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DES MALADIES DU FOIE

Les affections de la vésicule du fiel sont de diverse nature. Nous en traiterons, en commençant par la rétention de la bile. Maigre' que cette affection soit plus rare que la rétention d'urine , cependant on la voit assez fre'quemment. Elle peut tenir à trois espèces de causes : au gonflement des parties voisines du conduit cholédoque , à celui de la membrane interne du même conduit, ou enfin aux concrétions,

La première cause est très commune. Le pancréas est sujet à devenir dur et squirrheux , ce qui produit la compression du canal cholédoque, laquelle fait regorger la bile dans la vésicule et dans le foie. Ce même accident peut êire déterminé par le gonflement des glandes sous-hépatiques : cela arrive assez souvent dans les cancers de festomac. 11 faut observer que les phénomènes sont différents, suivant fendroit que comprime l'obstacle. Si c'est le canal cholédoque , la bile reflue jus-

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que dans le tissu du foie et dans la vésicule ; si c'est le cystique, la répulsion ne se fait que dans cette dernière. La plupart des jaunisses chroniques, qui datent de cinq ou six mois, tiennent souvent à la compression du canal cholédoque.

Quant à Tengorgement de la membrane muqueuse des conduits , on ne le connaît point encore assez , et nous ï{en dirons rien.

Les pierres dans la vésicule sont très fréquentes, et oa les y rencontre en nombre variable. Leur touleur est tantôt jaune , tantôt noire; leur forme est pour la plupart du temps conique ou pyramidale. Ces calculs ont une composition particulière , et diffèrent des urinaires dans leur analyse chimique. Ils peuvent se trouver en deux états différents : tantôt ils sont accompagnés de plus ou moins de bile , tantôt (et dans ce cas ils sont très volumineux) ils se trouvent recouverts exactement par la membrane de la vésicule, qui les enchatonne en quelque sorte. Les calculs s'enga*gent quelquefois dans les canaux biliaires, pourvu qu'ils ne soient point trop considérables ; alors les phénomènes qu'ils produisent sont différents , suivant l'endroit où ils s'arrêtent. Quand c'est dans le canal cystique, ils causent l'engorgement de la vésicule; si c'est dans le cholédoque, ils produisent aussi l'infiltration bilieuse de la substance du loie. Quelquefois on trouve de ces

MALADIES DES GLANDES. igS

pierres dans la substance de ce dernier, mais cela est rare.

Il est très difficile de reconnaître Fexistence de ces calculs sur le vivant , quoi qu'en disent les auteurs ; on ne pourrait , tout au plus , que les soupçonner à certains signes généraux. Quand la jaunisse survient subitement , sans aucune cause apparente ^ lorsqu'il y a douleur à la région du foie 5 alors on peut croire qu'elle est causée par un calcul.

\j^ jaunisse n'est jamais une maladie essentielle du foie, mais toujours le symptôme d'une autre affection ; elle consiste dans l'épancliement de la bile dans les diverses parties du corps , et ne se borne pas seulement à la peau, comme le prétendaient les anciens. La jaunisse dépend de beaucoup de causes différentes , que Fou peut rapporter à certains chefs. Les premiers sont les affections spasmodiques du foie dans les passions tristes , telles que la colère , la frayeur. Dans une foule d'autres affections de Fâme , il est impossible de déterminer comment cela peut se faire ; mais la sensation momentanée que procure l'affection morale vers la région du foie ne nous permet pas de douter que la jaunisse ne vienne de l'altération de cet organe : cette cause est la plus fréquente. L'émétique ou des purgatifs violents peuvent aussi la produire. Elle survient aussi assez

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fréquemment dans les affections nerveuses; dans ce cas le foie ne paraît pas altéré dans sa substance.

Un autre ordre de causes de la jaunisse sont les affections du foie, telles que son inflammation; mais elles ne l'entraînent point nécessairement. Il en est d'autres qui , n'attaquant point le foie , agissent seulement sur les conduits biliaires; telles sont toutes celles qui peuvent produire la rétention de la bile, l'engorgement du pancréas, par exemple. Ces causes diffèrent des précédentes , en ce que dans les premières la bile est repompée avant que d^enfiler les canaux biliaires , tandis qu'ici elle ne l'est qu'après avoir reflué de ces mêmes canaux. Les influences sympathiques qu'ont les autres maladies sur le foie peuvent déterminer la jaunisse, comme on l'observe dans certaines dispositions bilieuses , où les yeux sont colorés en jaune ; dans certaines fièvres , où il y a une teinte jaunâtre générale; dans certains poisons, où le résultat du désordre général s^'étend aussi au foie

Des causes toutes différentes , déterminent l'/ctère des nouveau-nés , affection très fréquente. On a admis diverses manières de l'expliquer : les uns ont dit qu'elle était due au séjour du méconium dans les gros intestins; d'autres Font attribuée aux boissons que l'on donnait trop vite aux enfants; mais très souvent cet ictère est étranger à ce^s

causes ; il paraît plutôt tenir aux changements généraux qui surviennent alors. D'ailleurs, quelle qu'en soit la cause , cette maladie est toujours la même; elle commence par la re'tenlion d'urine , qui présente toujours les mêmes phénomènes, quelle qu'en soit l'origine.

Voici les phénomènes de la jaunisse. D'abord il est incontestable que sa cause prochaine ne soit la résorption de la bile , qui se trouve portée dans les diverses parties, lors même que ses canaux sont libres; par ce moyen, elle ne tombe point dans le duodénum; aussi les excréments sont pâles, décolorés, quelquefois blanchâtres et très consistants. Toutes les parties colorées par la bile dans la jaunisse ne sont nullement malades. Il n'est aucun tissu qui ne se ressente de cette coloration ; le tissu cellulaire , les muscles , les nerfs, les os, la substance du cerveau même, les cartilages, les tendons, en général toutes les parties blanches présentent une teinte plus ou moins caractérisée, ce qui tient sans doute au contraste de ces deux couleurs. Les liquides se ressentent aussi de cette influence de la bile; le sang prend une teinte verdâtre ; pour les fluides sécrétés, la couleur varie. La salive ne change pas, mais l'urine acquiert une couleur jaune très foncée.

Puisque les causes de la jaunisse sont si différentes, le traitement doit être variable ^ puisqu'il

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est subordonne à ces mêmes causes. Celle maladie est aiguë ou chronique , suivant que rafleciion dont elle dépend suit Tune ou Fautre marche.

Les affections sjmptomaiiques du foie sont extrêmement communes et nombreuses. Quelles que soient les fonctions de cet organe dans Fe'conomie , qui sans doute sont très importantes , malgré que nous en ignorions un très grand nombre , il esl lié par des rapports sympathiques avec tous les autres organes ; le cerveau surtout n'est jamais lésé, que celui-ci n'en éprouve une réaction sympathique. On a épuisé toutes les hypothèses pour expliquer cette sympathie, mais toutes sont insuffisantes. La plupart des fièvres entraînent une affection gastrique où le foie joue souvent un rôle essentiel ; par exemple, dans les vomissements de matières jaunâtres , où Ion ne peut douter que la bile ne soit sécrétée en plu3 grande abondance. Dans les affections chroniques , la même influence se remarque : les diverses colorations de la bile nous l'indiquent assez. Elle est tantôt noire, tantôt jaune, blanche, épaisse, présentant des concrétions solides; tantôt visqueuse, filante comme du blanc d'oeuf, d'autres fois limpide comme de l'eau. Ces différences sont d'un grand secours pour expliquer les diverses colorations des excréments.

A l'instant de la mort . le foie éprouve certaines altératipns essentielles à connaître à rouvertuiie

des cadavres : dans les asphyxies, il peut être considérablement gorge de sang, ce qui arrive encore dans toutes les autres maladies où, comme dans celles-ci, il y a reflux, considérable du sang dans le côté droit du cœur. Le foie ne se gonflant point alors comme le poumon , n'acquiert pas un plus grand volume; mais lorsqu'on vient à Finciser, il fournit une grande quantité de» sang.

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