La Mer Noire
08 CRONICQUES D’ENGLETERRE [1444]
sitost que ilz furent venus, demandèrent a qui estoient les gallees et les gens estans dedans, et de par qui ilz estoient là venus. On leur dist que au duc de Bourguoigne : à quoy ilz respondirent que pas n’avoient guerre au duc de Bourguoigne, en demandant la cause pourquoy il les venoit guerroyer : et on leur dist : « Au commandement de nostre saint pere le Pape, qui envoie toute ceste présente armee en ce destroit, au secours et ayde du roi de Hongrye.» Mais prestement ilz dirent que leTurq, leur seigneur, avoit bonne paix au roy de Hongrye , et qu’ilz le monstreroient souffisammentpar la probation de son seel; offrant, plusieurs fois, de aller quérir les lettres du traitié , priant que on les voulsist voir. Si conseilloit le capiltaine de Hongrie au seigneur de Wavrin qu’on les leur laissast aller quérir, et qu’il les verroit voullentiers : ce que enfin leur fut acordé. Si s’en retyrerent en un chastel séant sur la riviere la Legro *, puis tantost revindrent, et leur raporterent le traitié fait entre le grand Turcq et le roy de Hongrye, lequel fut bien veu au long : et samblait au dit capittaine des gallees que la paix estoil bien faite, et que on n’avoit cause de guerroyer; mais n’en donna rien a congnoistre auz turcqz, ne ne fist on quelque sambîant de voulloir pourtant cesser la "lierre.
Les turcqz avoient aussi desja esté monstrer le dit traitié de paix à nos crestiens de l’armee estant devant Gallipoly ; si fut lors le seigneur de Wavrin conseillié de soy traire en Constanti noble , adfm de advertir l’empereur de ces nouvelles , et aussi au cardinal de