‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 29 sur 128 · Voy. ci-dessus, page 100, note · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, page 100, note

2. Et ^e, telle est la leçon fort lisible du manuscrit. Cela paraît vouloir dire : Et pourtant. Peut-être faudrait-il lire Et ce, ou bien encore Et je.

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et iuy dites que nous avons ung seigneur auquel nous avons longuement obey et servi; si ne congnoissons autre seigneur, ne n’en povons avoir deux. »

Le seigneur Saoussy, oiant ceste responce, changa coulleur et contenance, monstrant signe de doulleur, par quoy on parcheut bien que la responce ne luy pleut pas. Et aussi il avoit là ung truceman quy racontait au seigneur de Wavrin tout ce qu’on disoit d’un costé et d’autre.

Et lors, incontinent le parlement fine, les Sarrazins commencèrent à gecter canons contre ceulz des gallees, lesquelz, pareillement, gecterent en la battaille des turcqz, quy s’enfuyrent autant qu’ilz peurent, par grans tropeaulx , comme moutons quant le leu se frape au milieu ; puis s’en retournèrent nos seigneurs devers le cardinal , auquel ilz racontèrent comment ilz avoient besongnié.

Ce fait, les seigneurs de la Vallaquie allèrent devers le dit Saoussy, et firent tant qu’il s’avoullenta de descendre en terre avec eulz ; si manda le seigneur de Wavrin venir devers luy, auquel il déclara qu’il voulloit descendre sur terre avec les seigneurs Vallaques, auquel le capittaine respondy : « Et comment ! vous m’avez fait promettre, par serment, que je ne vous livreray à nul autre que auz seigneurs de Hongrye. Vouliez vous que je faulse maintenant mon serment? » Et le seigneur Saoussy luy replicqua, felonneusement : u Ne suis jou pas en ma francise, pour aller où il me plest? me tenez vous pour vostre esclave ?» — « Adont, lui dist le seigneur de Wavrin, venez avec les seigneurs Vallaques devers le cardinal, moy quitter devant luy la promesse que fait vous ay ; et puis allez où bon

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vous samble; » comme il fist. Puis, incontinent, luy et tous ses turcqz descendirent à terre ; si s’en allèrent vers le seigneur de la Yallaquie. Et, pour ce qu’on perdoit tempz devant ceste ville de Triest, tant qu’il y eust tele multitude de turcqz, il fut conclu de lever les ancres et transmonter la riviere, pour s’en aller joindre auz Hongres, le plutost qu’on pourroit, devant la ville de Nicopoly. Et pour ce que le bescuit estoit failly es gallees du seigneur de Wavrin, par la longueur du tempz qu ilz avoient este sur la mer (si n’avoit que bledz et farines que les Vallaques leur livroient) , il s’acorda avec le cardinal de partir une heure ou deux devant luy, et yroit tant qu'il trouveroit place pour faire grans feux et charbons à cuyre la dite farine ; car autre pain ilz n’avoient, que les wasteaux 1 qu’ilz faisoient journelement sur le charbon, et aulcunes fois les compaignions et galliotz ne mengoient que bled cuit. Et quant le seigneur de Wavrin fut partv, le fil z du seigneur de la Vallaquye le poursievy, costoiant la terre atout ses manocques. Sy advint que le dit seigneur de Wavrin, pour le bon vent qu’il avoit, non sachant ou il estoit, arriva à une lieue prez d un chasteau turcquois, nommé le chasteau Turquant, où il trouva bois et lieu convenable à faire le charbon. Si descendirent à terre, pour faire pitance. Et, lors, le filz de la Yallaquie, quy ne povoit aller si fort à rimes comme les nostres à voilles , venoit derrière; lequel, quant il vey le capittaine ancré, il envoia des plus notables de ses Vallaques vers luy, dire en tele maniéré : « Le filz de la Yallaquie se recommande à

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