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DES MALADIES DU FOIE

Le foie est un des organes le plus fréquemment affectés : tantôt ses maladies lui sont com-

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muiies avec d'autres , tantôt elles lui sont propres. D'abord nous parlerons de ses maladies essentielles, puis de ses affections symptoniatiques.

\J injlammation est son affection la plus fréquente 5 mais la plupart du temps elle n'est pas aiguë. Les anciens la distinguaient en ërysipélateuse et en phlegmoneuse $ mais cette diffVrence ne porte sur rien , puisque Ton entend par ces deux noms l'inflammation de !a peau et celle du tissu cellulaire. Chaque organe , comme nous lavons déjà dit , diff'ère dans son inflammation , vu sa structure diff'erente.

Pour prendre une idée exacte de l'hépatite, il faut se rappeler la disposition A\\ foie. On sait qu'il n'est point recouvert d'une membrane propre, mais que le péritoine le tapisse dans la plus grande portion de son étendue, et que dans sa partie postérieure il est immédiatement contigu au diaphragme. On sait que le péritoine peut s'affecter autour de hii sans qu'il participe à l'inflammation , comme dans la péritonite et la fièvre puerpérale. On ne doit donc entendre par hépatite que l'inflammation exclusive du foie , laquelle peut , à la vérité ^ se compliquer de celle du péritoine , comme la péripneumonils se complique delà pleurésie. L'inflammation peut survenir dans les diverses parties du foie. Quoi qu'il en soit de son siège, elle a certains caractères généraux qui

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la diffërencieni des autres phlegmons : d'abord douleur plusou moins grande dans Thypochondre droit 5 souvent aussi dans la re'gion ëpigastrique , et quelquefois dans l'hypocliondre gauche. Cette douleur n'a point, en ge'néral , la vivacité de celle de la përipneumonie; Tëpigastre est plus ou moins douloureux à la pression ; le malade ne peut se coucher que difficilement du côte droit ; la digestion est quelquefois troublée , selon que l'affection est supërietu^e ou inférieure. La jaunisse ne peut être regardée comme un signe constant d'hëpatite, puisqu'elle peut survenir dans une infinité d'autres circonstances. Tels sont les symptômes communs. Il en est d'autres qui dépendent de la partie qu'occupe l'inflammation. Si elle est à la convexité, alors il y a hocquet, inflammation correspondante à la partie contiguë du diaphragme , et quelquefois de la plèvre ; de sorte qu'il survient une affection de poitrine , et qu'il est difficile de distinguer les deux maladies. Si le siège est à la concavité, alors il n'y a point de symptômes pectoraux, mais des vomissements plus fréquents, et une tension plus grande de l'hypochondre droit. Les phénomènes symptomatiques sont la diarrhée ou la constipation. Le pouls est petit , fréquent ; la fièvre est sujette à une exacerbation , surtout vers le soir ; l'état des sécrétions et des exhalations varie.

(^uant à la terminaison , elle se fait an bout du douzième ou quatorzième jour ; elle peut tarder plus long-temps : on n'a point à cet e'gard d'obseryations bien précises. La re'solution se manifeste par la rémission des symptômes ; souvent il survientfun trouble dans la se'crëtion , ce qui indique la crise ; elle se fait surtout par les urines.

La suppuration n'est point rare dans le foie ; elle se fait diversement , suivant le siège de l'inflammation. Quand l'abcès est à la concavité, certains auteurs ont prétendu que le pus fusant par les conduits biliaires, pouvait tomber dans le duodénum ; mais cette terminaison très heureuse est certainement très rare. Quand l'abcès est à la convexité , on a vu survenir l'adhérence du diaphragme, qui se perforait, ainsi que la plèvre , et le pus passer dans la poitrine , d'où il sortait par expectoration. Les auteurs en rapportent plusieurs exemples; mais quand le foyer est iau milieu du viscère , le pus ne trouvant point d'issue si favorable , s'épanche dans l'abdomen et le malade meurt. Rien de plus commun que ces abcès dans les plaies de tête. Les signes de cette terminaison sont peu connus Les abcès qui constituent ces foyers purulents sont calleux à leur circonférence ; ils sont traversés par des vaisseaux qui forment des espèces de brides ; il n'y a jamais de kystes comme dans les hydalides.

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La gangrène du foie, qui est beaucoup plus rare que la suppuration , survient quelquefois.

L'inflammation chronique est très difficile à déterminer. Les auteurs ont pris pour elle une infi- / nitë de maladies différentes, qu'ils ont désignées sous le nom vague A' obstructions.

Les maladies organiques du foie sont extrê-mement multipliées. Pour les simplifier , nous les rapporterons à divers chefs : d'abord celles qui tiennent au volume augmenté ou diminué du foie , les stéatômes, les hydatides , les granulations , l'état graisseux , et enfin certaines affections beaucoup plus graves.

Le volume extraordinaire du foie, sans qu'aucune maladie l'ait produit, varie; quelquefois il est le triple ou le quadruple de l'état naturel. Cet accroissement de capacité diffère beaucoup de celui du poumon dans certains cadavres, où il ne grossit que par le sang qui Tinfilire; ici, au contraire , c'est par addition de substance. On ne connaît point d'affection concomitante à cette disposition , et l'on ne sait à quoi l'attribuer.

La diminution de volume se remarque aussi dans le foie sans affection organique. Elle accompagne quelquefois une hydropisie ascite, qui , refoulant ce viscère vers le diaphragme , l'aplatit considérablement : disposition qu'on observe aussi souvent dans le poumon lors de l'iiydrothorax. On

1 prëtendu, mais sans fondement, qu'il existait des sujets chez lesquels le foie était nul.

Les stéatômes sont des tumeurs blanchâtres qu on rencontre dans beaucoup de parties, telles que le tissu cellulaire , etc. Ils prennent dans le foie un aspect tout particulier : ils peuvent survenir dans toutes ses parties , excepte la vésicule biliaire et ses conduits, qui vHexi offrent jamais. Leur nombre est variable. Quelquefois ils s'emparent de presque toute la substance du foie ; ils sont d'abord peu volumineux , bientôt ils augmentent considérablement. Le tissu du foie n'est nullement alte'rë, et sépare, comme à l'ordinaire, la bile, laquelle n'éprouve aucune altération dans son cours. On ignore la nature de ces altérations. Les stëatômes ne sont jamais environnes de kystes. L'intérieur présente une substance dure, striée, lardacée , mais sans aucun lacis vasculaire. Quelquefois ces tumeurs se forment dans les parties adjacentes au foie : cette maladie n'est donc point exclusive au tissu du poumon. Peut-on reconnaître sur le vivant la formation de ces tumeurs ? Cela est difficile, car rien de plus vague que les signes donnés par les auteurs sur ce qu'ils ont compris sous le nom di obstructions ; cependant il y a une douleur plus ou moins grande à la région de l'organe malade , et celui-ci fait une saillie plus ou moins caractérisée. Souvent cette saillie a plutôt

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lieu à la région epigaslrique ; rarement d'ailleurs on peut s'en aider, car ordinairemient il existe une hydropisie ascite. Il faut taire coucher le malade sur le dos ou sur le côte gauche ; lui faire pousser une grande inspiration afin de faire saillir le foie; mais la contraction forte et simultanée des muscles abdominaux empêche ce moyen d'être aussi efficace qu'il le paraîtrait au premier abord.

\iQS granulations du foie se trouvent assez souvent sur des sujets hydropiques ou extrêmement maigres, mais chez lesquels il n'existe aucune désorganisation apparente. Quand on incise ce viscère y on le trouve plein d'une infinité' de granulations rapproche'es qui lui donnent l'aspect du granit. Cet ëtat ne se complique jamais du volume extraordinaire du foie ; au contraire , il diminue et double sa densité comme sa résistance, ce qui fait qu'il n'est plus élastique, mais se rompt au lieu de s'étendre. Quelle est la nature de ces granulations ? On ne la connaît point : tantôt elles sont grises , tantôt elles sont rougeâtres , tantôt elles semblent colorées par la bile : on ignore également les signes qui les dénotent dans l'état de vie.

lue Joie gras est une disposition très commune, surtout chez les enfants : il est alors remarquable par sa couleur jaunâtre. Tantôt le volume reste le même, tantôt il augmente. L'extérieur est parfaitement intact et lisse ; au toucher il est d'un poli

tout particulier ; on n'y rencontre presque pas de sang. On ne peut douter que ce ne soit la graisse qui infiltre le tissu hépatique. Cette affection est tacile à prouver. La graisse n'est point là, comme dans le tissu cellulaire, disposée dans des cellules, mais elle semble être e'panche'e. Cette maladie estelle symplomatique ou essentielle? On ne peut le décider ; tout ce que Ton sait , c'est que quelquefois elle a coïncidé avec les phthisies ou autres affections organiques semblables. La plupart du temps elle se rencontre chez de jeunes sujets qui d'ailleurs sont parfaitement sains. On a observé aussi qu'il existait un rapport inverse dans la quantité de la graisse extérieure, et que les sujets dont le foie était très gras étaient ordinairement assez

maigres.

Les hydatides sont encore d'autres affections du foie. On en trouve aussi dans beaucoup d'auires parties. Ce sont des vésicules pleines d'eau ^ plus ou moins grosses, existant toujours dans un kyste commun. Ce kyste occupe presque toujours la convexité de l'organe; il a une forme irrégulière ; sa surface interne , rugueuse , présente quelquefois de petits points d'ossification. Il n'a point d'extensibilité , il se rompt quand on ouvre le cadavre. Il présente une élasticité toute particulière. Quand on ouvre celte poche , il en sort une quantité de petites boules, isolées les

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unes des autres, et non adhérentes au kyste géne'ral : elles s'échappent à l'insiant de l'ouverture en plus ou moins grand nombre. Il peut y en avoir jusqu'à cent : alors elles sont plus petites. Ces ve'sicules doivent être considérées sous le rapport de leur membrane et sous celui des eaux qu'elles contiennent. Il existe deux espèces de membranes : l'une transparente et mince , qui laisse voir le liquide intérieur ; 1 autre opaque et plus épaisse, au travers de laquelle on ne peut rien apercevoir. Quelquefois ces deux espèces de membranes existent dans la même hydatide. Quelle est la nature de ces membranes? Jadis on les croyait une expansion des vaisseaux lymphatiques, mais on prétend aujourd'hui qu'elles sont de véritables vers, dont la structure , informe à la vente dans l'homme , se présente assez sensiblement chez certains animaux, tels que la brebis et le bœuf. Cette opinion parait d'autant plus fondée, que ces boules vésiculaires sont absolument libres des parties environnantes : leur nature mérite encore des recherches ultérieures. Quoique ces ve'sicules contiennent un fluide plus ou moins abondant, tantôt clair ou bourbeux, ce qu'il y a de particulier, c'est qu'on en voit d'extrêmement pleines et d'autres vides. Le fluide qu'elles contiennent n'estpoint del'albumine. On ignore la cause du développement des hydatides. On ignore aussi les si-

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^nes de leur formation; ils doivent leur être communs nécessairement avec beaucoup de maladies. Presque toujours d'ailleurs il y a leucophlegmatie. Cette affection est au-dessus des ressources de l'art.

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