‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 120 sur 128 · a Le troisiesme jour de juillet. » (Id · texte numérisé non relu

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l’ambaxade de Bretaigne , et puis ceulz du conseil du duc , tous vestus et parez moult richement. Puis venoient aprez, par ordre, tous les officyers domesticques de l’Hostel du duc; puis sievoient les chevalliers et chambellans dudit duc , puis les princes et grans seigneurs, habilités moult richement. Aprez yceulz sievoient tambourins , menestrelz, trompettes, dat ons, heraulz et rois d’armes, vestus chascun selon son estât en très grant nombre; puis aboient les quatre sergans d’armes du duc, portans leurs mâches. Et aprez venoit la dame , assise en une litiere moult richement couverte de drap d’or sur velous cramoisy, entour laquele littiere esloient xii chevalliers portans l’Ordre du duc, et des plus graus, tous à pie, tenans main à la littiere; ouquel estai s’en allèrent tous jusques à l’Hostel du duc. La dame estoit vestue d’un surcot de drap d’or pers, et sa robe estoit de drap d’or blancq, à grandes assises, comme journades sans manches, et par dessus avoit un g manteau de drap d’or cramoisy, qui le couvroit par derrière seullement. Elle avoit ses cheveux pendans quy estoient moult beaulx , et une très riche couronne sur son chief. Icelle litiere sievoient dix damoiselles montées sur belles haquenees blanches, moult richement enharneschiés et aournees; puis aboient trois cliariotz moult richement attelez et couvers de drap d’or cramoisy, et puis trois autres , couvers de drap vermeil de laine. Puis y estoient les marchans de Bruges, de diverses nations, moult richement parez et habilités: c’est à scavoir, Genevoix, Florentins, Lombars, Espaignars, Ostrelins et Anglois. Les Genevoix, qui estoient chinquante hommes, alloient premiers à pied, chascun vestu de blancq, por-

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tans une torse en la main, ardant decoulleur blance et bleue; le cbief desquelz alloit tout derrière à cheval, houchie de drap damas, derrière luy trois pages paîeillement liabilliés ; puis alloient xl hommes de cheval, les aulcuns vestus de soye, de satin figuré cramoisi, et les autres de satin omple cramoisi, lesquelz avoient tous pourpoins de satin verd. Puis alloient lx hommes de Florentins, à pied, portans chascun une torse ardant, rouge et verde, vestus de robes de pareille coulleur; derrière lesquelz venoit leur capitlaine [à cheval] , vestu et houchié de satin cramoisi , trois pages derrière lui, pareillement habilités; aprez lequel venoient l hommes de cheval , tous vestus de robes de satin verd. Ceulz cy sievoient l Lombars à pié , portans chascun une torse bleue ardant , vestus tous de robes bleues, leur capiltaine [à cheval], houchié et vestu de pareil ; trois pages derrière luy, pareillement houchiés ; puis venoient l hommes à cheval , vestus de damas blancq. Aprez venoient lx Espaignars à pié , vestus de rouge , atout torses ardans ; derrière eulz leur capittaine, atout quatre pages, tous vestus et houchiés de veloux cramoisi , portans barrettes de mesmes ; devant lequel capittaine alloient quatre trompettes , et si le sievoient lx hommes de cheval ; les xxx vestus de pourpoins de vellous noir et robes de cramoisi, tous portans barrettes de pareil ; les autres xxx estoient vestus de satin figuré noir, chascun son page aprez luy, allans à pié en pourpoins de noir vellous et journades de cramoisy, atout barrettes pareilles , tenans chascun l’estriviere du cheval de son maistre.

En ce point allèrent tous les dessusdis jusques à

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J’hostel du duc ; mais, adfin que je ne le oublie à dire, à l’entree de la dame en la ville de Bruges furent fais, parmy les rues où elle passa, plusieurs notables misteres et plaisans au regarder ; et es quarfours des rues, especiallement , estoient bestes saulvages de diverses maniérés, dont les unes incessamment effondoient vin , et les autres claré , et les autres ypocras ou let.

La princesse, doncques, venue àl’hostel du duc son mary, fut recheue par la dame mere du duc, par sa niepce1, fille dudit duc , et autres pluiseurs nobles dames et damoiselles, qui layans estoient comme sans nombre ; et , tost aprez , elle fut assise au disner qui estoit tout prest. Si asseyrent à celle table la dame mere du duc, la dame d’Arguel2 et madamoiselle Marie de Bourgoigne : et les autres dames et damoiselles furent assises auz autres tables ; mais le duc tint son estât à part.

Aprez disner, jousterent l’un contre l’autre le seigneur de Ravestain et messire Anthoine, bastard de Bourguoigne; puis retournèrent tous au soupper, qui fut moult noble et plentureuz de divers metz et riches entremetz, quy trop serroient longzà raconter : pour tant m’en passe en brief, adfin d’escbiever prolixité ; mais tant en dy je, en somme, qu’en mon tempz jà n’ay pas oy parler de feste mieulz estoffee en toutes choses, comme la mangnanimité du duc le requeroit, ainsi que scevent tous ceulz qui le congneurent 3.

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