Deloeb, Desloee, blâmer; d’où, sans doute, Deslos. blâme
4. Vati des cartes du moyen âge ; aujourd’hui Poli, en turc Foti.
[1445] SIXIÈME PARTIE, LIVRE Ier, xvi. 97
seigneur de Wavrin, auquel ilz comptèrent tout; ce dont il fut moult doullent. Si eut advis que, hastivement, le dit messire Régnault Confide retourneroit en Trapesonde, atout les dites trois gallees, prier à l’empereur du lieu, en son nom, que, pour Dieu et de sa grâce, il voulsist envoier au pays de la Géorgie pour scavoir se messire Geffroy de Thoisi estoit mort ou vif; et, s’il estoit en vye, que, pour l’amour du prince à qui il estoit, voulsist tant faire qu’il feust mis à délivrance et rendu en ses mains.
Prestement, la conclusion prinse, le dit messire Régnault party, atout les trois gallees, de Caffa, et alla devers l’Empereur de Trapesonde ; auquel il fist son message et bailla les lettres du seigneur de Wavrin : lequel Empereur fist incontinent grant diligence d’envoier au pays de la Géorgie, par tel fachon que le dit messire Geffroy luy fut rendu, et il le remist saul veinent en sa gallee \
Ce fait, le seigneur de Wavrin, qui voulloit tenir la promesse par luy faite à messire Pietre Vast et auz seigneurs de liongrye, se party de Caffa 1 2: et alla tant
1. U était resté prisonnier tout le mois de mai. Vov. X Appendice, n° 1 .
2. Il paraîtrait que le seigneur de Wavrin perdit en cet endroit une galiotte; car le duc de Bourgogne la réclama par deux fois. Voici l’ana* lyse que M. Gachard donne d’une de ces deux réclamations, cc Lettre de sommation du duc Philippe de Bourgogne au duc et aux anciens du conseil de Gênes, de restituer à messire Waleran de Wavrin, son conseiller, chambellan et capitaine général de l’armée de mer, qu’il avoit envoyé dans le Levant contre les Turcs, la galiotte que les Génois avoient saisie à Caffa. Bruges, le 1er décembre 1449. » L’autre est datée de Lille, le 15 décembre 1450. ( Compte rendu des séances de la Commission royale d'histoire , tome XI, page 188.)
08 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1445]
par la Mer Majour, qu’il rentra en la riviere de la Dunoueet arriva au port de Brilago, auquel vint, trois jours aprez, le dit messire Pietre Vast, avec luy ung chevallier de Hongrye; lesquelz racontèrent au seigneur de Wavrin comment, quant ilz vindrent à Bude, et que, là, ne scavoient milles nouvelles du roy de Hongrye, ilz se trouvèrent bien esbahis ; mais ilz furent advertis que le conte Pallatin *, le vaivode de Hongrye et tous les seigneurs du pays estoient assamblez au dit lieu de Bude, où ilz tenoient un grant Parlement. Si leur fist signifier messire Pietre Vast qu’il estoit là venus de par le capittaine general du duc Phelippe de Bourguoigne ; et prestement les seigneurs, en grant reverence. l’envoierent quérir. Lequel, quant il fut venu devant eulz et les eut saluez, leur dist :
« Messeigneurs, cuidant que le roy feust ycy en son royaulme , je luy aportoie lettres de par le lieutenant general du duc de Bourguoigne en ceste partye, lesqueles, en son absence, je vous présente. »
Quant les seigneurs eurent recheu les lettres, ilz firent retraire le chevallier en une chambre : et, lorsqu’ilz eurent leu le contenu en ycelles, ilz le rappellerent et luy allèrent demander du passage du Turcq, ausquelz il en compta la vérité, et pour ce que l’Empereur de Constantinoble avoit abusé toute l’armee de mer, le dit capittaine general s’estoit party de Constantinoble et entré en la Mer Majour, pour encquerir la vérité du roy de Hongrye : lequel cappitaine se presentoit à eulz , atout vi ou vu gallees, en cas qu’ilz voldroient faire nouvelle armee, et qu’il se joinderoit