‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 2)Chapitre 38 sur 143 · Voy. ci-dessus, tome II, page 380, note · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, tome II, page 380, note

5. Philippe de Croy. Voy. ci-dessus, tome II, page 378, note I.

6. Jacques de Reicourt, seigneur de Lignes, châtelain de Lens. Il figure au nombre des seigneurs qui, du côté du roi de France, ratifièrent le traité d'Arras, passé le 23 décembre 1482 entre Louis XI et Maximilien, duc de Bourgogne (Lenglet, IV, 126.)

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furent kastez si raddement qu'il en y eut bien lx mors, et xl prisonniers. Et tint à pou que les Bourguignons n'entrèrent dedens avec eulz1, au moins en la porte des faukours; car leurs estandars furent jusques sur le pont de celle porte. Et, entre les autres, il y eut ung homme d'armes ou deux, et vmarchiers, qui se boutterent si avant qu'ilz y furent occis, pour ce que leurs gens ne le sievyrent point.

Le lendemain, qui fut merquedy, se partirent de l'ost du duc de Bourguoigne plus de vmcz personnes, tant pages comme autres gens, pour aller au fourrage, lesquelz furent trouvez des François , qui le tournèrent incontinent en desroy et en fuite : dont il en morut de trois à quatre cens , selon la première renommée ; mais, toulesvoies, il en revint depuis beaucop, qui s'estoient saulvez es bois et autre part.

Lejoesdy ensievant, fut un Parlement tenu sur la rivière entre le connestable et les seigneurs devant nommez, par l'espace de v à vi heures; durant lequel, ceulz de la ville firent de rechief une saillie , où ilz tuèrent aulcuns des gens du duc; mais aussi en y eut il mors de leur partye. Si furent durement rebouttez en la ville. Si se passoient, toutesvoies, pou de jours que, ceelement ou en appert , ceulz d'Amiens ne vuidassent, courant puis -à ung costé , puis à l'autre, et souvent tuoient gens allant et venant, portans vivres en l'ost du duc, ou querant autre chose, et prenoient prisonniers; en quoy faisant ilz guaignerent beaucop.

1. On ne suivit pas les instructions données au comte de Dampmartin. « Si le duc de Bourgongne, y était-il dit, va droict à Amiens, que monsieur le grapd maistre garde bien la ville, et qu'il 5e garde de combattre que le roy ne soit point avec luy. » (Lenglkt, TI, 241 .)

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D'autre part, les François de Saint Quentin, de Beauvais, de Roye, de Mondidier et des autres places dillec environ , ne cessoient aussi de courre et des- Irousser gens ; et pareillement faisoient moult de maulz auz gens du duc allans en fourrage, coppant auz ungz les gorges , et les autres emmenant prisonniers.

Ceulz aussy de l'ost du duc et des garnisons de Bray, de Corbye, de Peronne, de Dourlens et des autres places Bourguignonnes, couroient aussy aulcunes fois. Mais ilz ne povoient tant prouffiter que les François; et jà feust le duc assez adverty de toutes ces besongnes, non obstant si se tenoit il enclos en son parcq sans en issir1, excepté que, le xxvie jour dudit mois, il fist aprocbier la ville d'Amiens jusques aux murs2, faisant aprester tous ses engiens pour ruer de-

1. Le duc de Bourgogne écrivait aux commune, maîtres et éehevins de Malines, de son camp lez sa ville d'Amiens, le XXIIe jour de marsLxx (v. s.), qu'il était encore devant sa dite ville d'Amiens, non par forme de siège, mais avec l'espoir néanmoins de faire, lorsqu'il délogerait, quelque chose qui tournerait à l'honneur de lui et de ses pays. (Baraxte, Hist. des ducs de Bourgogne, édit. de M. Gachard, II, 371, note 1.)

2. « Le duc de Bourgongne se logea es environs d'Amyens, et y feit deux ou trois logis, disant qu'il tenoit les champs pour veoir si le roy le vouloit -venir comhatre : et à la fin se approcha fort près de la -ville, et si près que son artillerie tiroit à coup perdu, par dessus et dedans la ville : et là se tint six sepmaines. En ladite ville y avoit hien quatorze cents hommes d'armes de par le roy, et quatre mille franz archiers, et y estoient monseigneur le connestable , et tous les grans chiefs du royaulme. » (Commyxes, I, 222-223.) Une lettre écrite par le secrétaire Jean de Molesmes à la chambre des comptes de Dijon, datée du camp devant Amiens, le 25 mars 1470 (v. s.), contient les passages suivants : « Monseigneur et sa compaignie, au nombre de bien XXX mille combattants, est logié en une abbaye nommée Saint Acheul, près d'Amiens, et aujourd'hui ou demain se aprouchera de ladicte ville à moins d'un trait d'arc — Ils sont dedans ledit Amiens environ VIII mille combattants des meil-

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dens la ville, et alloit, comme tous les jours , autour de son ost, luy 111e ou 1111e seullement, réjouissant ses gens, faisant signe degrant chiere, et disant auz ungz et auz autres qu'ilz ne se donnassent nul maulvaix tempz, et qu'ilz serroient tous riches bien temprement. Il fait à croire que la cause pour quoy le duc ne faisoit point assaillir la ville d'Amiens estoit pour ce que nul ne scavoit où estoit le roy avec son armée, sinon le duc, quy en estoit bien adverty : c'est à scavoir que le roy estoit à Beauvais, ou là entour, où il n'atendoit fors qu'il peust prendre le duc en desroy, ou par derrière , s'il livroit assault à la ville ; pour quoy atendre estoient aussi en Amiens grant nombre de gens de guerre, des plus expers et vaillans du party du rov , lequel sentoit aussi la ville forte et bien garnye d'artillerie , de toutes fâchons. Et jà destroussassent les François, souvent, les gens allans et venans en l'ost du duc, non obstant ce , si y menoit on tant

leurs du royaume, et y est le connestable en sa personne, l'admirai de France, le conte de Dampmartln, les seigneurs de Craon et de Coursol, Salesar et plusieurs autres capitaines, et sont fournis de bonne artillerie qui réveille souvent lacompaignie. Le roy est à Beau\ais,à XIIII lieues d'icy, et vouldroit bien mon dit seigneur et ceulx de sa compaigme qu'il s'aproucbast de plus près, pour combattre, car mon dit seigneur ne désire que la bataille, et lesfrancois ne veulent sinon faire guerre guerriable.... Journellement viennent gens devers mon dit seigneur, spécialement picquenaire que ceulx de Flandres et de Brabant lui envoient, lesquelz pic- (juenaires sont fort crains desdiz francois, pour ce qu'ilz tuent leurs chevaux. Nous avons eu au commencement disette de vivres, tellement que ung homme mangeoit bien pour quatre patars de pain le jour ; mais à présent nous avons foison vivres et à bon marchée.... Il est vray que, puis quatre jours en çà, aucun parlement s'est fait et continue avec ledit connestable.... Dieu, par sa grâce, veuille si bien drecier les choses, que puissons retourner en paix, car c'est piteuse vie que de guerre ! » (Barante, Hist. des ducs de Bourgogne, édit de M. Gachard, II, 371, note 2.)

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de vivres que c'esloit grant beaulté à veoir, tant estaient ceulz des pays du duc affectez à le secourir, lui et ses gens d'armes.

1316. Comment le duc de Bourguoigne envoia devers le roy, à sa requeste, ung gentilhomme de son hostel ; et comment il alla de l'un à l'autre, deux ou trois fois, et d'autres choses. XXIII.

Le xxviii6 jour de mars, que une compaignie de ceulz d'Amiens estoient allez courre vers Abbeville, ceulz de la garnison de Dourlens , dont estoit chief le seigneur de Ravestain , et ceulz de Beauquesne avec luy, les trouvèrent sur les champz au retourner. Si les assaillirent tant durement qu'ilz en prindrent xxx et en tuèrent xx ; les autres le guaignerent par bien courre.

Le darrain jour du dit mois de marc , le conte de INassou1, qui se tenoit à Dourlens avec le seigneur de Ravestain, rencontra une grant routte [de francois] quy estoient issus d'Amiens pour quérir adventure, dont ilz en occirent trois, xxii en prindrent, et guaignerent xxv chevaulz que ilz ramenèrent à Dourlens.

Entretant que ces courses se faisoient d'un costé et d'autre, le roy envoia devers le duc Berry le Hérault2, luy mandant qu'il envoiast devers luy quelque gentil homme de son hostel, pour parler à lui à Beauvais, où il estoit lors. Et le duc luy envoia ung sien essanson, nommé Symon de

1. Jean, comte de Nassau, «l'un des plus grands capitaines de son temps?» Mort en 1480. (Moreri, VII, 926.)

2. Pierre de Neuf Pont, dit Berry, hérault d'armes de Louis XI en mars 1471. (Bibl. imp., Mss., Supplément français, n° 1866 2, fol. 94 bis, recto.)

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Quincy ', lequel, venu à Beauvais, parla au roy, et le roy à luy, lequel luy bailla unes lettres escriptes de sa propre main, pour les porter au duc, comme il fist. Lequel duc, quant il les eut leutes, luy en bailla unes autres aussi escriptes de sa main, lesqueles Symon porta au roy. Et, par ceste manière, alla l'escuiier de l'un à l'autre deux ou trois fois, tant que chascun esperoil qu'il y aroit aulcun trahie entre le roy et le duc. Et tost aprez, à scavoir le second jour d'apvril , on crya en l'ost du duc abstinence de guerre. Et commanda le duc , sur la hart, que nul n'allast en fourrage sans oayer; mais, neantmoins, aulcuns y allèrent en Santers, lesquelz furent rencontrez et ruez jus par les François, qui en tuèrent et prindrent plus de cent. Le quatriesme jour d'apvril, avant Pasques, du dit

1. A cette même époque, Commyues(IlI,225) \e dit page, « qui depuis, ajoute-t-il, a esté baillifde Troye. a II figure sur l'Étal delà maison du duc de Bourgogne, en 1472, comme gentilhomme de la chambre de ce prince. (Biùl. imp., Mss., n° 8130.) Simon deQuingi, seigneur de Montnaillon, commis à la défense de Dole en 1477, lors du siège de cette ville par l'armée de Louis XI (Molimet, II, À\\, 49), repoussa l'ennemi , et reçut en récompense, de Maximilien et de Marie, la châtellenie deQuingey dont il portait le nom, mais où sa famille ne possédait qu'un simple fief. [Notice sur Simon de Quingej, par André Saumon , p. G.) En 1478, au mois de juin , renfermé avec six cents Allemands dans la ville de Verdun sur Saône , qui fut emportée d'assaut par l'armée royale, il fut fait prisonnier , et subit une rude et longue captivité. Louis XI le fit conduire à Tours dans la maison du maire, où il resta renfermé dans une cage de fer, avec une fillete à la jambe. Le 16 janvier 1481 il n'était pas tncore en liberté. (In., il>., p. 6 et suivantes) ; mais il était libre en 1482. « Don à Simon de Quingey, conseiller et chambellan du roy , de la seigneurie de Plimirh-u, assise en la vicomte de Chatelraut. Donné à Paris le 25 février 1482-1483. » [Bill, imp., Mss., Fonds Gaignières , n° 771, p. 227.) Peut-être est-ce lui qui figure, avec le titre de « chevalier en la cour de Parlement, ï au nombre des plénipotentiaires envoyés à Saint- Jean de Lône, en l'année Iblb, par l'archiduchesse Philiberte de Luxembourg. (Salazard, IV, francs, cccccxuii.)

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an, trespassa de ce présent monde le seigneur de Goux1, chevallier et chancellier de Bourguoigne, ou lieu duquel fut constitué en l'office le bailly de Charollois. Et le samedy ensievant, vie jour d'apvril, ung grant tas de François issirent d'Amiens pour aller fourragier et pillier le pays d'entour Doullens; laquele chose sachant, les seigneurs de la garnison issirent de la ville atout grant nombre de gens de guerre : si trouvèrent les François entre Beauquesne et Amiens, qu'il/ ruèrent jus, en tuèrent de xl à lx , et en prindrent de iiiixx à cent.

Le lundy ensievant, issirent hors d'Amiens bien iinm combattans : si coururent jusques prez de Dourlens, où ilz prindrent, celle fois, plusieurs laboureurs, et biens portatifs par les villages.

Finablement, à la requeste et mouvement du rov, fut tant parlé de trouver traitié et appaisement entre lui et le roy, à scavoir le duc, que unes trêves furent acordees de quatre mois2, commenchans le iiue jour

1. Pierre de Goux, seigneur de Goux, de Contrecœur et de Wedergraete, créé chancelier par le duc Philippe le Bon, le 26 octohre 1465, et par Charles le Téméraire le 17 juin 1467. Marié à Mothié de Rye et de Wedergraete. Mort le 4 ou o avril 1470, avant Pâques. (La Barre, II, 168, 257.)

2. Trois mois seulement, ainsi qu'il est dit dans une lettre de Charles le Téméraire adressée aux Maieur et eschevins de la ville de Dijon. « Très chiers et bien amez, nous avons receu voz lettres,... et vous tenons bien pour excusez de ce que plustost n'avez peu envoie devers nous ; car nous avons bien sceu les dangers et empeschemens qui estoient sur les chemins, à l'occasion desquelx n'avons peu avoir nouvelles certaines de Testât et disposition de noz pavs de par de là, ne en quelx termes les choses ont esté, et ce que en avons sceu au vray a esté depuis les trêves ; et par avant n'en scavions riens que ce que les François en disoient. Toutes voyes, pour vous adcertener de nostre estât comme le desirez. nous estions, à l'escripture de restes, en très bonne santée. prospérité ne

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d'apvril, avant Pasques, et finans le xxiii6 jour de jullet prochain aprez ensievant, en espérance de trouver paix entr'eulz; lesqueles furent ralongiés jusques à lapvril sequent. Et, par tant, le duc de Bourguoigne se partiroit de devant Amiens et retrairoit son armée

nostre personne, grâce à nostre benoist Créateur : et, au regart de noz nouvelles, est vray que, aj>res ce que les gens du rov eussent en leur obéissance noz villes d'Amiens, de Sainct Quentin et aucunes autres menues places par reduciou, non pas par explois de guerre, nous fusmes à toute diligence mettre aux champs nostre armée de tous nos pays de par deçà, en très grant nombre et puissance , et marchasmes contre la rivière de Sommeen tirant vers Piquigny, qui fut incontinent prinset mis en nostre obéissance par assault et puissance de gens ; et illec passâmes la dite rivière, tousjours teiians les champs, tirasmes vers Amiens et feismes nostre logizau plus près de ladite ville, en laquelle estoit la plus grande puissance des gens de guerre de tout le roialme: et illecques fusmes longue espace de temps, et par plusieurs jours attendans que le ion, qui estoit près d'illec, nous vint combatre : ce qu'il ne List pas. Et y sejournasmes si longuement que l'on nous requist prendre et accepter trêves de trois mois en la forme que l'avez bien sceu par ce que en avons cscript par delà : lesquelles trêves, jà soit ce que n'eussions pas commandé la guerre, et afin que ne fussions notez de non voulloir entendre à pais, nous accordasmes libéralement ; mais neantuioins nous faisons entretenir nostre armée et icelle accroistre et augmenter le plus que povons, afin que, s'il est besoing, que Dieu ne veuille, nous puissions résister contre noz ennemis. Et au regart de noz pays de par de là, nous avons bien intention, durant les dites trêves, de pourveoir à la garde et seurté d'iceidx, s'il est besoing, 1 1 d'v mettre si bonne ordre et conduicte que ce qui a esté perdu sera recouvré, à l'aide île Dieu et moiennant le service de noz bons feaulx et subgectz: lesquelles choses vous signifiions, très cbiers et bien amez, et vous requérons, en mandant neantuioins que, en continuant la bonne renommée des Bourguignons, vous nous soyez adez bons et loiaulx, et vous nous trouverez bon prince et seigneur. Et entendez soingneusement à la garde et seurté de nostre ville de Dijon et à la fortiffication d'icelle ainsi que en fumes asseuré pour vray. Aussi considérez que vostre estât et vie y gisent, et se avez d'aucune chose besoing pour vostre dite seurté, le nous signifiiez et nous vous en pourveyrons a toute diligence. Très cbiers et bien amez, le Sainct Esperit soit garde de vous.

Escript en nostre ville de Peronnes le xxvne jour d'avril mil imc lxxi.

Ainsi signé; Charles, et du secrétaire De Molesme. » (Bibl. imp., Mss., n* 3887, fol. 104.)

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en son pays; et auz François demourroient. Amiens, Saint Quentin , Mondidier et Roye : durant lesqueles trêves se porroient ycelles villes renforchier, ravitaillier et y venir tel nombre de gens que bon sambîeroit auz François du party du roy.

Pareillement, le marquis du Pont, filz au duc de Callabre, quy tenoil le siège devant Mascon, s'en partiroit, et serroient au duc rendues certaines places par les François prinses en la conté de Cbarollois, et là entour, durant celle guerre. Et si, se dévoient aussi les François lever d'un siège qu'ilz tenoient es marches de Loberaine, devant ung cbastel séant sur la rivière de Aleselle.

Par ces moyens, se party le duc de Bourguoigne et toute son armée de devant Amiens ; si s'en retourna par Corbye, et renvoia toute son artillerie à Lille en Flandres ; laissant bonnes garnisons k Peronne, Corbye, Abbeville, à Bray, à Dourlens, et en plusieurs autres places, pour la sceureté de ses pays. Et, quy ne fait à oublyer, les François, durant ceste guerre, voirement et dès le commencement d'ycelle, avoient entreprins de grans fais en Bourguoigne ; car avec les places par eulz concquises, comme dit est, aussi avoient ilz rué jus v ou vi grans seigneurs du dit pays, quy furent sourprins par faulte de bon guet et prudente ordonnance.

1317. Comment le noble et très crestien roy de Portugal prinst par assault la ville de Azille, ou pays d'Auffricque1. XX11II.

En l'an mil iiuczlxxi, le 1res noble et victorieux

1. Le récit qui va suivre se trouve dans un manuscrit Je la Bibliothèque impériale, sous le n° 1278. fol. 513 ; mais il y est précédé d'un

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roy de Portugal l, combien que ancores feust il jenne d'eage, neantmoins si estoit il raemply de très vertueux corage, comme paravant avoient esté ses nobles progeniteurà, ramembrant continuelement en sa memore comment les Sarrazins infidèles, babittans au pays d'Auffricque en la cité de Azille2, subgette au roy de

petit préambule, adressé au duc de Bourgogne, que notre chroniqueur paraît avoir supprimé à dessein; le reste est copié textuellement, sauf quelques légères additions que nous donnerons comme variantes, ou que nous intercalerons, enire crochets, dans le texte. Ce document commence ainsi dans le manuscrit :

« Incidence comment le noble, puissant et très crestien roy de Portugal prist par assault la ville de Arzille, au paysd'Aufrique, l'an mil iiiiclxxi.

v. Les joieuses nouvelles de la glorieuse victoire du roy de Portingal, naguaires contre les Sarazins obtenue, à qui plus qu'à vous appartient de les savoir, Prince très victorieux, af/în que vous, le non pareil en haultes emprinses, vous resjoissiez des glorieux fais d'un roy à vous de sang tant prochain et de ceur tant samblable, et luy soit rendue pareille affection en vostre court à ses victoires, comme à la sienne est impartie auxvostres. Pour laquelle cause, ma très redoubtee dame madame vostre mère, et pour vous aussy faire part de sa joie , les me fist mettre par escript, ensieuvant la teneur d'unes lettres à elle apportées contenans la somme de pluiseurs nouvelles d'Auffricque envoyées à la fille du roy, à la cité de Lixbonne, et à aultres, lesquelles, mon très redoubté seigneur, se je ne furnis de tel langaige comme à vostre haulteur appartient, il me sera pardonné par vostre acoustumee bénignité, qui les choses faictes affin de bien scavoir prendre à la milleur part.

« Mon très redoubté seignenr, le Joesdi, xxie jour du mois d'aoust de ceste présente année mil imc lxxi*, le roy de Portingal descendi.... »

i . Alphonse V, dit l'Africain, fils d'Edouard, roi de Portugal, et d'Éléonor d'Aragon, né en 1432, mort le 28 août 1481. Ce prince avait déjà fait deux expéditions en Afrique , lorsqu'il en entreprit une troisième en 1471. Celle-ci fut plus heureuse, il s'empara d'Arzile le 24 août, puis de Tanger. Il y recouvra le corps de l'infant Ferdinand, son oncle, qui, envoyé à la conquête de Tanger en 1436 ou 1437, resta en otage en Afrique et y mourut en 1443. (Jrt de vérifier les dates, I, 780-781.)

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