PULMONAIRE
Ces affections sont extrêmement communes , et il est essentiel de ne pas les confondre avec les idiopathiques. Les catarrhes pulmonaires sont quelquefois purement symptomatiques , dans la pleurésie et dans la pe'ripneumonie, où la membrane muqueuse n'est pas affectée directement. Cependant il se fait une excrétion muqueuse assez abondante dans ces deux cas. Il en est de même dans la fièvre gastrique. Beaucoup de fièvres essentielles se jugent aussi de cette manière. Les maladies chroniques des autres parties entraînent également, dans la membrane muqueuse du poumon , des affections sympathiques de même nature; ainsi, dans les maladies du cœur, on voit souvent des expectorations sanguinolentes. Il en est de même dans la phthisie.
ARTICLE XI
MALADIES DE L^QESOPHAGE.
L'œsophage présente peu de maladies. Rarement il est le siège d'affections catarrhales ou d'hé-
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morrhagies. Des aphlhes y naissent quelquefois , à la suite des empoisonnements par Facide nitrique. Quelquefois il se rétrécit par l'effet de l'inflammation, ou par l'action du vice vénérien.
ARTICLE XII
MALADIES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE DE l'eSTOMAC,
Il est peu de membranes muqueuses plus souvent affectées que celle de l'estomac. L'état continuel d'excitation dans lequel se trouve l'organe qu'elle tapisse fait qu elle est souvent malade , en vertu de cette loi physiologique , que les organes les plus agissants sont les plus sujets aux maladies.
L'affection la plus commune de la membrane muqueuse de 1 estomac est son catarrhe , connu sous le nom vulgaire d'embarras gastrique. Ce catarrhe peut être essentiel ; mais le plus souvent il est symptomatique.
Les symptômes sont d'abord dégoût , lassitude générale ; bientôt sentiment de douleur ou de pesanteur à la région épigastrique, dont le ma- W' lade ne rapporte le sentiment qu'à l'appendice xyphoïde. La langue est presque toujours dans un état particulier. La douleur gastrique cause souvent des nausées, et même des vomissements. Quant aux symptômes généraux , ils consistent surtout en une douleur particulière de tête , qui
s'étend au-dessus des orbites. Il paraît que cette douleur siège dans le cerveau. Il y a prostration subite des forces, effet de la sympathie intime qui règne entre Testomac et toute l'économie animale.
Les auteurs sont partages d'opinion sur le sie'ge de cette maladie. Les uns ont pre'tendu qu'elle dépend primitivement d'une altération du foie , et ils ont jugé ainsi d'après la grande quantité de bile que rendent quelquefois les malades , Tamerlume de la bouche , etc. Tous ces symptômes ne prouvent point qu'il y ait affection du foie; car, dans l'état de santé, Testomac contient plus ou moins de bile. Ce n'est jamais à la région du foie que les malades rapportent la douleur. De plus, quand cet organe est malade ^ on n'observe point d'aussi nombreux phénomènes sympathiques que dans le cas dont il s'agit.
Cette maladie n'est qu'un véritable catarrhe de l'ejstomac , qui, à la vérité, ne suit point la marche ordinaire des autres, mais qui est de même nature qu'eux. Il y a sécrétion abondante de mucus , lequel, surchargeant l'estomac, l'excite à se soulever, pour se débarrasser, ce qui a lieu par une loi commune à toutes les surfaces muqueuses. Quant aux sucs rendus , ils sont toujours muqueux; mais ils peuvent se trouver mêlés de quelque autre substance, par exemple d'air; le plus souvent c'est de la bile. Ijcs auteurs qui n'ont
eu égard qu'aux matières du vomissement , distinguent plusieurs espèces de cette bile , rendue par le haut. Il est constant qu'elle ne varie de couleur que parcequelle vient imme'diatement du foie, ou qu'elle reflue de la ve'sicule. Les anciens connaissaient encore Tatrabileou bile noire, produite ^ans doute par la bile de la vésicule ^ ou par du sang coagule', que les malades rendent quelquefois dans les cancers d'estomac. L'embarras gastrique se termine ordinairement par le vomissement spontané ou excite. L'appétit revient , et la maladie cesse.
Le plus souvent, l'embarras gastrique n'est que sympathique. Il n'est point d'organe aussi susceptible que l'estomac de participer aux affections des autres parties. Il faut bien distinguer cet embarras d'avec les états maladifs de l'estomac qui sont déterminés par uneaffectionnerveuse, comme dans l'hystérie. Le plus souvent, les inflammations des organes se compliquent d'embarras gastrique, qui est quelquefois tellement caractérisé , qu'il y a évidemment deux maladies. D'autres fois, ses symptômes sont moins intenses.
Quant au catarrhe chronique de l'estomac , on le connaît peu. On observe bien des anorexies , des pertes d'appétit , tous les autres symptômes de l'embarras gastrique , pendant plus ou moins long-temps. Cet état tient-il à un catarrhe chro^
nique d'estomac, ou à une autre disposition de la membrane muqueuse? On n'en sait rien.
Le "vomissement de sang est une autre maladie de l'estomac, dans laquelle sa surface interne ne change point d'ëtat. Il survient souvent à la suite d'une compression ou contusion extérieure à la région épigastrique. La cause la plus ordinaire, chez les femmes , est la suppression des menstrues.
Un dés phénomènes du vomissement de sang est le goût salé qui reste dans la bouche , analogue à celui que ressent le malade dans l'hémoptysie. Un autre caractère particulier consiste en ce que la membrane muqueuse de l'estomac supporte une beaucoup plus grande quantité de sang que de mucus catarrhal; de là vient qu'il faut moins d'efforts pour le vomissement.
Le vomissement de matières noires s'observe quelquefois. On ne sait pas trop d'où ces matières viennent. Les anciens les avaient nommées aifraè/Ze. Les modernes ont abandonné cette opinion , et ont cru qu'on ne rendait que du sang dans le mélœna. Cependant les premiers avaient peutêtre mieux rencontré; car, en général, l'affection succède aux passions lentes et tristes. Il y a douleur à la région de l'eslomac et du foie, et mélancolie profonde , comme dans toute maladie organique. La matière rendue présente peu d'analogie
avec le sang, tant par sa couleur que par sa consistance. Tout porte à croire, au contraire, que c'est de la bile. Le vomissement des matières noires revient souvent. Il v a ordinairement affection concomitante d'un organe voisin. Le malade finit par succomber.
On trouve alors dans Festomac une certaine quantité de matière noirâtre, semblable à celle du vomissement. La membrane muqueuse est dans son ëtat naturel. Les vaisseaux adjacents sont gorge's de sang, mais cela dépend du genre de mort. |r Quant au foie, il est presque toujours affecté. La vésicule est souvent gorgée de matière noirâtre. La rate est souvent aussi dans un état pathologique.
Le cancer de V estomac doit-il être rangé parmi les affections de la membrane muqueuse? Peu importe, puisqu'on ignore par où il commence. Ce qui est certain , c'est que la tunique séreuse n'est jamais intéressée que vers la fin. La muqueuse ne l'est pas toujours dès le commencement. Quelquefois, elle peut être regardée comme le siège primitif de l'affection. Le cancer succède ordinairement à des contusions extérieures , à des émétiques violents, à des passions tristes, etc. Quoi qu'il en soit, les symptômes qu'il présente diffèrent suivant l'époque où on l'examine. Dans le commencement, douleur générale de Tabdomen, dé-
goût et autres symptômes d^embarras gastrique , de sorte qu'on ne sait quelle est l'affection qui va se déclarer. Vomissemens rares ou répétés. A une époque plus avancée, ils sont plus fréquens, et accompagnés d'un sentiment pénible à la région épigastrique , avec ou sans tumeur sensible dans cette partie. Quelquefois le vomissement a lieu immédiatement après que le malade a pris des aliments ; d'autres fois il ne survient que long-temps après, ce qui pourrait faire prendre la maladie pour une autre^ si les autres caractères ne la faisaient distinguer. On vomit le sang à des époques plus ou moins rapprochées, et ce vomissement est souvent favant-coureur de FafTection. Il est d'autant plus fréquent que le pylore est plus rétréci. Au reste, la maladie est extrêmement facile à reconnaître.
Quant aux dérangemens sympathiques des autres fonctions , il y a d'abord trouble de la digestion. Le pouls afîecte diverses formes , tantôt fort, tantôt faible, etc. Les sécrétions et exhalations varient singulièrement aussi ; mais l'altération sympathique la plus constante est le défaut de nutrition, par la non absorption du chyle. Du reste , prostration des forces , et mêmes symptômes de faiblesse que dans toutes les autres maladies organiques. Le malade périt enfin. L'âge influe beaucoup sur la rapidité des progrès du mal. Ainsi
MALADIES DU SYSTÈME MUQUEUX. 1 1 l
im jeune sujet pe'rit beaucoup plus vile qu'une personne âgée.
L'ouverture du cadavre peut présenter la maladie dans trois états différens , et siégeant dans trois parties diverses. Elle peut exister au pylore, ce qui est le plus commun , à la surface de l'estomac, ou au cardia , ce qui est le plus rare.
Dans les premiers temps , on aperçoit un bourrelet plus ou moins saillant autour du pylore. Q uelquefois la membrane muqueuse est déjà intéressée; mais le plus souvent elle est intacte, et le mal a commencé dans la couche de tissu cellulaire sousjacent , de sorte qu'il est impossible de déterminer quelle est l'origine constante de la maladie. Le pyloreest plus ou moins rétréci. Aucune glande n'est encore malade , ni aucun organe voisin affecté. Dans le deuxième période, la maladie a fait des progrès. Alors les glandes adjacentes commencent à s'engorger, entre le foie et l'estomac , d'où résulte en cet endroit une masse informe. Il y a plus ou moins de sérosité épanchée dans le péritoine. Dans le troisième stade , les tuniques de l'estomac sont toutes envahies , et les glandes commencent à s'ulcérer. Il se forme une matière ichoreuse; souvent il y a rupture à l'estomac, et les organes voisins sont attaqués. Le malade peut mourir dans ces trois états. Dans le dernier , on remarque un phénomène absolument étranger
1 la CHAPITRE VI.
aux autres maladies organiques ; c'est la friabilité des os. Souvent les derniers instants du malade s'accompagnent d'un ëtat inflammatoire du pe'ritoine , avec mëtëorisme général et épanchement de matière ichoreuse dans le sac.
Les autres affections de l'estomac sont celles qu'on éprouve dans les empoisonnements par l'acide nitrique. Elles diffèrent suivant l'action violente ou légère du caustique. Quand cette action est légère, il n'y a que formation d'une fausse membrane ; dans le second cas , il y a racornissement réel de l'estomac. Une fois dans cet état, l'organe ne peut plus reprendre son extensibilité première, et il conserve cette disposition jusqu'à la mort, qui ne tarde pas à survenir. On observe alors des vomissements fréquents, et des symptômes analogues à ceux du cancer.
ARTICLE XIII