‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 3)Chapitre 37 sur 129 · Gomment le roy Edouard fut deffait de sa royaulte · texte numérisé non relu

Gomment le roy Edouard fut deffait de sa royaulte

Tanlost après ces ordonnances ainsy faites, la royne Ysabel, sire Edouard, son tilz, et tous les nobles d'Engleterre, mandèrent au roy Edouard, qui prisonnier estoit ou chastel de Kenniword , en la garde messire Jehan de Botlionne \ evesques de Ely , et messire Jehan de Persy% baron, qu'il ordonnast ung Parlement en quelque lieu d'Engleterre que mieulx lui plairoit , pour illec ordonner et pourveoir sur le gouvernement de son royaulme.

Quant les Ambaxadeurs furent venus devers le roy ^, et ils l'eurent salué, et exposé la cause de leur venue, il leur dist : « Seigneurs, veez icy mon seel , je vous donne povoir de ordonner le Parlement où bon vous samblera. « Puis, le seel prins, les seigneurs demandèrent congié au roy : sy s'en vindrent devers la royne et sire Edouard , son filz , et les auitres barons ; où il fut conclud que le Parlement se tendroit à Westmonstier, es octaves de saint Hilaire.

, '1 . Jean de Hotliim , évèque d'Ely.

2. Edouai'd fut commis à la garde de Henri, comte de Lancastre, lors de sa détention à Kenihvorth. (Barnes,20.) Au lieu de /e /tara , c'est , sans doute , Henri de Persy qu'il faut lire.

3. Le 20 novembre 1326, le roi étant à Monmouth, l'évêque d'Herefort y Vint, chargé par la reine et son fils de lui demander le grand sceJ : après quelque hésitation, Edouard le remit à William le Blount, en présence du comte de Lancastre et autres seigneurs. (Rymer, II, part II, 169.)

»t CRONICQUES D'ENGLETERRE. [132(;j

Alors estoient tous les barons d'Engleterre à Londres ; • sy firent faire leurs pourveances pour aler audit Parlement, ouquel iieu le roy Edouard ne voult nullement \enir; mais , nonobstant ce que le roy Edouard n'y volt oncques vcnir^ aios jura la foy qu'il debvoit à Dieu que jà n'y metteroit le pied , pour lequel refus les grans barons et le Clergié d'Engleterre consentireni: et concludrent que jamais ne seroit roy. Ains couronnèrent* sire Edouard y son filz, qui des lors estoit duc de Guienne. Sy envoyèrent, tout d'un commun accord, devers le roy Edouard, le père, sire Jeban de Garenne', sire Jeban de Botlionne, evesque de Ely, sire Henri de Persy', baron, et sire Jehan^ 1 russel, clievalier, qui, en son temps , estoit avecq le conte Tbomas de Lanclastre, pour rendre sus les bommages, pour eulx et tous ceulz d'Engleterre. Sy pronuncba les parolles messire Jeban Trussei, disant en cette manière : « Sire Edouard, nous sommes cy envoyés devers vous de par les Esuats de ce présent royaulme d'Engleterre, pour ce que, en vostre temps que avez lengné roy, avez gouverné le royaulme mauvaisement , au grant dommage et desplaisir de tous les nobles et ie commun peuple, et, avec ce, en avez fait morir, à tort et sans cause, des plus grans; et grant foison des nobles bommes avez decbassiés et desberités ; mais, la Dieu mercy, je suppose que desoremais on ne vous souffrira

i. Le 1" février 1327. (Rymer, II, part. II, 172.)

2. Jean de Varren, comte de Surrey, mort le 24 avril ISliJ. (Dugdalc,

3, Henry de Persv, créé baron en i33G ou 1337, mort le 28 février 13b2. (Dugdale, î, 273-275.)

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