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MALADIES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE DE LA BOUCHE

La membrane interne de la bouche n'est presque jamais enflammée, et quand cela arrive, ce n'est ordinairement que par continuité, comme dans l'angine tonsillaire. où il peut se faire que la base de la langue soit intéressée. En général, cette inflammation est la plus rare de toutes celles que l'on remarque sur les membranes muqueuses: aussi n'esl-elle jamais symptomatique.

Les aphthes sont une maladie très commune dans la bouche, et il n'est pas de portion du système muqueux qui en soit plus fréquemment affectée.C'est surtout chez les enfants qu'ils se montrent. Ils sont idiopalhiques ou sympathiques. Souvent les idiopathiques régnent épidémiquement, et à cet égard ils rentrent dans la classe des catarrhes. Leurs symptômes sont une tumeur enflammée, avec gonflement, excoriation, dureté des bords , excrétion de petites membranes blanchâtres que le malade rend par la bouche ou par les selles ; quelquefois mouvement fébrile, sécheresse , aridité, chaleur de la bouche.

Les hémorrhagies sont en ge'neral très rares sur cette membrane. Le sang qui sort par la bouche vient ordinairement des fosses nasales ou du poumon. Cependant, quand il existe des Ibngus dans la bouche, il peut se faire alors des hëmorrhagies; mais elles sont d'une nature particulière. Ces fongus ne sont d'ailleurs que conse'cutifs , comme on le voit dans le carcinome de la langue , où la maladie commence d'abord dans les muscles.

La portion de membrane muqueuse qui recouvre la langue est très sujette aux sympathies maladives. Il existe entre elle et Testomac un rapport particulier qui ne peut être comparé qu'à celui qui a lieu entre les mamelles et la matrice , le testicule et le larynx. Aussi les causes les plus ordinaires de l'enduit de la langue sont-elles les embarras gastriques. Si l'on examine la consistance de cet enduit, on voit qu'il est très tenace , et , quoiqu'on le racle exactement, on ne peut l'enlever en entier. Il paraît être fourni piirles glandes sous-jacentes, et non par l'estomac, puisque l'œsophage n'en présente pas de traces. H y a des cas cependant où l'état de la bouche semble faire exception à cette règle , et dépendre de l'estomac ; c'est lorsque le malade ressent un goût d'amertume particulier, qui dure tant que la saburre existe. L'effet de cet enduit est de déterminer la perte du goût , qu'il faut bien distinguer de la perte de l'appétit, qui

MALADIES DU SYSTÈME MUQUEUX. g5

vlenl de restomac. L'enduit de la langue varie dans sa couleur 5 qui est tantôt blanche , tantôt grise ou noire. Ces phénomènes sont souvent accompagne's de vomissements , qui ne sont que l'effet de la disposition gastrique. La langue peut être, dans les maladies, le siège d'un phénomène opposé, et d^ venir sèche et rude, comme on le voit dans les fièvres inflammatoires. Ce caractère est toujours tranché dans les fièvres adynamiques, de sorte que les auteurs Font donné pour premier symptôme. Quelquefois il n'arrive qu'au bout de trois ou quatre jours : alors la langue se sèche et devient noire. 11 est cependant des fièvres adynamiques qui ne présentent point ce phénomène. Lorsqu'il existe une croûte noirâtre, non seulement elle se trouve sur la langue , mais encore elle s'étend aux gencives, et même jusqu'aux lèvres. Tantôt elle est d'une épaisseur considérable, tantôt elle n'est que légère. Ce qui annonce qu'elle se dissipe, c'est que la langue commence à s'humecter. Quelle est la cause de cette croûte noire ? Il paraît qu'elle est fournie par les glandes , comme il est certain que la sécheresse ne vient que du défaut de mucus. Ce phénomène des fièvres adynamiques arrive à tous les âges, surtout dans la vieillesse.

Quelquefois, dans la petite-vérole, des pustules se montrent à la langue et à la partie interne des joues ; mais il est faux qu'il s'en développe sur les

intestins, comme les auteurs lonl dit. Il peut également survenir dans la bouche des e'ruptions miliaires, dans la fièvre de ce nom.

ARTICLE VIII

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