‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 3)Chapitre 112 sur 129 · Thomas Scales, mort le 25 juillet 1460 (Dugdale, I · texte numérisé non relu

Thomas Scales, mort le 25 juillet 1460 (Dugdale, I

3. Jean de Neufchâtel , seigneur de Montagu, gmnd bouteiller de France. Mort vers 1433 (Anselme, VIII, 576).

4. Thibault, bâtard de Neufchâtel, chambellan du duc de Bourgogne, légitimé en 1424. Mort en 1454 (Anselme, VIII, 354j.

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duc tout le jour Nostre Dame , en l'honneur de la glorieuse Vierge , et lendemain , aprez qu'il eut beu ung cop, se departy de la ville d'Evreux, et tant s'esploita de cheyauchier qu'il eut passé les bois quy sont auprez d' Yvry ; puis , quant il se trouva auz champs et qu'il deubt aprochier la place, il fîst tous ses gens mettre en très belle ordonnance de battaille ; et ainsi chevaulcha, tant qu'il vint en une belle plaine au dessus des vingnes. Tout ce voyage, le duc de Bethfort, chevaidchant devant ses batlailles, avoit vestu une robe de drap de veloux asur, et par dessus avoit une grande croix blance par deseure laquele avoit une croix vermeille : etmoj, acteur de ceste eiwre, quy lors estoie au dit voyage en la compaignie du conte de Salisbery, demanday à aulcuns Anglois à quele cause ledit duc de Bethfort portait la croix blance ; et il me fut respondu que c'estoit à cause des deux royaulmes , et que au duc de Bethfort , régent , apartenoit les porter et à nul autre, pour ce qu'il estoit celluy qui representoit la personne du roy de France et d'Engleterre ; et ces deux croix estoient la signifiance desdis deux royaulmes. Ainsy doncques^, le duc de Bethfort, en ceste nuit, se loga devant Yvry, espérant qu'il seroit combatu lendemain ; si fist faire parmy l'ost bon guet et ascoutes pour doubte des surprinses, comme il apartenoit et qu'il est acoustumé de faire en pareil cas par tous bons chiefz de guerre. Ceste nuit se passa , et lendemain vint , quy estoit le jour que la dite place d'Yvry se debvoit rendre en l'obéissance du roy de France et d'Engleterre. Puis, environ deux heures aprez midy, le duc de Bethfort marcha, en battaille bien ordonnée, jusques devant le

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dit chastel , en atendant la rendition de la forteresse. Or advint que, droit à l'heure quy estoit prinse de la place rendre , issy dehors le capittaine , nommé Gérard de Paillieres ', [qui], voiant le terme passé qu'il avoit promis ycelle livrer auz Anglois en faulte de secours, adfin de recouvrer les hostages qu'il avoit bailliés, vint devers le duc de Bethfort, lequel il trouva en belle ordonnance , atendant Tadventure de battaille et fortune tele qu'il plairoit à Dieu de lui envoler-, et là, luy présenta les clefz de ladite forteresse d'Yvry, lui requérant saulfconduit pour en aller soy et ses gens, selon le contenu du traitié; lequel lui fi.it acordé, comme raison estoit. Et lors le capittaine tyra, en la présence du régent, unes lettres hors de sa gipsiere , laquele il lui monstra, en disant : « Or voy je bien que, aujourd'huy, me ont failly de convenant xvni grans seigneurs du party au roy Charles de France , quy m'avoient promis donner secours » ; ausqueles lettres estoient xvin seaulz pendans. Alors le duc de Bethfort fist au dit capittaine rendre ses hostages, lequel les emmena avec lui et s'en retourna vers ses gens pour les faire vuidier ledit chastel d'Yvry ; et le duc envoya ses commis en prendre la possession, tousjours soy tenant en celle ordonnance : si allèrent pluiseurs Anglois veoir le partement de la dite garnison francoise. Si advint, droit àceste heure, ung moult grant effroy en l'ost des Anglois : si commencèrent de sonner trompettes et clarons en grant nombre , pourquoy ceulz quy, comme dit est , estoient allez veoir partir la garnison d'Yvry, en très giant haste s'en

i/. Girault de la Palière était gascon 'Ilist. de Charles Vil, 8 ).

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retournèrent en la battaille du duc , quy desja estoit en tant bel arroy que à veoir estoit plaisance. 11 fist desployer la baniere de France, d'azur à trois fleurs de lis d'or, laquele il fist pour ce jour baillier à porter au seigneur de Lilladam ; puis , fist desploier la baniere de Saint George, à champ d'argent, à une grande croix de geulle; puis fist il desployer la baniere Saint Edouard , d'azur à une croix ancrée d'or, à chincq mailles de meismes; puis, fist desploier la baniere esquartelee de France et d'Engleterre , en signifiance des deux royaulmes conjoincls. Et aprez, fut desploiee la baniere du duc de Bethfort, régent; toutes lesqueles banieres furent bailliés à porter à chevalliers de grant renommée.

Or doncques , pour vous advertir de la cause pourquoy cest effroy et alarme s'esleva en l'ost des Angiois, la raison y estoit moult grande ; car les François , ce jour, se trouvèrent en très grant nombre aians espérance et vouUoir de combatre le régent et sa puissance, comme ilz eussent bien peu faire; car ilz furent, ce jour, ensamble, sur le point de xvni à xx"^ hommes de bonne estoffe, soubz la conduite du ducd'Alenchon', des contes d'Aumarle', de Ventadour, de Tonnoirre^,

1. Jean II, duc d'Alençon, Condamné à mort le 18 juillet 1474-, mourut deux ans après étant sorti de la prison du Louyre (Anselme , I, 273). C'est ce que dit aussi la Chronique des comtes et ducs d^Alencon (fol. 136 recto). La sentence de mort ne fut point exécutée, « maiz fut ledit duc délaissé en la dite prison du Louvre , où, après aulcun temps, il rendit finablement son esprit à Dieu , et fut inhumé au convent des Jacobins à Paris, en l'église dudit lieu. »

2. Jean de Harcourt , comte d'Aumale (Anselme, V, 124). Tué à la bataille de Verneuil, le 17 août 1424.

3. Louis de Châlon , comte de Tonnerre , tue à ladite bataille de Verneuil.

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de Douglas', de Boucquant^ et autres seigneurs Escocliois ; du yisconte de Nerbonne', du seigneur de la Fayette ^ et pluiseurs seigneurs de grant renommée de la partye du roy Charles , lesquelz venoient cbevaulchant vers Yvry, en belle ordonnance, et s'arresterent environ à trois lieues prez , puis envoyèrent environ quarante coureurs des plus expers et mieulz montez pour explorer la contenance de leurs annemis. Lesquelz coureurs, voyans le dit duc de Betbfort estre en moult belle ordonnance, retournèrent à leurs gens faire leur raport. Le duc de Betbfort avoit ordonné aulcun nombre de gens, bien montez et armez, pour cbevaulcbier autour de son ost, adfm de non estre sourprins; lesquelz, quant ilz parcbeurent les coureurs des François, vigoureusement les chassèrent et poursievyrent si raddement qu'ilz en prindrent quatre , et les amenèrent devers monseigneur le régent ; si furent examinez , et ledit régent par eulz adverty de la puissance des François ses annemis. Et, d'autre part, ces coureurs francois quy, pour la chasse des Anglois, se hasterent tant plus, reportèrent à ceulz quy les avoient envolez ce que veu et trouvé avoient. Alors les Francois, non voyans leur avantage de , à ceste fois , combatre les Anglois sans adventure de grant perte , considéré le duc de Betbfort estre en tel triumphe et puissance, les atendans de pié coy, tout pourveu de son fait et desja

i . Archambault, comte de Douglas. Voy. ci-dessus, page 1 76, note 3.

2. Bucham, fils de Robert, duc d'Albanie , régent d'Ecosse, connétable de France, tué à la susdite bataille (Rapin Tlioyras, IV, 181).

3. Guillaume, vicomte deNarbonne, « lequel, après ce qu'il fut trouvé mort en la bataille, fut ecartelé » (Monstrelet, V, cliap. xx).

4. Gilbert Motier, seigneur de La Fayette, créé maréchal de France en 1421. Mort le 23 février U62, v. s. (Anselme, VII, 56).

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saisy de la ville et chastel d'Yvry ; pourquoy, tout veu et entendu, se misrent à chemin et par grant exploit commencèrent de clievaulchier, sans eulz arrester, tant qu'ilz vindrent devant la ville de Verneul , où ilz faignirent qu'ilz avoient descomfy les Anglois*, et c[ue le duc de Bethfort, à petite compaignie, s'estoit mis à saulveté.

Quant ceulz de la ville de Verneul , qui tenoient la partye du roy Henry, oyrent ces nouvelles, comme peu sages, en grant crainte leur firent ouverture et obéissance, pour et ou nom du roy Charles. Aprez laquele rendition , comme le traitié le contenoit , baillèrent saulfconduit à aulcuns Anglois quy layans estoient en garnison ; lesquelz ilz envolèrent, atout leurs bagues, devers le duc de Bethfort. Aprez ces choses ainsi faites, y eut quatre gentilz hommes des

1. « Quant ils furent près de Verneil, dit l'auteur du Journal d'un Bourgeois de Paris (98), si firent une grant trayson; car ils prindrent grant foison de leurs soudoyers escossois , qui bien scavoient parler le langage de l'Angleterre , et leur lièrent les mains et les mirent aux queues des chevaulx, et les touillèrent de sang en manière de playes en mains, en bras et en visalge ; et ainsi les menèrent devant Verneil, criant et bralant à hault cris, en langalge d'Angloys : a Mal veismes ceste douce loureuse journée ; et quant nous cessera cette douleur ! » Quant les Anglois , qui dedens la -ville estoient, virent la douleur contrefaitte , si furent moult esbaliis, et fermèrent leurs portes, et ce mirent en hault , pour deffendre leur ville ; et quant les Arminaz virent cecy, leurs montrèrent le sire de Torcy, l'ung des bons et vrays chevaliers, qui s'estoit rendu à eulx , qui estolt lié comme les autres , par trayson, qui leur dit que toutte la chevalerie d'Angleterre estoit morte en celluy jour devan t Yvrv, et pour néant se tandroient, que jamais n'auroient secours; et ce, tesmoignerent les autres qui bien parloient angloys, et jurèrent par leur serment que ainsi estoit. Si ne sceurent comment conseiller ; car ils tenoient le sire de Torcy, l'ung des bons et vrays chevaliers qui fust avecques le Régent.... Si s'accordèrent que ils se rendroient, leurs vies saulves. »

gens du dit Gérard , capitaine d'Ivry, quy firent serment au duc de Betbfort de toute leur yye loyaument servir le roy Henry de France et d'Engleterre. Puis , aprez ces choses passées, que le dit duc de Betlifort eut fait examiner les quatre coureurs devant dis , prins ainsi que oy avez, et que par eulz il fut adverty de la puissance de ses annemis , il assambla son conseil à scavoir qu'il estoit de faire ; où il fut conclu que le dit régent se deslogeroit et yroit au giste à Evreux , pourveu qu'il estoit adcerlené ses annemis tyrer vers Verneuil , et que le conte de Salsebery et ses gens yroient logier à quatre lieues prez des annemis ; mais le duc de Betlifort avoit envoie le conte de Sufforl, atout XVI *^ combatans , devant pour descouvrir les embusches, et expérimenter le convenant de leurs dis annemis, et il s'en alla à Damville et à Baiseux ', à Bretueil et ou Perche, ainsi comme à deux lieues de Verneul , où estoient lesdis François logiés, connue dit est, à toute leur puissance ; et lendemain au matin, le dit conte de Suffort nuncha par certain message à monseigneur le régent, qui, comme oy avez, avoit ceste nuit geut à Evreux, comment les François avoient par cautelle séduit Verneul, et si estoient logiés là entour puissamment.

980. Comment le duc de Betlifort , régent de France , combaty et vainquy les François devant Verneul . XXIX .

Quant le duc de Betlifort fut adverty au vray, par ledit conte de Suffort, que les François à grant puissance estoient desant la ville de Verneul et là environ,

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