‹ AncaeusChapitre 5 sur 8 · MARSYAS · texte numérisé non relu

MARSYAS

Et nous nous tairons donc pour que cet agneau bêle ? Quoi ! Souffrir en silence un grêle son de cordes?...

MAEANDER

Tais-toi ! ne trouble pas la fête de discordes Sottes — vous rythmerez les mouvements du rite;

{An joueur de lyre.) Entonne l'hymne saint — car voici qu'il est tard.

ANCAEUS, (se retournant.) Père, qu'avons nous fait pour subir ce hasard ? La nuit s'avance et l'occident est insolite.

Les groupes se forment

LE JOUEUR DE LYRE

De la terre vers Eux Monte l'hymne prestigieux des voix sacrées, De la Nuit et du Jour et des deux Crépuscules ; De la terre vers Eux Des soirs de marbre et des aubes nacrées Monte le chœur perpétuel des voix nulles, Des êtres sans nom et des âmes exécrées, En servile éloge, vers Eux ! Vers Eux, Les Forts et les Grands et les Sages, Dieux des forces dont geint l'orbe de vie esclave,

Vers Eux, Gardiens impénétrés des sorts mauvais et traîtres,

Dispensateurs du vivre au geste grave, Monte d'ici le vœu d'hommes justes et forts Pour que ne sortent de leurs mains les mauvais sorts Et qu'ils écartent de nos pas les vaines morts !

En un van que tient un esclave, l'époux, debout près de l'épouse, choisit la grappe et l'élève, se tournant vers les chœurs, d'un geste lent ; cependant que chantent ceux-ci

CHŒUR DES FEMMES

Choisis celle

D'où ruisselle

— Pourpre chaude Pour ta lèvre

Qui s'enfièvre

De la sienne — Le vin qui fera luire en ses yeux d'émeraude Le feu qui livre au dieu Celle que tu veux tienne.

CHŒUR DES SATYRES

L'eau des cieux et des fleuves

Le soleil et la brise Ont distillé pour toi ce Vin de ta prêtrise, Roi, pour qu'au soir inébrié tu t'en abreuves.

Une pause

LE JOUEUR DE LYRE

Sainte est l'heure tremblante où se donne à qui l'aime La vierge impolluée au corps nitide et beau ! Toi, sous ta robe d'or et sous ton diadème De marjolaine, et dont la chevelure embaume,

Hymen qui souris et porte le flambeau Sur la vierge nubile répands ton arôme.

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