‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 2)Chapitre 25 sur 143 · Voyez ci-dessus, tome II, page 408, note · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, tome II, page 408, note

[H 70] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, vin. 23

quement, il respondy touthault qu'il les voulloit traitier comme rov doit traitier ses subgectz et lyeges hommes, et non pas comme ses anchiens annemis de France, lesquelz ne vouldroient requerre si estroite sceureté pour venir en sa royalle présence : disant, oultre, qu'il esperoit estre en leur ramembrance que puis n'a gueres leur avoit fait pardons generaulz, et, aprez yceulz, avoient insurrections et rebellions esté faites en sa conté de Lincolle et la contrée d'environ, tant contre luy que au préjudice de la chose publicque de son dit royaulme, desqueles ilz estoient les drois provoqueurs, causeurs et conspirateurs d'aulcuns leurs complices. Pour quoy, s'il estoit libéral de son dit pardon, veu les hayneuses accusations dont ilz estoient chargiés, sans premiers oyr leurs excusadons sur ce, il porroit tourner en trop maulvaiz et périlleux exemple d'autres ses subgectz en cas samblable , ou péril de sa personne ou du bien commun de son dit royaulme. Toutes lesqueles choses le mouvoient de les appeler à venir, pour eulx excuser et déclarer leurs dites excusations; et se ilz povoient les encouîpemens prouver estre faulz, il en serroit aussi joieux que eulz mesmes, et les recepvroit voullentiers en sa bonne grâce et faveur. Et supposé que ainsi ne le seussent ou peussent faire, ancores ne vouldroit il pas mettre arrière ou en oubly la proximité de sang dont ilz lui atenoient , ne aussi l'anchienne amour et affection qui , de long tempz , avoit esté entre eulz ; ains leur voldroit estre piteux et monstrer toute bénignité: et, en tant que sedicieux et faulz languages parleur moyen estoient semez ou pays du North et autre part, pour esmouvoirses subgectz à l'cncontre de lui, disant

24 CRONICQUKS lVENGLF.TF.fiF.fi. [1470]

qu'il ne vonlloit pas tenir ses grâces et pardons par luy ottroiez et donnez ainsi que dit est, il dist, se eulz ou aulcuns d'eulz, ou autres chevalliers de son royaulme vonlloit dire ou maintenir ledit language, lui en sa personne, comme chevallier, se offroit de faire bon le contraire, et qu'ilz disoient faulsement sur lui. Et, oultre ce, commanda au dit sire Guillaume Pare, et Ruffort, que ilz deissent aus dis duc et conte que se ilz voulloient venir devers luy ainsi, et en la manière contenue en ses semonces, il se tendroit de ce content et plaisant: mais se ilz, aussi, ne le voulloient faire, ains estoient refusans pour leurs démérites obstinées et desnaturé gouvernement, il les reputoit et declaroit telz que raison le voulioit, et les loix de son royaulme le requeroient, chargant oultre aus dis messages, comme nobles et qui lui dévoient porter feaulté et lygeance, que se , aprez le raport par eulz fait aus dis duc et conte, en la manière par luy à eulz enjoincte, ilz les trou voient obstinez, ilz les laissassent et retournassent vers luy en acquitant leurs lygeances devers luy, et luy acquiter et assister à Feucontre d'eulz et autres : et qu'ilz donnassent commandement et charge à tous chevalliers etescuyersou autres ses subgectz , estans en la compaignie des dis duc et conte, sur paine de leur lygeance, que ainsi le feissent. Sur quoy les dis Pare et Ruffort, doubtans qu'ilz ne deussent point estre souffers ouvrir les dis commandemens du roy , luy requirent humblement qu'il pleust à sa bonne grâce envoier avec eulz ung sien officier d'armes , nommé La Marche : ce que le roy leur accorda. Si partirent de luy, et s'en allèrent devers ledit duc de Clarence et le conte de Warewic,

[1470] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, ix. ^>

ausquelz ilz firent leur message; à quoy ne prindrent quelque regard , anchois furent totalement refusa us d'ohevr, et demourans en leurs obstinations. Si se trairent vers leur conipaignie en Lautregier1, esperans d'ycelle accroistre, et que, de là et d'Yorc, ilz lèveraient si grant puissance que fors assez serroient pour combattre le roy et son armée.

1302. Aurores des grans tromperies que chassoient tousjours à faire yceulz duc et conte à l' encontre de la personne du roy. IX.

Le mardy matin, le roy, qui n'estoit point adcertené comment les dis duc et conte se vouklroient gouverner envers lui, se prépara et mist auz champz, en noble arroy et ordonnance de baltaille, advanchant sa baniere vers Cestrefeld5 ; et quant les chevaulcheurs devant eurent esté venus à Rotberhain3 pour prendre leurs logis, celle nuit se loga le roy illec, où il eut nouvelles certaines [du département] d'iceulz duc et conte; pourquoy, par sa haultesse et aussi par le conseil des barons et seigneurs de sa conipaignie, il eut délibération qu'il ne les porroit continuelement poursievir atout son grant ost, pour ce que les devant dis, avec leur compaignie, avoient consumé et degasté les vivres avant eulz, et si estoit ce pays de soy mesmes sterille, qui ne povoit soustenir une si grant multitude que le roy menoit sans avoir nouvel rafreschissement; et pour ycelle cause, le roy quy se voul-

1 . Ils allèrent à Manchester, dans le Lancashire. (Fenn's original Letters, II, 39.)

Page 1