‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 3)Chapitre 38 sur 129 · William. Voy. p. âG, note é · texte numérisé non relu

William. Voy. p. âG, note é

[1320] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, xxxvii. 83

plus faire nulles telles cruauîtés ; et aussy pour ce que n'a\'ezvolu venir à vostre Parlement [de Westmonstier], lequel vous aviez fait establir, comme plainement il appert par vos lettres patentes, lequel estoit ordonné pour traittier avecq vos hommes, comme ung bon roy doibt faire , dont , par le commun assentement de tout le baronnage d'Engleterre, par lequel nous sommes envoyés devers vous, je vous dis et prononche ces paroUes : c'est ascavoir, sire, que tous les barons d'Engleterre ensamble ont esté d'acord et veuilent que jamais ne soies plus leur roy; ains vous ont deporté et deffait à toujours de vostre royaulrae. »

Apres ces paroles, l'evesque de Ely lui dist : « Sire Edouard, je vous rengs foy et hommage pour les archevesques et evesques, et, généralement, pour tout le Clergié du royaulme d'Engleterre. » Apres cette prononcation de l'evesque de Ely, sire Jehan de Garenne, conte, encommenca de parler et dist : « Sire Edouard, je vous rengs aussy, sire, foy et hommage pour moy et pour tous les contes d'Engleterre. » Puis le sire de Persy parla, et dist : « Sire, je vous rengz foy et hommage pour moy et tous les autres barons du royaulme. w Puis parla sire Jehan de Trussel , et dist : « Sire Edouard, je vous rengs foy et hommage pour moy et tous les autres chevaliers, et pour tous ceulx qui, par sergantise ou aultrement, tiennent de vous; par tel sy que, de ce jour en avant, jamais plus ne serez tenu pour roy, ains ne serés tenu que pour ung singulier homme populaire. » Et atant finerent leurs parolles : sy s'en partirent de là, et s'en retournèrent à Londres, où le baronnage les attendoit. Et sire Edouard fut remys en prison, où il fut bien gardé de ceuk qui

commys y estoient. Et fut ce fait le jour de la conversyon saint PoP, le xx" an de son règne.

297. Prophétie Merlin declairié de ce roy Edouard filz au bon roy Edouard. XXXVIIl.

Inédit *.

298. Comment le jenne Edouard fut couronnez. Et comment à messire Jehan de Henault furent donnez quattre cens marcs d'estrelings de revenue. Et comment le roy d'Escoche deffia le roy d'Engleterre. XXXIX.

Cf. Fr., livre I, part. ï, cli. xxvn-xxviii.

299. Gomment le jenne roy Edouard fist sa semonce de gens d'armes, en Engleterre et ailleurs, especiallement à messire Jehan de Henault qui le vint servir à belle compaignie. XL.

Cf. Fr., livre I, part. ï, ch. xxix-xxx.

300. Comment discention ee meut entre les Hennyers et aulcuns Anglois. Et comment les dis Hennyers furent en grant meschief l'espace de troix sepmaines. XLL

Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xxxi-xxxri.

301. Gomment le jenne roy Edouard se parti de Bervic pour aler contre les Escots, qui estoient entrez en Engleterre. XLH.

Cf. Fr., livre I, part. I, cli. xxxm.

302. La manière du maintieng des Escots quant ilz sont en guerre, et de Fordonnance des Anglois qui se cuidoient combatre à eulx. XLHL

Cf. Fr., livre I, part. I, di. xxxiv-xxxv.

i. Le 23 janvier 1327. Selon Carte ( II, 382) , ce fut le 20.

2. Nous n'avons pas compris ce cliapitre dans nos extraits des clironiques d'Angleterre, parce que le récit des principaux événements du règne d'Edouard II y est tellement mélangé de citations des propliéties de Merlin , et de l'application de ces pro])liéties aux divers actes de ce prince , que la lecture en aurait été rebutante et la publication sans utilité.

[1327] PREMIÈRE PARTIE , LIVRE VI, xxxvn-XLix. 55

303. Le grant traveil que eurent les Anglois en poursievant les Escots ; de la manière de leurs logis, et comment ils chevaulcherent ordonneement jusques à Tliim. XLIV.

Cf. Fr., livre I, part. I, cb. xxxvi-xxxvn.

304. Des grans mesaises et famines que les Anglois souffrirent en leurs logis , sur la rivière de Tliim , en querant les Escotz , leurs ennemys. XLV.

Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xxxvm-xxxix.

305. Comment le roy d'Engleterre oy nouvelles des Escots, et comment il ordonna bien à point ses batailles contre eulx. XLVI.

Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xl-xi.t.

306. Comment, après ce que les Anglois et les Escotz eurent ainsy esté tout le jour l'un devant l'autre, sans eulz combatre, messire Guillame de Douglas vint vaillamment , la imyt ensievant, escarmucer les Anglois. XLYIÏ.

Cf. Fr., livre I, part. I, ch. xlii-xliii.

307. Comment les Escotz s'enfuirent par nuyt , et des Anglois qui retournèrent en Engleterre. Et du mariage du roy Edouard d'Engleterre à la fille du conte Guillame de Henault. XLVIil.

Cf. Fr., livre I , part. I, ch. xliv-xlv.

308. Cy parle de la mort sire Edouard de Carnarenan, jadys roy d'Engleterre. XLIX.

Or dirons maintenant de sire Edouard de Carnarenan, jadis roy d'Engleterre, lequel fut depposé de sa royaulté par croire faidz conseils de ses desloyaidz serviteurs et losengiers , qui le decheuprent , îesquelz furent destruis par leur faulseté , comme il le pleut à Dieu, ainsy que vous avez oy.

Cestui Edouard esloit prisonnier ou cliastel de Bercler*, en la garde de messire Jehan Mautravers, auquel,

i. "Rerkelev-Castle. I.e roi y fut conduit le 3 avril 1327, et commis

56 CROîtlCQUES D'ENGLETERRE. [1327]

et à ses aiiltres gardes, il demandoit souvent pour quel cause il estoit sy mal de la royne Yzabel, sa compaigoe, et du sire Edouard, son filz, qu'ilz ne le vouloient veoir ne visiter. A quoy l'un de ses gardiens lui respondy une fois , et dist : « Mon très redoublé seigneur , n'ayez desplaisance en vous se je vous dy roccasioD, Il est vérité que on a fait entendant à madame la royne et à monseigneur vostre filz que, se ilz venoyent près de vous pour vous veoir et visiter, que vous les estrangleriés, ou occiriés par aultre manière.» Et lors respondy le roy, moult simplement : « Et comment donc ? ne suis je pas en prison ? de moy pevent faire leurs voulenlez. Dieu, mon benoit créateur, scet que oncques ue le pensay , ne n'euch vouloir de ce faire. Je vov et congnoy, aux seignes qu'ilz me monstrent, que je vaulz que mort. Pleust à Nostre Seigneur que ainsy feust; car alors seroient mes douleurs toutes passées ! »

Ne demoura gueres, aprez ces choses, que le jenne Edouard , par le conseil de Mortemer, cbanga les gardes de messire Edouard, son père ; lequel il bailla à sire Thomas Gorne et à sire Jehan Maulravers*, par sa commission, en le oslant à sire Henri' Moris qui,

successivement à la garde de Thomas, seigneur de Berkeley, de Jean Montravers et de Thomas Gournay. (Tli. Carte, II, 384 ; Dugdale, I, 356.)

•1. Jolin Bîahravers, senior, s'enfuit en Allemagne après le meurtre de Edouard II. Condamné à mort en 1329 ou 30, il demanda la révision de son jugement et finit par être absous par le parlement. Mort le 16 février 1364. (DugdaU-, II, 101 et suiv.)

2. Le roi Edouard passa de la surveillance de Henry de Lancastre (voir p. lil, n. 2), au cliâirau de Kenil^Tonil, à celle de Thomas de Berkeley, au château de ce nom; mais ce seigneur, traitant son prisonnier avec trop de respect, ne tarda pas h lui être été. Au bcu de Thomas,

[1327] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, xni:. 57

paravant , le gardoit. Et les dessus dis le menèrent ou diastel de Corses*.

Iceulx sire Thomas Gorne cl sire Jelian Maulravers heoient de mort ce sire Edouard ; iesquelz le gardèrent en la prison jusques à la saint Tdahieu , l'an de grâce mil trois cens xxvn, que messire Rogier de Morteraer leur manda la manière de la mort du dit sire Edouard, Iesquelz, oyans le mandement qui leur vint à l'heure du soupper, regrettèrent et plaindirent moult la mort du dit sire Edouard, père du roy; lequel ne scavait riens de la grant trayson qui lui estoit compassée, à cause de sa mort.

Quant le dit syre Edouard eult souppé, et qu'il fut heure d'aler dormir, il s'en ala en sa chambre couchier sur son lit; et lors que les parvers et desloyaulx traîtres sceurent qu'il estoit endormis, iiz entrèrent en la chambre, avecq eulx leurs satalites, puis mirent une très pesant table dessus son corps ; laquelle i!z pressèrent moût fort, et adont le dit prince s'esveilla, et, pour paour d'estre occys, se tourna le ventre desseure. Adont les desloyaulx traîtres foursenés prindrent une grosse corne perchyé tout oultre, laquelle ilz lui boutèrent au fondement aussy parfont comme ilz peurent, puis prindrent une broce de ceuvre% toute rouge de feu, sy lui boutèrent dedens le corps parmi la ditte

Waviin met Henri. ]\îaurlce était frère de Thomas : il mourut le 12 février 134a, et Thomas le 27 octobre 13C1. (Dugdale, I, 3oli- 359.)

1. Corfe-Castle. Selon Th. Carte (II, 385), Édou.ircl fut détenu en premier lieu au château de Kenilworth , puis successivement à ceux de Berkeley, Corfe, Bristol, et transféré de nouveau à Berkeley, où il fut assassiné.

Page 1