Lancashire and Chesshere. t
136 CRONICQUES D'EJNGLETERRE. [1471]
anchois prindrent briefve conclusion entr'eulz qu'ilz yroient vers Teukesbury1, comme ilz firent; où ilz arrivèrent ce mesmesjour, environ v heures aprez midv, moult fort lassez, et non sans cause; car chevaulchié avoient, depuis le matin qu'ilz se partirent de Gloucestre, xxx lyeues angloises2. Et pour ce que la plus grant partie de leur ost estoient de pie, ilz ne peurent chevaulchier oultre , se ilz n'eussent voullu perdre et laissier leurs piétons qui, en grant nombre, estoient derrière. Sicque, voulsissent ou non, furent constrains de là demourer, pour deux causes : l'une, pour ce que leur peuple esîoit très durement lassé, tant que nullement ne povoient plus endurer le chemin ; et l'autre, pour ce que bien congnoissoient que de plus prez en plus prez aprochoit le roy de eulz , tousjours prest, en bel arroy, ordonnance et voullenté, de les combattre.
Pour toutes ces considérations narrées, les dessusdis déterminèrent illec atendre ladventure que Dieu leur voldroit envoier, et, à ces fins, firent illec ordonner et fortiftier leur parcq, ou champ de battaille, en tele manière que la ville et abbaye de Teukesbury leur faisoient deffence d'un costé. Et lors le roy les poursievant, ainsi que oy avez, se tyra en une champaigne, appelée Coltesvolde, où il desploia ses banieres, faisant de son ost m battailles. Puis envoia ses chevaulcheurs d'un costé et d'autre, et ainsi, en bel arroy et ordonnance, vint à ung village ap-