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DES MALADIES DE LA MEMBRANE PITIJITAÏRE

Cette membrane a une structure particulière ; elle est plus épaisse dans certains endroits que dans d'autres, ce qui la rapprocbe de celle du système digestif. Elle est très vasculeuse; de là ses fréquentes hémorrhagies. Elle a des maladies essentielles et d'autres qui ne sont que symptomatiques.

On connaît sous le nom de coryza l'inflammation de la membrane pituitaire. Cette affection

^'annonce par une douleur plus ou moins vive , des pesanteurs de lêie , la difficulté du passage de l'air, la sécheresse des narines, l'éternumenl. L'odorat est très altéré , souvent perdu. Le siège de l'inflammation est plus ou moins étendu. Quelquefois elle se restreint à une portion de la membrane pituitaire ; d'autres fois elle l'occupe tout entière, et même envahit les parties voisines , telles que le pharynx et la trompe d'Eustache. Au début de cette affection , la sécrétion du mucus est nulle; bientôt il paraît une eau limpide et très acre, que les auteurs ont prise mal à propos pour des larmes ; ce mucus ne tarde pas à acquérir de la consistance; il revient ensuite à l'état naturel, et la maladie cesse. Rarement celle-ci passe à l'état chronique. Sa plus longue durée est de quinze ou vingt jours.

Uozene est une autre maladie propre à la membrane pituitaire. C'est encore une question de savoir s'il consiste en un ulcère analogue à ceux de la peau , ou si ce n'est qu'une inflammation; l'inspection cadavérique n'a point encore dissipé l'incertitude à cet égard. Il est probable cependant que ce n'est qu'une inflammation. Du reste, quelquefois on voit survenir de petits ulcères dans les fosses nasales , causés par la répercussion d'une dartre, etc.

Les héinorrhagies affectent souvent la mem-

brane pituitaire , ce qui vient de sa disposition très vasculeuse. Quelquefois ces hëmorrhagies ont lieu par rupture, comme dans les commotions, les coups sur le nez ; mais le plus souvent elles sont produites par une irritation à l'extrémité des vaisseaux. Ces hémorrhagies sont plus ou moins durables, et peuvent, comme on le sait, être arrête'es par le tamponnement.

Despol/pes peuvent survenir aussi sur la membrane pituitaire. Rien n'est mieux connu que leurs accidents et leur traitement; mais on ne connaît point encore bien leur nature. Quoi qu'il en soit, voici ce que l'observation nous apprend. On distingue évidemment deux espèces de polypes. L'un , ou le ve'siculaire , est caractérisé par sa blancheur et sa mollesse , par le peu de douleur qu'il cause , et par le gonflement quUl éprouve à l'humidité. Cette espèce est rarement dangereuse, et ne cause jamais d'hémorrhagie. L'autre comprend ceux que Ton nomme durs , et qui présentent des caractères tout différents, dureté, accroissement rapide, douleur et hémorrhagie spontanée; l'atmosphère n'exerce aucune influence sur eux. Leurs progrès causent la désorganisation des parties qu'ils avoisinent; tantôt ils déjettent les os, tantôt ils les rongent , viennent paraître à la voûte du palais, ou se portent dans le pharynx : ils peuvent causer la surdité et l'épiphora.

go CHAPITRE VI.

Quant aux affections sympathiques de ia memtrane pituitaire, elles sont peu nombreuses. Rarement le coryza complique une autre maladie. C^est surtout les hëmorrhagies qui sont produites ainsi. Toutes les autres maladies sont idiopathiques.

Les sinus sont tapisse's par une membrane très analogue à la pituitaire. Ils peuvent aussi être le sie'ge de diverses affections.

D'abord les sinus frontaux peuvent être atteints de coryza ; tous les symptômes de l'inflammation s'y développent alors.

Le sinus maxillaire est très sujet à Xozene. Souvent le fluide qui s'y trouve épanché ronge la membrane , produit la carie de l'os , et cause une fistule. Enfin on trouve souvent des fongus dans ce sinus : ils y produisent les mêmes effets que le fluide e'panche' , et de plus , en déformant la cavité', qu'ils élargissent, ils produisent une difformité' plus ou moins sensible.

' Enfin il existe un autre prolongement , dëpendanl de la membrane pituitaire, qui tapisse la trompe d'Eustache et s'e'tend jusqu'au tympan. Cette portion est encore susceptible d'affections pathologiques , telles que l'inflammation : alors la cavité' de la trompe se trouvant presque oblite're'e par le gonflement, la libre circulation de l'air exte'rieur dans l'oreille interne est interceptée, ce

qui cause la surdité. Souvent on a trouvé sur cette membrane une espèce de résidu assez épais, qui probablement n'était que le résultat de la suppuration.

ARTICLE VII

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