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DE LA PHTHISIE

La phthisie y maladie organique du poumon, présente, dans les premiers temps, des variétés infimes, ce qui tient à la marche variée que

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suit chacune des affections de l'organe, et à la diversité des causes qui leur donnent naissance. Vers la fin, au contraire, toutes les phthisies se trouvent ramenées aux mêmes symptômes, et elles exigent alors un traitement uniforme.

Le plus grand nombre des auteurs ont rapporté CCS maladies à trois classes : la première renferme le commencement^ la deuxième montre les symptômes plus intenses , et la troisième enfin est le dernier période.

Dans le premier état , il est impossible de considérer en général les symptômes de la phthisie, puisqu'elle peut être la suite d'une infinité de maladies; aussi serons-nous obligés d'en traiter isolément. Quant aux troisième et quatrième degrés , nous en parlerons eu général.

Les causes qui procurent le premier degré de la phthisie , quoique très nombreuses , peuvent se rapporter à certains chefs, comme une disposition héréditaire, une affection aiguë du poumon, la suppression d'une évacuation, un virus quelconque , etc. -^

La phthisie héréditaire ne dépend point, comme les anciens le prétendaient, d'un virus transmis avec la semence , qui ne se développe qu'à une certaine époque ; elle tient évidemment , ainsi que les autres maladies analogues , à une conformation particulière, propre à certaines familles. Ces diffé-

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rences portent tant sur la conformation extérieure que sur la structure des organes , de sorte que Ton pourrait dire , à cet égard , que chaque famille a son tempérament, lequel dispose quelquefois à telle ou telle maladie, qu'on nomme alors héréditaire.

Quant à la disposition qui menace de la phthisie, c'est une constitution grêle; la peau est d'une finesse et d'une blancheur remarquables ; la face et surtout les pommettes sont plus ou moins colorées en rouge; la poitrine est peu de'veloppëe^ très resserre'e, surtout vers le haut , les épaules et les clavicules par conséquent rapprochées. La partie inférieure participe souvent aussi à (^ rétrécissement ; la conformation du sternum s'en ressent également.Elle n'entraîne cependant pas toujours la phthisie, tandis que l'on voit des sujets bien conformés en être atteints : sans doute que, malgré la non-apparence extérieure, il existait chez ces derniers une cause prédisposante siégeant dans le poumon. Les phthisies qui suivent les catarrhes, les péripneumonies , surviennent à tous les âges; mais, pour celle-ci, elle est l'apanage de la jeunesse, et se montre rarement après l'âge de vingt-cinq ou trente ans, époque à laquelle la nutrition se porte particulièrement vei's la poitrine. Lorsqu'elles reconnaissent pour cause un vice héréditaire, les phthisies sont presque tou-

jours tuberculeuses. On appelle tubercules des granulations qui , venant à grossir peu à peu , suppurent j et par leur amas forment des vomiques. Cette affection est exclusive au poumon : les e'rupîions miliaires n'ont rien de commun avec elle. Les auteurs ont pre'tendu que son sie'ge était dans les glandes lymphatiques, mais l'on n'a aucune raison pour le croire. Outre qu'il est encore fort douteux qu'il existe de pareilles glandes dans le parenchyme du poumon, elles se gonflent dans les phlegmasies, et deviennent apparentes , d'insensibles qu'elles étaient auparavant ; or on n'observe rien de semblable dans l'inflammation du poumon. Les glandes du voisinage offrent bien du gonflement dans la phthisie , mais ce phénomène n'est point particulier à cette maladie. Ces sortes de tubercules, plus ou moins nombreux, commencent à la partie supérieure du poumon; quand ils ont dége'néré en petits abcès, alors il en naît d'autres à l'extrémité' inférieure , qui commencent également à suppurer quand la vomique est formée à la partie supérieure: le pus qui en sort était contenu dans une espèce de petit kyste. Lorsque l'affection se déclare, la douleur survient, le moindre mouvement essouffle , et cause de la toux ; celle-ci se soutient toujours sèche ; elle a- »pate; l'amaigrissement général fait des progrès rapides ; il y a chaleur aux pommettes, à la paume des mains et à la

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plante des pieds. On peut être alors certain qu'il existe des tubercules dans le poumon. Quelqueioisy mais rarement , la mort arrive à cette e'poque : plus souvent au deuxième ou troisième degré'.

Les pleure'siesj et plus souvent encore les peripneumoniesj produisent la phthisie. Alors la maladie parcourt ses pe'riodes comme à l'ordinaire , et finit par les symptômes de la phthisie, qui peu à peu font des progrès ; enfin le malade meurt. Certains catarrhes peuvent aussi la produire , et cette terminaison est assez commune chez les vieillards. D'abord, la maladie devient chronique , la toux se perpe'tue, et enfin la phthisie se déclare. L'he'moptysie prend aussi la plupart du temps cette terminaison, et souvent elle n'est elle-même que consécutive à une autre affection. On a considéré aussi l'inspiration des vapeurs acides et irritantes comme susceptible de causer cette maladie , mais cela se remarque rarement. Une autre cause consiste dans la suppression des évacuations , l'ablation d'une tumeur volumineuse, la cure d'un ulcère invétéré, la répercussion de certaines maladies cutanées, comme les dartres, la gale; la suppression d'une fièvre quarte dans son invasion. Enfin la phthisie se complique quelquefois d'un vice scrofuleux ou vénérien. Reconnaissant tant de causes différentes , elle doit nécessairement varier dans ses commencements; mais quand elle est

parvenue au deuxième degré', alors toutes les variëte's se rallient à des symptômes communs , et la phthisie suit le même ordre dans sa marche, quelle qu'en soit la cause primitive. Au deuxième période de la maladie, la douleur de poitrine commence à être assez marquée; tantôt elle occupe un point fixe, tantôt elle est irrégulière, tantôt elle existe vers les reins , d'autres lois vers Fépigastre , et, ce qui est à noter, elle ne se fait jamais sentir dans le point de la suppuration. Cette douleur porte un caractère particulier ; elle n'a point la vivacité de celle du cancer , ni le caractère de la tension inflammatoire : c'est un chatouillement spécial. Il est des malades qui, pendant l'afFection, n'éprouvent point cette douleur , quoique tous les autres signes subsistent. Elle peut éprouver des rémittences; elle cesse quelquefois pendant quinze jours ou trois semaines , et revient ensuite avec plus d'intensité.

La respiration est toujours plus ou moins lésée. Quand le malade garde un parfait repos, alors elle est facile; mais la moindre agitation, la moindre passion de l'âme, l'action seule de manger, suffisent pour déterminer des suffocations qui forcent le malade à rester immobile. Cet étouffement est un symptôme comnmn avec les maladies du cœur; mais il est certains caractères qui servent à le faire distinguer dans les deux cas.

Dans la phthisie, il ne revient pas par accès, comme dans les maladies du cœur, où il se manifeste surtout le soir. A cette époque ^ il y a bien exacerbation de symptômes dans la phthisie , mais elle n'est point aussi considérable; d'ailleurs , il est rare que ^ quand le malade reste tranquille , il survienne un e'toufFement extraordinaire, qui est , au contraire, particulier aux maladies du cœur. Dans cette dernière affection, pendant cet accident, il y a des palpitations, les lèvres et le nez sont violets , toute la face pre'sente une espèce de bouffissure. Dans les phthisies, au contraire, lors des accès, ce sont surtout les pommettes qui se colorent. Il y a toujours une toux plus considérable que dans les maladies du cœur, où elle est presque nulle. 11 est important de bien distinguer ce symptôme d'étouffement , car il est essentiel et caractéristique ; il est toujours d'autant plus sensible que la maladie est plus avancée. La toux est encoï'e un symptôme appartenant à l'organe j affecté; tantôt elle est sèche , tantôt bumide ; elle augmente surtout le soir, pendant Fexacerbation de la fièvre hectique , ainsi qu'après le repas. Qette • toux varie singulièrement; quelquefois elle est intermittente, et se montre à certains jours et à certaines époques de la journée.

L'expectoration , chez les phthisiques, se compose quelquefois de pus; ordinairement il est

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fort dlflicile de décider si les crachais en contiennent, car ils sont , la plupart du temps, très analogues à ceux que Ton rend à la fin des péripneumonies ou des catarrhes de poitrine; mais ce signe est peu important, car Tensemble des autres caractérise assez la maladie. Quoi qu'il en soit, le pus rendu pre'sente des varie'te's infinies : quelquefois les crachats n en contiennent point ; d'autres fois ils en sont mêle's , et dans quelques cas enfin il est expectoré pur. Dehaen croyait que le pus se formait sans ulcérations et était fourni par exhalalion, mais ce système est évidemment contraire à toutes les notions physiologiques. Le malade peut cracher des grumeaux plus ou moins consistants : en effet , on trouve de ces concrétions dans les vomiques. D'auires fois les crachats sont noirs ou verts ; rarement ils contiennent des graviers : cependant les auteurs ont parlé de cet accident, et en ont formé une espèce de phthisie, qu'ils ont nommée calculeuse ; mais c'est une maladie différente, comme nous le verrons. Quelquefois les crachats amènent des parties filamenteuses; sont -ce des portions de poumon? Si Ton en croitles ouvertures de cadavre , cela est possible. Souvent les malades rendent aussi du sang avec le pus. L'hémoptysie précède presque toujours la phthisie. Vers la fin, il se fait quelquefois une exhalation passive sur la membrane muqueuse, La voix , dans ce deuxième

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période, s'allère ; elle devient basse , sans que ne'anmoins il y ait affection du larynx. Cela tient-il à la distribution de la huitième paire ? On n'en sait rien. La percussion est d'un faible secours dans la phthisie.

Quant aux affeclions symptomatiques , la digestion est plus ou moins dérangée, souvent il y a vomissement, à la suite d'une toux violente, et Morton croyait que ce symptôme caractérisait particulièrement cette maladie; il survient souvent aussi après avoir mangé. Vers la fin, il se déclare un dévoiement ; le chyle n'est plus élaboré ni absorbé ; la diarrhée , qui augmente , marque les derniers instants du malade. Dans la phthisie, il y a une fièvre concomitante particulière , appelée hectique , et que certains auteurs ont regardée mal à propos comme essentielle ; c'est sans doute parceque, comme quelques unes de ces dernières, elle éprouve des rémittences. Le soir il y a presque toujours redoublement ; d'abord petit irisson, fièvre, puis sueur plus ou moins abondante, laquelle se borne à la poitrine , à la face et au cou. Ces sueurs sont évidemment des marques de faiblesse; c'est surtout le matin qu'elles arrivent. Le pouls a dans ce cas un caractère particulier; il est petit, fréquent et dur. Les irrégularités dans la chaleur sont remarquables; c'est surtout à la plante des pieds , à la paume des mains et aux pommettes

qu'on les éprouve. Quant aux se'crëlions, elles varient toutes. Il y a infiltration séreuse des cuisses j puis des jambes ; rarement il s'ensuit une leucophlegmalie géne'rale , empêchée sans doute par les sueurs abondantes qui s'opèrent alors. La nutrition est .singulièrement altérée. De toutes les maladies organiques, c'est la phthisie qui jette dans le marasme le plus affreux. Quant aux fonctions extérieures , elles sont petx altérées : les facultés intellectuelles conservent ordinairement leur intégrité jusqu'à la fin. Les fonctions de la génération sont dans une excitation singulière, et jusqu'aux derniers moments les phthisiques ressentent un penchant irrésistible aux plaisirs de l'amour.

Enfin, vers le dernier période, les symptômes sont à leur plus haut degré d'intensité; les crachats purulents sont souvent mêlés de sang; la diarrhée survient; les extrémités sont très infiltrées. Le malade périt à diverses époques : tantôt il succombe à la formation des tubercules; d'autres fois il parvient au deuxième degré ; toujours enfin il s'éteint au troisième. Tantôt, quelques jours avant la mort, le visage se décompose, et l'agonie est longue; tantôt, au contraire, la mort est subite, et arrive en parlant ou en mangeant.

L'examen cadavérique de cette maladie est bien connu, mais ce n'est que depuis peu; car autrefois la préventiou ridicule que la phthisie

se communiquait empêchait les médecins d'ouvrir les cadavres.

Tous les poumons des plithisiques pre'sentenl le même aspect , quelle qu ait ëié la cause de la maladie. On les trouve parseme's de plus ou moins de foyers purulents, que Von nomme vomiques, et qui se rencontrent surtout à la partie supe'rieure. La forme de ces vomiques est très irrëgulière, et variable. Dans les premiers temps, les abcès sont petits; mais ils s'accroissent par le progrès de la maladie. Dans certains cas, ils sont si nombreux, que le poumon ne semble plus être qu'un tissu arëolaire qui les contient. Ces foyers sont traverses par un très grand nombre de brides. Dans les parties voisines, on trouve un endurcissement plus ou moins grand , qui était destine' également à entrer en suppuration. Quant au liquide des abcès , il est des cas où l'on n'en rencontre presque pas, et où , comme nous l'avons déjà dit, il a ëtë repompë. Le plus souvent, on en trouve une assez grande quantité, mais cependant pas assez pour distendre les parois , qui restent toujours un peu affaissées. Ce pus varie en couleur et en consistance; il ne contient jamais de sang.

La plèvre présente un état très variable : dans certains cas elle n'adhère point , mais le plus souvent il y a adhérence, surtout en haut et en arrière, quelqu.efois même totale. Cet état ne

tient souvent qu'à une maladie surajoutée à la phthisie. Assez ordinairement les glandes voisines du poumon sont plus ou moins engorgées; mais ce phénomène n'est point particulier à la phlhisie, et se voit dans toutes les maladies organiques , excepté dans celles du cœur. H y a peu d'altération dans les organes digestifs; le cœur est très resserré sur lui-même , et contient peu de sang, ainsi que les artères ; mais cet état varie , et peut dépendre du genre de mort. Quant aux organes des sécrétions, ils sont ordinairement dans leur état naturel; cependant le foie se trouve quelquefois chargé d'une quantité considérable de graisse, qu'on a voulu attribuer à un rapport de cet organe avec le poumon ; mais des exemples de foies gras se montrent ailleurs j et surtout chez les enfants, où certainement ils ne sont point les effets de la phthisie. Dans le tissu cellulaire il y a infiltration plus ou moins grande ; non seulement la graisse a disparu, mais encore la nutrition des organes est altérée; ils sont flasques, et l'éduits à un volume moins considérable qu'à l'ordinaire.

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