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DES MALADIES DU REIN

Les reins, organes doubles , sont situés chacun de leur côté dans l'abdomen , sur les parties latérales de la colonne vertébrale. Ce sont les organes sécréteurs de l'urine. Us sont surmontés par les capsules atrabilaires, glandes plus grosses dans les enfants que cliez l'adulte, et qui, par cette raison , sont peu exposées aux diverses affections qu'on rencontre dans les av^lres, par cette loi physiologique , que les parties les plus nourries et dont les fonctions sont les plus importantes sont aussi le plus souvent et le plus gravement affectées.

Quant aux affections des reins, elles sont essentielles ou symptomatiques. Une des premières, c'est leur inflammation , connue sous le nom de

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néphrite. Elle peut être elle-même idiopatbique ou symptomatique, ce qu'il est souvent difficile de distinguer. Dans tous les cas , il y a douleur très vive dans la région lombaire. Cette douleur profonde diffère du lumbago en ce qu'elle ne s'accroît point au toucher, ne change jamais de place, et n'est point superficielle ; les urines sont d'ailleurs plus ou moins troublées , caractère qui peut servir à démêler un phlegmon siégeant dans le tissu cellulaire de la région rénale. Souvent un seul rein étant affecté, il n'en résulte que peu de trouble. Si la suppression d'urine vient s'y joindre, alors on peut conclure pour la néphrite. Quant aux signes généraux, ils sont souvent très multipliés ; mais on ne peut s'en aider pour la connaissance de la maladie. Ainsi pour la digestion : soif plus ou moins marquée, souvent vomissements, tantôt dévoiement, tantôt constipation ; pouls petit et faible; il varie suivant les cir* constances.

Une autre néphrite, accompagnée de signes plus certains , est celle que produisent les calculs. Souvent ces corps étrangers ne causent aucune douleur: souvent aussi ils causent une irritation extrême , une douleur très vive dans la région du rein , laquelle n'augmente point par la pression ; et la suppression de l'urine quand l'^s deux reins sont affectés. Souvera il s'opère une rétraction du tes-

liculedu côté malade. La douleur se déplace quand la pierre change de lieu ; souvent aussi les urines sont sanguinolentes. Les phénomènes antécédents peuvent aussi faire présumer la maladie, si le malade a rendu préliminairement des graviers, s'il existe, dans sa famille une disposition héréditaire. Quant aux symptômes généraux , ils sont les mêmes que dans la première espèce de néphrite.

Ces affections produites par les calculs ne sont pas toujours décidément inflammatoires : ce sont quelquefois des coliques qui durent plus ou moins long-temps, cessent et reviennent ensuite. Cette nuance d'affection produite par le calcul est la plus fréquente.

Les pierres qui viennent dans le rein présentent une infinité de variétés pour la forme, comme pour le nombre. Tantôt elles sont si nombreuses et si petites qu'elles ressemblent à du sable ; quelquefois il n'y en a qu'une qui égale le volume d'un œuf de pigeon, et remplit tout le bassinet où elle se développe. Ordinairement inégales et rugueuses , elles sont quelquefois polies et lisses : leur pesanteur varie également ; tantôt les parties voisines conservent une surface lisse, tantôt il y survient des l'on eu s.

Quelquefois les calculs desc(^ndent dans l'urèthre , où rarement ils occupent la partie moyenne;

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alors le conduit se dilate en raison du volume du calcul : aucun n'est plus extensible que lui.

Les néphrites^ soit idiopathiques , soit par calculs, se terminent de différentes manières. Ordinairement la maladie se juge par une se'crétion plus abondante des urines : rarement cela arrive dans le cas de pre'sence de calculs ; ils déterminent au contraire souvent la suppuration du rein, disposition quil faut bien distinguer des mucosîtQS qu'entraînent quelquefois les urines. Quelquefois le pus sort au dehors par un abcès qui se forme sur les parties latérales. Il survient d'abord une adhérence par phlogose, puis le pus fuse, vient faire abcès sous la peau qui s'use , et laisse enfin couler la matière purulente. Quelquefois il sort des caV culs par^ cette voie;, leur extraction entraîne par fois la cure totale de la maladie, quand ce sont eux qui la causent : il reste souvent une fistule. La gangrène du rein est extrêmement rare ; Cha* part seul en a parlé : son inflammation chronique est très commune.

Les hfdatides sont une maladie assez commune du rein; il y en a deux espèces qu'il faut bien distinguer: l'une, que l'on nomme kyste séreux, et qui survient à la surface; il est plus ou moins gros et nombreux, et composé d'une membrane remplie d'une sérosité jaunâtre, qui creuse un peu la surface du rein. L'autre espèce est une véritable

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hydatide, qui se rencontre partout comme dans le rein; elle se montre à Tintérieur. On n'a aucun signe pour la reconnaître , si ce n'est lorsque le malade en rend avec Furine.

Quant aux autres affections du rein, telles que les vers, etc., les anciens auteurs seuls en ont parle'; l'autopsie cadave'rique ne les a jamais réalisées aux yeux des modernes.

Le rein peut aussi se trouver dans un ëtat de flaccidité toute particulière ; il est en même temps accru de volume : les artères sont re'trécies comme dans l'hydropisie.

Il existe aussi quelques autres alte'rations du rein. Ainsi Morgagni parle d'un rein dont la siu^face e'tait cartilagineuse; Lieutaud a vu trois reins pe'trifie's : mais ces phénomènes ne sont pas regardés comme des maladies.

Les maladies symptomatiques du rein sont très nombreuses ; en effet , peu d'organes sont plus influencés, tant dans leur substance que dans le fluide qu'ils sécrètent.

On ne peut nier que les divers états du rein sur le cadavre ne tiennent à Imfluence des maladies sur cet organe, puisque dans l'état sain toujours les mêmes organes se ressemblent.

L'altération de l'urine est incontestable dans presque toutes les affections. On peut ranger les causes de ce phénomène dans divers ordres.

Le premier comprend celles qui agissent sur les organes urinaires , et celles-ci ne sont nullement symptomatiques.

Le deuxième renferme celles qui viennent de l'e'tat des autres sëcre'tions ; par exemple , l'urine diminue ordinairement en raison de la sëcre'tion augmentée ou de l'exhalation plus considérable de tout autre fluide.

Le troisième comprend celles qui sont purement sympathiques : par exemple , dans le début des fièvres putrides, dans les accès des intermittentes, les urines sont chargées et briquetées. L'invasion de toute phlegmasie présente en général le même phénomène ; en un mot toutes les maladies font varier les urines, tant dans leur quantité que dans leur nature.

Les urines sont souvent un émonctoire que se choisit la nature pour opérer les crises des maladies , suivant le système des anciens médecins qui ont inventé cette doctrine des crises. Nous n'examinerons point ici si elle est fondée, nous dirons seulement qu'il est beaucoup de maladies qui se terminent sans elles. Quoi qu'il en soit, à la fin des maladies, les urines jouent toujours le plus grand rôle.

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ARTICLE VIII

La prostate est, comme Ton sait , située au col de la vessie ; elle verse dans Turèthre un liquide dont nous ignorons encore Fusage. Les affections de cette glande surviennent rarement avant i'ëpoque de la puberté , mais à cet âge elles sont très fre'quentes. Ces affections de la prostate n'ont pas été bien connues jusqu'à nos jours. Les anciens plaçaient dans cette glande le sie'ge de la gonorrhëe , parcequ ils avaient négligé l'ouverture des cadavres, qui les aurait infailliblement détrompés. Elle peut être le siège d'inflammation, de suppuration, d'engorgement squirrheux, de varices, de calculs.

\î inflammation survient par une contusion, une chute sur le périnée, ou par toute autre cause ; elle se manifeste par de la chaleur, de la pesanteur au périnée, une douleur profonde et sourde au devant du rectum, de la difïiculté d'uriner, du ténesme, un sentiment de tamponnement au devant du rectum : l'introduction du doigt dans ce dernier fait sentir une tumeur douloureuse au toucher. Petit croyait que les excréments se moulaient ^ devant sur sa forme. Cette inflammation marche toujours très lentement; celle qui se dis-

sipe le plus vite est celle qui survient clans Toperation de la taille. Quand la résolution s'opère , les symptômes diminuent, les urines coulent plus librement, les tenesmes sont moins tre'quenls, la douleur des selles est moindre.

Assez souvent la prostate suppure ; alors les symptômes ne cèdent que peu : il y a toujours difficulté d'uriner et d'aller à la selle. Le pus ne détruit pas la substance de la glande, mais il s'infiltre comme dans les parotides ; quelquefois il finit par s'accumuler et forme un dépôt , qui , venant faire saillie au-dessus de la peau dupe'rinëe, l'use et s'ouvre au dehors ; d'autres fois il s'ouvre dans l'urèthre. Desault a vu un semblable cas qui survint lorsqu'il voulut sonder le malade. La gangrène est très rare dans la prostate: Chopart en cite un exemple.

1j induration au contraire y est extrêmement commune à la suite de maladies ve'uëriennes: cette induration se remarque difficilement au dehors ; on ne la sent point au périnée , il faut introduire le doigt dans le reclum. Quand l'engorgement est conslde'rable, il est facile à reconnaître; mais quand il est petit, souvent on l'ignore. Cet engorgement se pre'sente sous deux états différents : tantôt il y a augmentation sans désorganisation ; d'autres fois c'est une vraie squirrhosi^^: rare- ] ment cependant on y voit survenir le cancer. On

y observe quelques fistules, souvent cause'es par Topëration de la taille.

Les varices sont une maladie très rare de la prostate ; on en a trop exagère la fréquence ; à la vérité' il en survient dans les environs de cette glande , mais cet accident est commun à tout le bassin. Jamais on n'en voit dans son tissu.

ARTICLE IX

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