‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 16 sur 128 · L 'Ægos-Potamos, aujourd’hui Kodja-déré · texte numérisé non relu

L 'Ægos-Potamos, aujourd’hui Kodja-déré

SIXIÈME PARTIE, LIVRE 1er, xi.

Venise, légat de l’armée du Pape. Et quant il vint au port de Constantinoble, y estoit desja arrivée une des gallees de devant Gallipoly, qui aportoitau dit cardinal samblables nouvelles.

Quant le seigneur de Wavrin vint devers le cardinal de Venise, il le trouva bien esbahy des nouvelles d’ycelle paix ; mais, ainsi qu’ilz estoient ancores illec ensamble, arriva l’un des trois messagers de Hongrye, lequel présenta ses lettres de par le cardinal de Saint Angele, qui contenoient en brief, aprez toutes recommandations, que se.ilz ouoient aulcunes nouvelles que paix feust entre le roy de Hongrye et le grant Turcq, qu’ilz n’en voulsissent riens croire, et que le roy de Hongrye, à grant puissance, partant ou mois d’octobre, passeroit la Dunoue et enterroit en Grece pour la reconcquerre ; et que, à toute dilligence, on gardast bien le passage contre les turcqz. D’oyr lesqueles nouvelles chascun fut moult joyeux, combien que, paravant, ilz ne scavoient que conseil prendre entr’eulz, c’est à scavoir là demourer, ou s’en retourner. Mais ilz furent, par la teneur de ces lettres, confermez. Si fut prestement ordonné que chascun retourneroit à sa garde sur les destrois ; et renvoya le cardinal sa gallee, qui lesdites nouvelles luy avoit aporté, devers son armee devant Gallipoly, leur nunchier le contenu des lettres venans de Hongrye; priant que, pour Dieu, ilz gardassent bien leur passage. Et le seigneur de Wavrin s’en retourna vers ses gens quy l’atendoient sur la bouche de la Mer Majour, ausquelz il raconta les dites nouvelles de Hongrye, desqueles tous furent resjois.

Tautost aprez fut nunchié , par marchans gene-

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vois, à nos crestiens, que le grant Turcq, quy estoit adverty comment le roy de Hongrye avoit rompu la paix, amassoit grans gens, là où finer les povoit ; et s’apprestoit pour passer le destroit de Constantinoble , de la Turquye en Grece. Et furent infourmez le seigneur de Wavrin et le capitaine des gallees du roy de Hongrye, que le dit Turcq venroit passer à l’endroit de leur garde, pour ce que ceulz de devant Gallipoly estoient trop puissans ; car ilz avoient plus de xx gallees : et si furent ancores advertis que les genevois voulaient dutout favoriser le Turcq à leur povoir, comme il estoit vérité, ainsi que vous orez ; car les dis genevois, par nuit, faisans semblant d’ aller peschier, menoient plusieurs grans bracques ausdis turcqz en ung chasteau nouvel fait, environ ledit destroit, sur une riviere courant qui là descendoit, dont ledit seigneur de Wavrin et les Hongres ne se donnoient garde; car lesdis genevois faignoient estre leurs amis; lesquelz, quant ilz revenoient de Turquie en Constantinoble, passant parmy la dite armee, ne raportoient que bourdes et menclionges. Et aulcuns vénitiens, quy faillirent estre genevois, passèrent en Turquie; lesquelz, à leur retour, raporterent certaines nouvelles qu’ilz avoient veu au chastel neuf bien xxx grosses barques bien sievees 1 2 et en point de rimes, et autres choses quy avoient à ycelles mestier, lesqueles barques avoient esté livrées auz turcqz par les genevois; et que le grant Turcq, nommé Moratbay, avoit mandé en la Grece, par les dis genevois, à Chailly le Basac a,

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