‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 32 sur 128 · Aisselles, petits ais, planches · texte numérisé non relu

Aisselles, petits ais, planches

2. Crombioit, cour boit. Cronbir, rendre courbe. (HÉgart, Dictionnaire ouchi- français .)

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sinon par le bacicol et les allées de bois, où ilz ne se povoient plus tenir, pour les canons , arballestriers, culvriniers et arcliiers ; mais ilz deffendoient bien leur montée, à cause d’une frenestre et deux barbacannes de pierre bien mâchonnées , telement que ceulz quy assailloient la montée, et voulloient monter contre mont, estoient souvent ruez jus et leurs pavaiz rompus, dont il en eut plusieurs blecliiés. Et fut l’assault deffendu , pour ce que c’estoit chose impossible de prendre la dite tour par la montée. Si envoia le capitaine quérir en ses gallees gros barreaulz de fer, fais à pié de chievre, et commencbier à miner la tour, non sachant qu’elle feust simassiche; mais ung Vallaque lui fist dire que quant la dite tour fut faite il estoit esclave aux turcqs, non prisonnier : si portoit les pierres au dit ouvrage et le mortier; parquoy il estoit certain ycelle estre toute massicbe, aussi avant que la dite montée estoit haulte ; dont les assaillans furent moult esbahis, disant qu’elle serroit imprenable. Et toutesfois les turcqz parlementoient auz Yallaques, par semblant fainct d’eulz voulloir rendre : mais ce n’estoit que pour faire cesser l’assault; car ilz ne tenoient chose qu’ilz promeissent. Si sambloit bien qu’ilz atendissent aucun secours briefment ; parquoy le dit capittaine eut conseil avecques les Vallaques qu’on abatteroit les pallis de bois de la basse court, et que cbascun , endroit soy, aporteroit autant du dit bois qu’il pourvoit, et le metteroit contre le pan du dit mur quy estoit au radot du vent1; et tant en y gecteroit on, qu’il atainderoit jusques au bachicol, quy

1 . Au radot, à l'abri. Rados, ce qui met à l’abri élu veut. (Rocjuufort.)

lis CROMCQUES D’ENGLETERRE. [1445]

pareillement estoit charpenté de bois. Auquel bois porter furent les premiers commenchans le dit seigneur de Wavrin et le filz de la Yallaquie : sicque les autres, de grant corage, se penerent d’en porter autant qu’ilz povoient; telement qu’en moins de deux heures , c’estoit merveilles du bois qu’ilz y portèrent, tant en fagos comme autrement. Si le firent monter jusques au bacbicol, tout à leur aise, sans destourbier. Et avoient beau faire , car turcq n’y avoit nul si hardy qui se ozast amoustrer auz deffences, ne tenir es galleries, pour les canons et cullevrines quy y frapoient , et si n’avoient autre lieu pour deffendr'e la dite tour.

Cest assault commença à solleil levant, la nuit saint Jehan Decollace *, l’an mil mf et xlv : et firent une ordonnance, le dit seigneur de Wavrin et les Vallaques, qu’il n’y avoit tousjours que la moitié de leurs gens assaillans , entandis que l’autre partye s’en aboient rafrescliir en leurs bateaulz et eulz mettre a point de leurs blecheures ; puis, tantost qu’ilz s’estoient remis en point, ilz retournoient en Y assault et les autres aboient reposer.

Quant, doncques, ce bois fut ainsi assamblé alencontre du pan de mur aussi bault qu’on le povoit gecter contremont la tour, on boutta le feu dedens, quy fut, en la fin, grant et horrible à veoir : et ancores, pour plus eslever la flamme, on y gectoit garbes de feves et d’avaine, quy montoient jusques au comble de la tour qui estoit couverte d’escais 1 2 de bois. Si

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