coupes sur la brachiale, sur la radiale, sur la cubitale, et pûmes nous assurer que ces vaisseaux étaient absolument intacts, et que seules les branches cutanées étaient atteintes. En passant en revue de grandes sections microscopiques à travers les muscles de l’avant-bras, il nous fut facile de constater que les artérioles musculaires et intermusculaires n'étaient nullement altérées et que la lésion ici encore était limitée aux vaisseaux cutanés.
Des lésions absolument parallèles à celles des artérioles cutanées furent trouvées dans les reins. Déjà l’aspect macroscopique, la diminution de volume, la consistance de ces organes indiquaient que leur structure n'était plus normale. Au microscope, il fut aisé de constater les altérations suivantes : endartérite oblitérante très diffuse, surtout prononcée dans les vaisseaux de la couche corticale, ayant envahi en certains points jusqu'aux vaisseaux droits ; sclérose de nombreux glomérules ; prolifération abondante du tissu interstitiel, aboutissant à la formation de véritables îlots de tissu fibreux, dans le voisinage desquels il n’est pas rare de rencontrer des groupes de tubes contournés en pleine dégénérescence graisseuse.
Ni le foie, n1 la rate ne présentèrent de lésions comparables, seul le myocarde est parsemé de traînées fibreuses, s'étendant de la périphérie vers la profondeur.
Les ganglions lymphatiques examinés présentaient les lésions de l’adénite chronique avec épaississement fibreux et dépôts hyalins ; proliférations de grosses cellules épithéliales ; mais pas de tubercules.
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# p Franz Z.., 35 ans, tailleur de pierre, né et domicilié à Goxviller, près Barr. En fait d’antécédents, un chancre à l’âge de 20 ans, guéri au bout de 15 jours, sans accidents consécutifs ; un an plus tard, une fièvre typhoïde, d'intensité moyenne. La maladie actuelle débuta brusquement, le 2 février 1884, par des douleurs lancinantes dans les deux épaules et dans les deux côtés | d 2 du thorax; ces douleurs furent bientôt compliquées de frissons et de sueurs profuses qui depuis se répétèrent chaque nuit. Dans le courant du mois d'avril, le malade commenca à sentir des craquements dans les épaules, dans les coudes, les poignets, les genoux, et ne tarda pas à s'apercevoir que ces jointures devenaient raides et douloureuses ; plus tard, en juin, il se développa des taches allongées bleues ou rougeâtres, de la grandeur d’un thaler, le long des côtes ; ces taches se produisaient le plus souvent après un effort et disparaissaient au bout de 12 heures. En juin et juillet, la peau du visage commença à se tendre, à < se durcir, comme si elle contractait des adhérences avec le squelette ; en même temps, elle devenait douloureuse et gênait par sa tension les mouvements des paupières et de la mâchoire. ÆEn dernier lieu survinrent des battements de cœur et une profonde anorexie qui décidèrent le malade à se faire admettre à l'hôpital em août 1884.
L'examen clinique du malade au 15 août 1884, révéla les par- / ticularités suivantes : malade solidement bâti ; grand. mais extraordinairement amaigri. La peau de la face est tendue, absolument sans plis ni rides, brillante, en certains points pigmentée, le malade peut encore fermer les paupières, mais \ c'est à peine s’il arrive encore à rider le front. Les lèvres sont pâles ; la peau des lèvres tendue, brillante ; il est impossible au malade d'ouvrir complètement la bouche et d’écarter les dents de plus d’un centimètre ; pourtant on ne
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N sent pas de contracture des masséters, ni de gonflement de l'ar ticulation temporo-maxillaire. La bouche et le pharynx sont remplis d’un mueus abondant, écumeux. Le malade [ne peut absolument rien avaler de solide. Les aliments consistants. restent engagés à la hauteur de la fourchette du sternum et sont rapidement régurgités.
Les mouvements du cou et de la nuque sont normaux.
L'examen du cœur et des organes thoraciques reste négatif.
On constate aisément une atrophie modérée des muscles de l'épaule, plus prononcée des muscles du bras et de l’avantbras.
L'’excitabilité mécanique et électrique de ces muscles est intacte ; le réflexe du tendon du triceps brachial, le réflexe abdominal sont conservés ; à droite, le phénomène du genou est à peu près conservé ; à gauche il ne se produit plus.
Un examen minutieux ne révèle aucune anomalie de la sensibilité cutanée dans ses différents modes.
L'examen des jointures démontre qu’elles sont à peu près toutes le siège de craquements et de sensations douloureuses, que leurs mouvements ont plus ou moins perdu de leur ampleur, que même les bourses tendineuses, par exemple, de l’avantbras et du poignet sont le siège de crépitations très nettes.
Tandis que la peau du bras est lâche et facile à plisser, celle de l’avant-bras et de la main est tendue, résistante, lisse, brillante et recouverte de taches pigmentaires disséminées. Aux membres inférieurs il est également facile de constater que les muscles sont en voie d’atrophie; les jointures malades, raides, ily à peu d'œdème des pieds; sur le dos du pied et à la jambe une série de petites cicatrices blanchâtres.
Dans les 1" semaines du séjour du malade à l'hôpital, on constate une élévation vespérale assez régulière de la température, de 38°,1 à 38°,5 ; quelquefois même jusqu'à 39. Le pouls était, en général, fréquent; 116 à 124, petit; la respiration également accélérée.
Les urines ne renfermaient ni sucre ni albumine. L'usage du
salicylate à l’intérieur, l’électrisation galvanique et faradique des jointures et des téguments ne produisirent aucun change-
ment; au contraire, les troubles de la déglutition augmentè-
rent, il s’y joignit bientôt des accès d’oppression avec sensation de constriction énorme des parties supérieures du thorax. La
difficulté de l'alimentation et la répétition de plus en plus fré-
quente de ces accès amenèrent un épuisement rapide du malade qui succomba dans une crise d'oppression, le 28 septembre.
Nous ne donnerons ici qu’un court résumé de l’autopsie pratiquée par le Prof. Recklinghausen.
L'examen du canal spinal et de son contenu ne révéla que quelques adhérences de l’arachnoïde au niveau de la région cervicale; la moelle elle-même était absolument intacte
La peau qui recouvre le tendon d'Achille et le mollet, celle de la région poplitée et de la partie postéro-supérieure de la cuisse est nettement épaissie, et reliée aux aponévroses et au üssu intermusculaire par des tractus fibreux assez durs. Un grand nombre de muscles et de tendons sont ainsi englobés dans une gangue connective, évidemment trop développée. La face dorsale des avant-bras, le dos de la main et les doigts présentent une surface tégumentaire lisse, brillante, parsemée de ta- . Ches brunes très abondantes ; il est impossible de former ici des plis avec la peau qui est épaissie et très adhérente aux parties profondes.
L'examen du crâne et de son contenu ne révèle que l’œdème de la pie-mère et un peu de dilatation des ventricules. Dans la plèvre des deux côtés et dans le péricarde beaucoup de sérum ; à la base des deux poumons quelques dépôts fibrineux ; dans les poumons eux-mêmes de l’œdème et quelques foyers bronchopneumoniques. Le péricarde paraît, en général, un peu épaissi; en certains points, plaques laiteuses manifestes de l’épicarde. Cœur petit, flasque, rempli de caillots gélatineux. Les muscles du cou sont minces, peu développés; les sterno-hyoïdiens, évidemment en voie d'atrophie ; la paroi postérieure du pharynx est amincie ; les constricteurs sont également atrophiés. Du
reste, la muqueuse des premières voies aériennes et digestives
est absolument intacte. Les gros troncs nerveux du cou ne pré-
sentent rien qu’un peu d'injection de leur gaine conjonctive.
Développement considérable et induration ardoisée des ganglions trachéaux et bronchiques. L’aorte et ses principales branches sont intactes.
Rate très grosse, 335 gr., présente des follicules très manifestes.
Dans les bassinets des deux reins, quelques concrétions blanchâtres, granuleuses ; l'organe lui-même intact. Foie assez gros, d'apparence normale, plus de 20 petits calculs biliaires.
L'aorte abdominale, l’iliaque et la fémorale sont minces, absolument normales ; la gaine connective des vaisseaux et nerfs cruraux n’est pas épaissie ; pas de thrombose dans les veines des membres inférieurs.
Épaississement évident du perimysium du muscle droit antérieur et du crural, surtout au voisinage du genou. La synoviale du genou est recouverte de dépôts membraniformes, d’apparence fibrineuse ; les surfaces cartilagineuses des condyles du tibia et du fémur sont érodées, en certains points fortement vascularisées.
Les différents tendons du dos du pied et de la face antérieure . de la jambe sont compris dans une gangue connective jaunâtre, très adhérente à la peau d’un côté, et de l’autre, se prolongeant entre les muscles ; on retrouve la même disposition au côté externe de la jambe autour des péroniers.
Plexus axillaire et cervical normal.
Dans les coudes et les poignets, dépôts fibrineux ; usure des cartilages ; production d’un tissu rougeâtre, vasculaire ; épaississement de la membrane synoviale elle-même. Les tendons des supinateurs et des extenseurs sont fortement fixés dans un tissu conjonctif néoformé très dense qui s'étend jusques entre les faisceaux musculaires.