‹ Anatomie, physiologie et histoire naturelle des galéodesChapitre 44 sur 61 · APPAREIL GÉNITAL · texte numérisé non relu

APPAREIL GÉNITAL

Nous allons terminer la splanchnologie du galéode par l'exposition des organes qui président à la vie de l'espèce, par la génération. Aucun auteur n’a abordé cette anatomie; le sujet est enüèrement neuf.

Ces organes génitaux sont bissexuels, comme ceux des autres arachnides, c’est-à-dire qu'il faut l'approche, le concours du mâle et de la femelle pour accomplir l'œuvre de [a reproduction.

Ils offrent avec ceux du scorpion une énorme dissemblance, qui constitue entre ces deux sommités arachnidiennes le trait differentiel d'anatomie viscérale le plus caractéristique. On ne trouve dans le galéode aucune trace de ces grandes mailles quadrilatères propres au mâle comme à la femelle du scorpion, et j'aurai le soin de signaler, dans la description des détails, les grandes différences et les quelques affinités qui existent, sous ce rapport, entre ces deux arachnides.

L'appareil génital, dans les deux sexes du galéode, est renfermé, ainsi que les autres viscères abdominaux, dans la tunique du foie, dont 1l occupe la partie tout à fait inférieure. Pour s'en convaincre, il faut, après avoir incisé et rabattu sur les côtés le tégument dorsal, sans intéresser cette tunique, soulever avec précaution la masse du foie, comme pour le renverser doucement.

DES GALÉODES. 91 On s'assure alors qu'il n'existe entre la tunique et le tégument ventral que les trachées qui aboutissent aux stigmates abdominaux. Cette constatation est facile.

Comme dans le scorpion, cet appareil, principalement au temps de la gestation ou de la turgescence spermatique, semble pénétrer la substance du foie; mais une pince pratique ne tarde pas à reconnaitre que ces organes ne font que s’insinuer entre Îles lobules ou bourses hépatiques, ainsi que je l'ai déjà démontré dans mon anatomie des scorpions.

ARTICLE PREMIER

APPAREIL GENITAL MÂLE.

Savigny, dans son remarquable atlas entomologique de l'Égypte, avait signalé comme caractère distinctif extérieur du mâle des galéodes l'existence d’une ou de deux soies cornées, insérées à la base dorsale du crochet du mors immobile de chaque mandibule. Ce trait sexuel, désigné par Latreille sous le nom de cirrhe, a été dénié comme tel par quelques auteurs; mais il est pleinement confirmé par le scalpel, et il ne saurait plus y avoir le plus léger doute sur sa signification.

Le cirrhe est mobile à un faible degré sur son point d'insertion; il varie, selon les espèces de galéodes, par la configuration, la longueur, la direction, le nombre, ainsi qu’on le voit à la description des divers types. A4-il quelque fonction spéciale ? Je l'ignore. N'est-1l qu'un attribut, un signe distinctif de puberté? Est-ce la livrée du mâle? Je le crois. Voici un fait à l'appui : dans orand nombre d’indi-

vidus du barbarus en bas âge, et je ne découvris point dans aucun

le mois de juillet 1857, je reçus un très-

d'eux le moindre vestige de cirrhe, quoique la dissection m'’eût démontré, dans plusieurs d’entre eux, l’ébauche des organes masculins. J'en conclus assez logiquement, je pense, que le cirrhe devait s’improviser à l’âge adulte.

L'appareil génital mâle présente dans ses parties constitutives des exceptionnalités organiques qui mc font présumer que dans

des arachnides trachéennes voisines, dont le scalpel n’a point encore sondé les viscères, on pourra rencontrer des faits plus ou moins analogues, qui permettront d'établir des règles.

Nous allons examiner, dans l'appareil génital mâle des galéodes, les testicules, les conduits déférents, les vésicules séminales, les canaux éjaculateurs, V'orifice génital externe, etc.

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