MALADIES DU TISSU CELLULAIRE
un peu. On trouve souvent alors une le'gère œdematie des jambes, plus intense vers le soir, et qui se dissipe dans la nuit. Dans les maladies organiques , ce phénomène est extrêmement commun. Les affections du foie, de la rate et surtout du poumon y^ causent une leucophlegmatie qui commence ordinairement par l'infiltration des jamtes, et qui se complique souvent de Thydropisie des membranes séreuses.
V amaigrissement est aussi un phénomène symptomatique du tissu cellulaire , car il ne survient jamais qu à l'occasion de quelque affection primitive. Certaines maladies organiques ne l'entraînent pas , telles que celles du cœur et du cerveau; mais celles du poumon et beaucoup d'autres l'occasionent toujours.
Les hémorrhagies du tissu cellulaire sont encore à ranger dans la même classe. Il en est bien d'accidentelles , telles que celles qui suivent les contusions; alors elles se font par rupture , et le sang qui s'e'panche est bientôt absorbe. Il en est aussi de spont?nées ; celles-là elles n'ont guère lieu que dans le scorbut, maladie qui affecte toute l'e'conomie en gênerai. L'examen extérieur des scorbutiques nous offre des taches de deux espèces : tantôt elles sont très larges, et occupent une partie du membre; d'autres fois ce ne sont que de simples pêtëchies. On trouve ordinaire-
l58 CHAPITRE VU.
ment ces deux espèces isolées ; les cuisses , les jambes, les fesses el les bras en sont le siège, mais rarement le tronc , et jamais la face. Quelle que soit la cause de ce phénomène , à Fautopsie cadavérique on trouve que les plaques dépendent d'une simple extravasation dans le tissu cellulaire. Quant aux pétéchies , on les aperçoit dans lendroit d'où sortent les poils; souvent aussi l'infiltration sanguine a lieu dans les muscles mêmes, et alors die ne s'aperçoit pas à l'extérieur. Il est assez probable que ces hémorrhagies scorbutiques se font par exhalation.
Enfin le tissu cellulaire, dans beaucoup de maladies, prend une flaccidité et une laxité particulières. C'est ce qu'on voit dans la vieillesse. On le remarque aussi chez les adultes, à la suite des maladies aiguës , où toutes les parties sont flasques , et ne reprennent leur ton qu'avec la santé. Cette flaccidité joue un rôle particulier à la face; c'est elle qui produit la décomposition des traits au visage.
MALADIES DU POUMON. l Sg
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Le poumon n'a point ëlé considère jusqu'ici comme un tissu simple , puisque c'est un organe; cependant , en pathologie , on doit le regarder comme tel , attendu que son analogue ne se trouve nulle part. Il diffère surtout des autres organes par ses maladies. Son inflammation, par exemple, n'a rien de commun avec les autres : la marche en est plus rapide ; le pus a une nature et une odeur toutes particulières. Les tubercules sont exclusifs à cet urgane, ainsi que les concrétions calculeuses. Ijcs maladies du poumon sont extrêmement communes , ce qui tient sans doute aux relations intimes de cet organe avec les corps extérieurs. Nous parlerons d'abord de ses affections essentielles, puis de ses sympathies.
ARTICLE I
DE l'inflammation DU POUMON,
La péripneumonie est la première des affections du poumon. Cette inflammation est plus fréquente que celle de la plèvre ; elle dépend ordi-
î6o CHAPITRE VIII.
nairement du passage subit du chaud au froid. Quoi qu'il en soit de sa cause, voici ses phénomènes : son invasion se fait par frisson, fièvre, point de côté plus ou moins intense. Quelquefois elle a lieu en chaud ; dans certains cas, la fièvre précède pendant deux ou trois jours; le point de côté augmente ; au bout de trois ou quatre jours il est à son plus haut degré. Lors de l'état, le malade éprouve une douleur très vive à la poitrine , tantôt des deux côtés, tantôt dW seul côté, suivant que les deux poumons sont affectés ou Tun d'eux seulement. Souvent il ne rapporte cette douleur à aucun endroit. Ce n'est point le sentiment pongitifde la pleurésie, mais une oppression qui fatigue beaucoup ; quelquefois aussi la douleur est locale. La respiration est gênée, mais d'une autre manière que dans la pleurésie. Les pelites inspirations ne sont pas douloureuses. A cet étouffement , se joint uue toux plus ou moins Ibrte et fréquente; dans les premiers jours elle est sèche; mais au bout de trois ou quatre l'expectoration commence; tantôt les crachats sont blancs, tantôt ils sont mêlés de stries sanguines; quelquefois ils sont d'un jaune rouillé; cette couleur n'indique point l'embarras gastrique. L'expectoration varie aussi suivant le temps où on l'examine.
Dans l'intensité de la pleurésie , le malade ne petit se coucher que du côié opposé à la maladie.
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dans laperipneumoniejla situation est indifférente, la pression extérieure n'est point douloureuse. Quant à la percussion, ses résultats varient suivant le'tat de la maladie; dans le commencen^ent le son est clair , vers la fin il est obscur. Quand les deux maladies s'allient, il en résulte des phénomènes communs , ce qui importe peu pour le traitement ^ puisqu'il est toujours à peu près le même.
Quant aux phe'nomènes géne'raux, l'état des organes digestifs varie singulièrement. Ordinairement il y a embarras gastrique , quelquefois dévoiement, d'autres fois constipation ; il y a toujours fièvre concomitante; le pouls n'a rien de fixe. Il en est de même des sécrétions et des exhalations ; l'urine est ordinairement briquetée dans le commencement. La nutrition ne s'altère pas, puisque la maladie est très aiguë. Les fonctions cérébrales sont ordinairement intactes; cependant il y a quelquefois du délire. Quant aux forces, elles sont en général diminuées; quelquefois la débilité augmente , et alors la maladie prend un caractère d'adynamie, qui souvent est plus tranché que la maladie primitive.
La terminaison la plus ordinaire de la péripneumonîe est la résolution. La maladie parcourt ses périodes jusqu'au huitième ou dixième jour; alors l'embarras cesse avec la toux , et les crachats reviennent à leur état naturel. Cette terminaison
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n'est ordinairement marque'e par aucune crise, telle qu'une sueur, une hemorrhagie; seulement le sang disparaît des crachais , qui sont souvent très abondants pendant quelques jours.
Une autre terminaison , c'est la suppuration. Tous les auteurs en ont parle, et l'ont désignée sous le nom de a)oniique. On dirait, à les entendre, qu'elle est très commune ^ mais l'observation la montre rarement. On rencontre bien quelquefois des points purulents dans le poumon, mais trop peu considérables pour être regarde's comme des foyers. Il est un autre mod,e de suppuration plus propre au poumon , c'est l'infiltration de son tissu par une matière séreuse et blanchâtre, qui lui donne l'aspect carnifië ; aussi l'appelle-t-on alors hépatite. Voici les signes qui font présumer cet e'tat sur le vivant : vers le neuvième ou dixième jour, point de re'miitence , les crachats sont de même nature , la respiration est de plus en plus génëe, surtout quand le malade a pris quelque boisson , le coucher difficile du côté sain : la percussion devient plus obscure ; la prostration s'accroît; presque toujours il y a rougeur des pommettes , ce qui est ordinairement un signe tranché des affections du poumon. Les symptômes vont toujours en s'accroissant, et quelquefois le malade périt subitement. Cette terminaison est fréquente dans la péripneumonie compliquée d'à-
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dynainie ou d'ataxie; dans la Lilieuse et dans la simple, elle est bien moins iréquente. Il est à remarquer que 5 dans les complications d'adynamie, les malades ne périssent jamais par celle-ci , mais tou- "H?^ jours par Taffection du poumon, ordinairement au bout des /[ualre ou cinq premiers jours de la complication. Quoi qu'il en soit, dans ces terminaisons on trouve le poumon épais ^ pesant trois ou quatre fois plus que dans Tëtat sain. Il n'est aucun organe susceptible d'acque'rir une augmentation si prompte de pesanteur. Cette facilite à se laisser pénétrer paraît tenir d\ibord à Fextensibilite' du poumon , comme on le voit aussi dans les cas d'asphyxie, avec cette diiTérence, que, dans cette dernière, Forgane ne va pas au fond defeau, tandis que lorsqu'il est carnific, il peut même entraîner des substances légères après lui. Dans ce cas, on dirait que ce n'est point le fluide qui a augmenté, maïs la partie solide; on peui cependant se convaincre du contraire en faisant macérer une portion du poumon lîépatisé. Si on l'exprime quelque temps après , on le fait revenir à son état naturel , en le dégageant du pus qu'il contenait. Cette disposition existe tantôt dans un poumon, tantôt dans les deux, tantôt enfin dans une de leurs portions seulement, et c'est alors vers la partie supérieure. Ainsi engorgé, le poumon perd son extensibilité; si on le tire, il se déchire facilement, et ne s'é-
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tend point. A l'ëgard des vaisseaux qui s'y trouvent, ils deviennent semblables à ceux du foie ; on trouve leurs orifices ouverts lorsqu'on les coupe transversalement. Quant à l'ëtat extérieur, la plèvre est la plupart du temps saine; mais quelquefois aussi elle est phlogosee , et pre'sente même un le'ger épancheraent séreux. L'état de la circulation dépend souvent du genre de mort : ordinairement les artères sont vides.
La terminaison par gangrène est très rare, même dans les complications d'adynamie: une autre plus commune , c'est l'inflammation chronique. Il y a bien alors rémittence j mais tous les symptômes persistent. On éprouve un sentiment de suffocation, commun aux maladies du cœur. Quand la phthisie ne succède pas , ce qui est rare, le malade périt au quarantième ou cinquantième jour, plus ou moins. Boerhaave a bien décrit la péripneumonie latente , qui suit à la vérité quelquefois l'aiguë, mais qui peut aussi en être indépendante^ et commencer la phthisie.
ARTICLE IL