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TROISIÈME PÉRIODE

ou période d'ossification.

( Elle s'étend du vingt-cinquième jour au troisième mois chez les chiens. )

Cal, sa composition. — Ceïte période est caractérisée par le passage de la tumeur du cal à l’état osseux. Cette ossification commence aux extrémités de la tumeur, s’étend progressivement vers la fracture, et enfin, finit par envahir toute la tumeur. Bien que nous fixions ici au vingt-cinquième jour l’époque à laquelle elle commence à paraître, nous l'avons vue cependant arriver plus tôt.

L'époque à laquelle toute la tumeur a passé à l’état osseux, est extrémement variable; mais, en général, ce n’est guère avant le troisième mois. Nous avons une fois trouvé la tumeur du cal presque entièrement osseuse dès le quarante-septième jour, et d’autres fois elle ne l'était qu'au cinquième mois ou même qu'après le septième mois.

Au vingt-cinquième jour de la fracture, la presque totalité de la tumeur du cal est encore formée par la substance de consistance et d'aspect comme fibreux ou fibro-cartilagineux, et par la substance rouge qui est dans son intérieur.

A cette époque, cette dernière substance est moins molle qu’elle n’était, et en même temps elle paraît d’un rouge plus vif. Nous l’avons vue alors, une fois séparée des fragments sur les surfaces de la rupture, par une lame osseuse ou d’une apparence osseuse, mince, rougeâtre, facile à couper avec le scalpel , etbien distincte de l’ancien os.

Nous avons aussi remarqué une fois qu'entre les fragments déplacés, cette substance rouge et centrale du cal avait été séparée par les secousses de la scie en deux feuillets, dont chacun adhérait au fragment osseux. L'un

(21) d'eux n'avait pas abandonné le sien dans un seul point, et l’autre l'avait laissé absolument à nu dans une certaine étendue.

La substance comme fibreuse ou fibro-cartilagineuse est encore pendant long-temps la plus abondante. Elle s'implante sur les fragments, s'étend plus ou moins loin de la fracture, et se confond, aux extrémités de la iumeur du cal, avec l’ossification nouvelle qui entoure les fragments comme le ferait un anneau irrégulier. Des extrémités de la tumeur elle s'avance assez rapidement vers la fracture ; mais, parvenue jusqu’à elle ou tout près, elle semble s'arrêter, et n’avance plus qu'avec une extrême lenteur.

Le passage de cette ossification à la substance de consistance fibreuse, se fait par un tissu d’un blanc d’opale, mince, qui repousse , à la manière des cartilages, la pointe du scalpel qu’on y enfonce.

L'état cartilagineux, ou l'apparence du véritable cartilage, dure trèspeu. À peine existe-t-elle dans une partie de la tumeur du cal, qu’on peut presque toujours reconnaître au centre du cartilage un ou plusieurs points d'aspect osseux, rouges, et d’abord assez faciles à couper avec l’instrument.

Souvent l’ossification paraît commencer comme celle qu'on observe fréquemment dans les cartilages des côtes des vieillards, par de trèspetits dépôts épars de phosphate calcaire. On dirait alors qu'elle ne consiste qu'en une multitude de petits grains jetés dans la substance cartilagineuse. Cette disposition se laisse sur-tout très-bien distinguer dans le cal qu’on a fait dessécher.

Ces sortes de cartilages passent très-rapidement à l’état osseux. En examinant leur différence d’avec les cartilages ordinaires, Bonn met en question s'ils sont de véritables cartilages. ( Descriptio thesauri ossium morb., pag. 163 et 199.)

À mesure qu’on s'éloigne de l’époque de la fracture, l’ossification de la tumeur du cal fait des progrès en envahissant la substance d'apparence fibreuse ou fibro-cartilagineuse. Celle-ci se rapproche chaque jour de ia texture propre aux cartilages, et s'étend, d’un autre côté, un peu vers le centre de la tumeur du cal aux dépens de la substance rouge intermédiaire , qui devient elle-même d’une couleur moins vive, diminue de quantité et augmente de consistance.

Cette transformation continuelle de la substance rouge intermédiaire

(22) en substance comme fibro-cartilagineuse , de celle-ci en cartilage et en tissu osseux, marche plus ou moins vite, suivant les individus, les circonstances particulières ; d’autres fois, ces différences dans ses progrès se font remarquer lorsque toutes les conditions paraissent être les mêmes.

Enfin la tumeur du cal devient presque entièrement osseuse. Alors, si pour connaître sa structure on la sépare d’avec les fragments dans le sens. de la longueur, -on voit qu’elle est traversée dans toute son épaisseur, à l'endroit où elle a le plus de volume et où existait précisément la solution de continuité, par une ligne différemment colorée que le reste de la substance du cal, légèrement ondée, si les fragments se sont réunis par les surfaces de la rupture, en zig-zag, si leur réunion s’est faite avec déplacement, mince dans son centre et épaisse dans sa circonférence , où elle se confond presque toujours avec le périoste. Cette ligne est jaupâtre, blanchâtre en certains points où elle n’a pas encore acquis les caractères osseux; ailleurs elle est rouge.

L'état que nous venons de décrire coïncide toujours avec très-peu ou point de mobilité dans la fracture.

Lorsqu'au vingt- cinquième jour on enlève avec effort la substance du cal des surfaces de la rupture, celles-ci paraissent comme mamelonnées ou en quelque sorte chagrinées. Il n’est presque jamais possible d'opérer cette séparation après le deuxième mois de la fracture; mais lorsqu'on y réussit, les surfaces ont encore l'apparence que nous indiquons. On peut justement la comparer à ce qu’on observe au point d'union des épiphyses avec le corps des os.

Tissu lamineux ou cellulaire. — Nous avons vu que le tissu cellulaire, après avoir subi les altérations qui sont décrites dans la première période, reprenait, dans la seconde, les caractères qui lui sont propres, mais qu'il restait très- dense. Cet état subsiste encore dans les premiers temps de la troisième période, et particulièrement sur la tumeur du cal. Enfin, à une époque qui varie, mais dont nous fixerons le terme moyen, entre le cinquantième et le soixantième jour, lorsqu'il n’y a point de fistule, d’esquille, de nécrose, de fausse articulation, ou de suppuraton, le tissu lamineux , immédiatement placé sur la tumeur, est devenu sain comme celui du reste du membre; seulement il paraît un peu condensé, et semble encore dépourvu de graisse. k

Muscles, tendons et aponeuroses. — C'est à la disposition du üssu la-

mineux que nous venons de décrire, qu'il faut attribuer l’adhérence assez intime des faisceaux musculaires, ou des tendons que nous avons vus se confondre , en quelque manière, avec la lumeur du cal, jusqu’au cinquante-quatrième et au soixantième jour après la production des fractures. Nous avons aussi observé dans quelques occasions, lors de la troisième période, des muscles s'implanter par des fibres aponeurotiques à la tumeur du cal, de la même manière qu'ils s’insèrent aux os.

Périoste. — À cette époque, tout le périoste qui recouvre la tumeur du cal, continue à être plus épais qu’à l’état ordinaire, mais moins sur les parties ossifiées que sur celles qui sont encore cartilagineuses. Il est surtout très-épais sur le milieu de la tumeur, loïsque la substance intermédiaire aux fragments est encore comme fibro-cartilagineuse. Cependant, comme il se confond graduellement avec ce fibro-cartilage, il se pourrait que sa grande épaisseur ne fût qu'apparente. Cette disposition peut être comparée, en partie, à celle qu'offre le périoste sur les fibro-cartilages inter-vertébraux.

Moelle et canal médullaire.— Le phénomène de la disparition de la moelle , ‘que nous avons décrit dans la seconde période, comme marchant progressivement de l'endroit de la fracture vers les extrémités articulaires, à mesure que le canal médullaire s’oblitère par la nouvelle ossification qui s’y développe, dure encore pendant les premiers temps de la troisième période; enfin, cette ossification s'arrête plus ou moins loin de la fracture, ou bien elle se propage quelquefois jusqu'aux extrémités articulaires. Vingtcinq jours suffisent, dans quelques cas, pour l’oblitération complète, tandis que d’autres fois l’ossification se borne, au bout de quatre-vingts jours, à produire l’oblitération de la partie du canal qui est voisine de la rupture osseuse. Ces variations s’observent même, non-seulement sur des fractures produites chez des individus différents, mais souvent encore sur les deux fragments d’une même fracture , bien qu'ils soient d’égale longueur.

Lorsque la cavité est oblitérée, ce serait en vain qu’on chercherait la trace de ces nombreux vaisseaux : ils n'existent plus par-tout où la moelle a elle-même disparu,

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