‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 17 sur 128 · Khalil-Pascha. (Hammer, II · texte numérisé non relu

Khalil-Pascha. (Hammer, II

[1 444J SIXIÈME PARTIE, LIVRE Pr, xi-xii.

gouverneur de la Grece et gardien de son fils, nommé Machometbay *, que, à toute la puissance que finer porroit en Grece venist au plustost que possible lui seroit, par ce costé, sur le rivage du destroit de Constantinobie, atout autant de bombardes et de canons qu’il porroit finer, à l’endroit du cliasteau neuf; et que, au jour qu’il y mettoit, y seroit atout une partye de sa puissance.

1113. Comment le Turcq, atout son armee, passa l’estroit de la Mer Majour, sans ce que nos gallees l’en peussent oncques destourber. XII.

Les nouvelles dessus dites oyes par le seigneur de Wavrin et le cappitaine des gallees de Hongrye, atout leur navire visitèrent le destroit, depuis Constantinoble jusques à la bouche de la Mer Majour, pour expérimenter en quele maniéré ilz se pourraient conduire ou maintenir en destourbant audit Turcq son passage. Sy veyrent que la mer y estoit si estroite que une cullevrine porroit tyrer d’un bort à l’autre , c’est à scavoir de la Turquye en Grece , et de Grece en Turquye; et que, journellement, les turcs du neufchastel tyroient canons qui passoient par deseure les gallees. Lesqueles choses considérées, ilz eurent advis et deliberation ensamble que, se le Turcq venoit à puissance du costé de la Turquye et son capittaine Chailly de Basacq de l’autre lez, atout canons et artillerye, il leur serrait impossible tenir audit destroit, ne tenir le passage. Et aussi que la Mer Majour est une mer où il n’a que une bouche d’entree; car il lault que

J . Mahomet 1 1 .

tous ceulz quy y entrent vuident par là. Toutes les plus grosses rivières du monde , qui descendent en la dite mer, rendent si grant courant au dit destroit, que à grant paine, à rymes, peult monter un gallee contremont ; et ainsy ils envoierent devers l’empereur de Constantinoble, messire Gauvain Quieret, seigneur de Dreves, et Jehan Bayart, trésorier de l’armee, en lui signifiant que impossible estoit à eulz defïendre le passage au Turcq, tant qu’il euiest les deux rivages pour luy, c’est à scavoir de Turquie et de Grece; et que, pour Dieu, il voulsist amasser toute sa puissance pour combattre les turcqz qui vendroient par le costé de la Grece ; et que le dit seigneur de Wavrin se offroit de vuidier, avec tout ce qu’il avoit de gens, hors des gallees, et estredes premiers à la battaille. Et, avec ce, fut signifié au cardinal de Venise, estant en Constantinoble, qu’il voulsist inciter l’empereur de tout son povoir, adfin de pourveyr auz choses dessus dites, et que hastivement on donnast la battaille à ceulz de la Grece; c’est à scavoir, à Chailly de Bassacq quy venoit à grant puissance de ce costé pour se joindre avec le Turcq.

Quant l’empereur oy ces nouvelles, il respondy et dist en tele maniéré : « Je n’ai que ceste cité de Constantinoble, où il n’y a gueres de peuple; si je les fay aller à la battaille, je les congnois qu’ils ne sont gueres puissans : je ne voeil pas mettre moy et ma cité en adventure de perdition totalle ; car, Constantinoble perdue, tout l’empire de Grece seroit conquesté legierement par le Turcq. Faites le mieux que vous porrez; quant là vendra, je vous envoieray à secours deux gallees. » À quoy les dis seigneurs de Dreves et Jehan

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Bayard respondirent : « Il est impossible c|ue gallees se puissent tenir au destroit, tant que les deux rivages soient occupez par les turcqz. » Mais, ce nonobstant, autre responce ne peurent, yceulz commis, avoir de l’empereur; laquele ils reportèrent auz dis seigneurs quy les avoient envoyez, et, pourtant, conclurent de faire chascun le mieux qu’il porroil , et atendre tele adventure qu’il plairoit à nostre seigneur Jhesucrist eulz envoyer.

Les turcqz quy, comme dit est, estoient favorisiés des genevois, trouvèrent maniéré, par nuit , au dessoubz de Gallypoly, de , au desceu des nostres estans es gallees, passer une partye de leurs gens ; et conseillèrent au grand Turcq de sa personne venir passer au destroit de Constantinoble, à l’endroit du chasteau neuf.

Environ aussi le xve jour d’octobre , an mil quatre cens xliiii , le dessusdit Cliailly de Basacq , à toute la puissance deGrece, à scavoir vu ou vm mille turcqz, vint prendre et occuper le droit rivage du destroit de la mer, vers la Grece; en tyrant auz gallees de canons et de cullevrines que leur avoient baillié et delivre les genevois de la ville de Perre1. Et veoient ceulz de nos gallees aller et venir yceulz devers les turcqz : sy tyroient aussi ceulz des gallees aprez eulz. Mais ilz avoient pyeur party ; car les turcqz , qui estoient du costé de la terre , se povoient tauder ou pavisier, et eulz non.

Lendemain, au matin, vint le grant Turcq du costé de la Turquie, atout environ trois ou uum combatans,

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