Oire, Oirrf, voyage , allée , venue
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1440]
gnault de Confide et messire Gieffroy de Thoisy *, lesquelz lui racontèrent de leurs nouvelles comment ilz avoient besongnié, et luy dirent comment ilz avoient esté en Trapesonde devers l’empereur : et que ledit de Thoisy, atout une gallee, s’estoit esvanuy % au deslos1 2 3 4 du dit empereur de Trapesonde, sur la costiere de la Géorgie , pour ce qu’il avoit entendu que là devoit passer ung gros vaissel chargié de grosses marchandises, le cuidant concquerre, ja luy deist le dit empereur de Trapesonde qu’ilz estoient crestiens; non obstant laquele chose ne s’en voullut déporter, allegant qu’il avoit commandement de guerroier tous scismaticques non obeissans à nostre Saint Pere ; mais aulcuns Gréez de Trapesonde le nuncherent à ceulz du pays ; pourquoy ilz, parchevans venir la gallee, se misrent en armes et en embusche, laissant descendre le dit messire Jeffroy à terre au port de Yaty \ quy avoit grant voullenté de pillier le village : et quant il aprocha les embusches, ilz saillirent sur lui. Si tuèrent T>eaucop de ses gens, et le prindrent prisonnier; et ceulz qui se peurent saulver rentrèrent en la gallee, raportant que leur maistre estoit prisonnier : ce que les patrons avoient bien veu ; mais ne sca* voient s’il estoit mort ou vif, pourquoy ilz misrent une tente noire sur la poupe de la gallee, en signe de duel. Si arriva ycelle gallee en Caffa, trois jours aprez le
1 . U faut ici quelque autre nom que celui de Geoffroy de Thoisy, qui, nous allons le voir, était alors prisonnier des Turcs. S’agit-il, dans le présent passage, de son frère Jacot de Thoisy ?