LIVRE VI
1082. Cy commence le Vl' livre de ce v^ volume, lequel contient en soy vingt cliapittres. Ou premier desquelz il traite comment, entre Callaix et Gravelingues, sassamblerent ceulz qui debvoient tenir les convencions d'entre le cardinal d'Engleterre , d'une part, et la ducessc de Bourgoigne, d'autre part. I.
Cf. Monst., t. VII, ch. ocxxxv.
1083. Comment Arlus de Bretaigne, conte de Richemont , connestable de France , avec luy pluiseurs capittaincs du roy Charles , alla mettre le siège devant Meaulz en Brye. II.
Cf. Monst., t. VII, ch, ccxxxix-ccxu.
1084. Comment pluiseurs notables ambaxadeurs s'assamblcrent de rcchief , entre Gravelingues et Callaix, sur le fait du parlement qui debvoit estre entre les deux rois de France et d'Engleterre. III.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccxLin.
1085. Comment le conte de Sombreset, le seigneur de Tlialboth, et autres capittaincs anglois, vindrent en Santers et assegerent le chastel de FoUeville. IV.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccxLiv.
108Ô. (Comment le conte de Sombreset, avec lui bon nombre d'Anglois, allèrent assegier Harfleu. V.
Cf. Monst., t. VII, ch. CCXLVII.
[1440-41] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE VI, i-xii. 313
1087. Incidence quy advint en ce tempz ou pays du duc de Bretaigne. VI.
Cf. Monst., t. VII, ccxLMii.
1088. Comment Charles, roy de France, envoia pluiseurs notables ambaxadeurs à Saint Orner pour traitier de paix avec les Anglois. VII.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccl.
1089. Comment le duc d'Orlyens fut délivré des mains du roy d'Engleterre par les moyens sequens. VIII.
Cf. Monst., t. VII, ch. cclii.
1090. Comment les Anglois de la garnison de FoUeville oppressèrent moult fort les paysd'Amiennois, Santers et et autres d'environ. ' IX.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccliv.
1091. Comment le roy de France alla assegier Creil, et le concquist. X.
Cf. Monst., t. VII, ch. ceux.
1092. Comment, aprez la concqueste de Crcil, le roy de France s'en alla à Ponthoise. XI.
Cf. Monst., t. VII, ch. ccLx.
1093. Comment le duc d'Yorc , chief , de par le roy d'Engleterre, en France et en Northmandie, vint pour lever le siège que tenoit le roy Charles devant Ponthoise*. XII.
Si faisoit (le roi Charles VII), de jour en jour, continuer très dilligamment les ouvrages de son emprinse, tant de faire fortifficacions etaprocbes, comme de faire gecter ses gros engiens contre les portes, tours et murailles , et mesmes, qui estoit inhumaine desrision ,
l. Le commencement de ce chapitre est emprunté à Monstrelet (VII, chap. ccLXi); les deux premiers paragraphes ri-dessous , qui ku sont également empruntés, diffèrent un peu dan:, la narration : quant au der-. nier il est Inédit.
314 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1441]
alencontre de l'église , murailles et forlifficacions de l'église Nostre Dame, au dehors de ladite ville, que les Anglois avoient longuement tenue. Si fut lors, et autreffois, par les francois grandement desrompue, quy estoit et est chose forment desnaturee, de guerroier Dieu , sa glorieuse Mère et les benoitz Sains, pour le mesuz, delict et outrage des humains.
Telement, doncques, continua le roy Charles ses besongnes en dilligenceet advancha son fait, qu'il fut conseillié, tout considéré, de faire assaillir la dite église de Ponlhoise le xvf jour de septembre ensievant, quy fut par uiig samedy; laquele fut en briefve espace concquise d'assault , et ceulz de layans tous mors ou prisonniers. Si estoit celle église moult haulte et assez prez de la ville, sic.îue, parla tour d'ycelle, on povoit veoir grant partye du gouvernement de layans : à scavoir touchant la manière des engiens et fortifficacions d'ycelle, et aussi la durement Iravaillier de petis engiens, hacquebutes, coulleuvrines et gros arballestres, fondes et autres habillemens. De laquele prinse de ladite église furent les Anglois moult doullentz, se voyans, par ce moyen, estre grandement affoiblis; et au contraire les Francois resjouys , par ce qu'ilz veoient aulcunement leur besongne en ce embelUr. Pourquoy ilz conclurrent et délibérèrent de leurs préparations faire pour, le mardin prochain venant, livrer à la ville ung assault pesant, comme ilz firent, pour expérimenter et assaier se ilz y pourroient jamais riens conc- ( pierre.
Ainsi, doncques, qu'il avoit esté délibéré par le conseil royal, firent tous les seigneurs elles capittaines francois armer et aprester leurs gens, à yceulx enhortanlde
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bien faire chascun son debvoir et combattre vaillamment. Si fut ordonné que Tassault se feroit vers la tour du Frice*, quy estoit fort batue, entammee et adommagié, voire du roy et de ses gens; mais le Daulphin', messire Charles d" Anjou' et leur compaignie assauldroient par devers Nostrc Dame . le (marissal) de Lohiac et plusieurs autres assaiddroient à la porte vers Maidjuisson. et une autre compaignie yroient atout bateaulz assaillir par la riv iere : lesquelz assaidz, commenciés par la manière dite, moult durs etaspres, durèrent bien par l'espace de deux heures. Et. pour vray, se les François assailloient radement, les Ânglois se deffendoient aussi moult vaillamment et de grant courage ; si ne sambloit pas , à veoir tant les assaillans comme les detfendans, qu'ilz eussent quelque paour ou doubte de la mort. Durant lequel assaidt y eut mig moidt vaillant et hardy homme, quy n'estoit point de noble génération, sinon de corage , lequel estoit de la compaignie du roy, et assailloit à la tour de Friches, où il se porta si puissamment, jà feissent les Anglois moult grande resistence , qu'il monta à force, par les pierres et romptures que avoient fait les canons, tout au plus haidt, où il commença à gecter desdites pierres sm- les Anglois, moult ruddement. qui la detTendoient , parquoy il les convint t^Ter arrière. Et adont les auti'es
1. « La tour du Friche, qui est sur le bord de la rivière d'Oise, du costé devers le pont de Meulent » [Berrv, 415). Ce chroniqueur raconte d'une manière différente la prise de cette tour.
i. Louis XI , fils de Charles VII et de Marie d'.Vnjou , né le 3 juillet 1423. sacré et couronné le lo août 1461 . Marié : 1° à Marguerite d'Ecosse; i" à Charlotte de Savoie. Mort le 30 août 1483. (Anselme, I, i 19.)
3. Cliarles d'Anjou, premier du nom, comte du Maine. Né le 14 octobre 1414; mort le 10 avril 1472. (Anselme, I, 233.)
310 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [ikki]
François s'aprocberent et, de plus en plus, se boutèrent avant, et, à l'exemple de cedit vaillant homme, montèrent amont, en cryant à haulte voix : « Saint Denis, ville guaigniéM »
1094. Comment le duc d'Yorc, gouverneur gênerai de la ducié de Nordmiandie, fut rapellé en Engleterre, et luy fut ostee son office. XIII.
De ceste prinse de Ponthoise fut moult desplaisant , mais amender ne le polt quant à présent, le très noble duc d'Yorc^, souverain gouverneur et capittaine gênerai de la ducié de ÎSortbmandie, et consequamment de toute la concqueste, à ce commis par le roy Henry d'Engleterre , III de ce nom, et pere^ du roy Henry le quart, successeur* du noble roy Edouard, présentement
i. La suite de ce chapitre est encore empruntée à Monstrelet, qui, bien qu'il n'ait fait aucune mention de la prise de la tour du Friche, ni du courage de l'homme qui s'en empara , parle néanmoins de la récompense dont sa valeur fut honorée par le roi. a Et quant au regard, dit-il, de celui nui monta premier sur la tour, il ftit moult autorisé de tous les seigneurs pour sa grant vaillance; si le ennoblit le roi, et ses successeurs, etc. 3) Cette phrase, reproduite par Wavrin à peu près dans les mêmes termes , se comprend parfaitement puisqu'il vient de raconter le fait ; mais chez Monstrelet elle accuse l'absence d'un récit évidemment omis par le copiste. En consultant les divers manuscrits des Chroniques de Monstrelet que possède la Bibliothèque impériale, nous en avons, en effet, trouvé un, un seul {Ancien fonds fr., n° 8346), qui contient le passage donné par Wavrin. Ce ne sera pas l'unique restitution qu'il nous permettra de faire à Monstrelet, Nous les indiquerons au fur et à mesure que notre chroniqueur nous en offrira l'occasion.
2. Richard, duc d'York , tué 1^ 24 décembre 1460. (Dugdale, II , 158-161.) Il fut nommé gouverneur du duché de Normandie le 2 juillet 1440. (Rymer, V, partie I, 85.)
3. Henri III , monté sur le trône en 1216, ne pouvait guère être le père de Henri IV, qui régnait en 1399. Il faut lire Henri Yl, petit- fds et non père de Henri IV. On a déjà vu dans le Prologue de Wavrin que son copiste n'était pas fort eu chronologie.