TROISIÈME OBSERVATION
Madame L*** portait depuis plusieurs années une hernie fémorale, - dont elle n'avait jamais éprouvé beaucoup d’incommodités.
Cette hernie s’étrangla ; la malade n'allait plus à la selle, et éprouvait beaucoup de malaise. Bientôt de vives douleurs se manifestèrent dans la partie affectée et dans l'abdomen ; des vomissements survinrent et se répétèrent très-fréquemment : alors M L*** implora les secours de l’art.
Elle avait le pouls plein et dur; une sensibilité très-grande existait dans l'abdomen, qui s'était beaucoup tuméfié depuis deux heures. D’après la forme globuleuse , et l’incompressibilité de la tumeur, il était évident que tout effort pour réduire les parties sorties, serait infructueux.
On opéra immédiatement pour dégager l'intestin, et faire cesser létranglement.
Après avoir ouvert le sac herniaire, il en sortit environ une cuillerée de fluide, et une substance semblable à l'intestin se présenta. On fut bientôt convaincu que c'était un autre sac herniaire qui était renfermé dans l’intérieur du premier ; on l’ouvrit avec les plus grandes précautions : il contenait à-peu-près la même quantité de fluide que le premier, avec une petite portion d'épiploon et une anse de l’iléon. Ou débrida dans la direction de la branche horizontale du pubis , et la réduction des parties fut obtenue.
Dans une autre circonstance , M. Chevalier (1) a observé une hernie dans laquelle un sac premier était renfermé dans un second: c'était chez une
(x) Medico chirurgical Transactions, etc., tom. IV, pag. 322. — Two cases of strangulated femoral hernia, attented with some inusual circumstances ; by Thomas Chevalier.
femme de l'hôpital Saint-George, opérée pour une hernie étranglée, par M. Gunning. Après l'ouverture du sac, on aperçut une substance qui y était renfermée , et qu’on supposa d’abord être une portion de l'intestin; mais, en essayant d’en faire la réduction, on la trouva attachée à l'ouverture du sac. Hunter , présent à l'opération, reconnut par la pression que c'était une membrane mince et transparente, contenant un fluide sanguin, et l'incision de cette même membrane fit reconnaître un second sac, dans l’intérieur duquel se trouvait la partie étranglée, qui rentra facilement par une douce pression. Cette malade mourut d’une inflammation du péritoine. La dissection fit voir que l'ovaire gauche avait été la partie étranglée, et que l’inflammation s’était étendue dans toute la cavité de l'abdomen.