‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 35 sur 128 · Esponge ou Esponse, caution, garantie (cause · texte numérisé non relu

Esponge ou Esponse, caution, garantie (cause

120 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1445]

Tantost aprez que les seigneurs dessusdis se furent partis du capittaine general, le seigneur de la Vallaquie, qui estoit logiés en tentes et pavillons sur le rivage, envoia devers luy, et luy signifia que à une journée de bon vent prez de là estoit un cliastel plus grant quatre fois que cliastel Turquant, en une grant isle qu’on nommoit la Géorgie ; et y povoit on bien aller, feust pour assegier ou assaillir, sans le dangier des Turcqz. Mais le dit capittaine respondy au messagier : « Allez devers monseigneur le cardinal et lui dites ces nouvelles, pour scavoir quel chose il en voldra conclurre : » comme ils firent. Et quant il eut bien interroguié le dit message sur ceste matière, il dist : « Avoir nous fault le seigneur de Wavrin pour conclurre de ceste besongne. Mais je croy fermement qu’il 11e voldra pas ycy venir ; car je oy, nagueres, quant il party de moy, qu’il dist que en grant pieclie ne revenroit. » Nonobstant laquele chose, il appela de rechief le dit Gardien de Constantinoble ; si luy dist : « Retournez incontinent au seigneur de Wavrin et lui dites que je luy prye qu’il viengne ycy, devers moy, pour avoir advis et conclusion de la matière dont les Vallaques luy ont parlé; car sans luy je n’en voeil riens conclurre; et parlez en tele maniéré à luy qu’il se voeille condescendre de cy venir. «

Au commandement du cardinal fut le Gardien prest d’obeyr ; si se transporta, prestement, devers le seigneur de Wavrin, auquel il exposa la charge qu’il avoit du dit cardinal. A quoy ledit seigneur de Wavrin respondy : « Il n’est ja besoing que je y voise : le cardinal conclue ce (pie bon luy samble , et voist mettre le siégé ou assaillir, je yrai tousjours avec lui ; car je

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donne bien l’advantage, d’ores en ayant, à luy et à ses gens , qu’ilz voissent à l’assault ou à la battaille des premiers, adfin qu’il en ait tousjours l’honneur, et moy nulle tele ramprosne1 que j’en ay eu ceste fois. » De laquele responce ne fut pas le Gardien content; et, reprenant la parolle dudit de Wavrin, dist que le temps n’estoit, pas ordonné pour ainsi parler, non obstant le courouz des parolles que ledit cardinal lui avoit dites. Si exploita telement, le Gardien, qu’il mena le dit seigneur de Wavrin et messire Régnault de Confide devers le dit cardinal. Auquel lieu eulz venus, aprez les sallutacions , il leur relata ce que les Vallaques lui avoient dit, en demandant de ce au seigneur de Wavrin l arrest de son oppinion. Lequel respondy : « Je ne vey oncques le lieu ne la place : si est bien raisonnable et necessaire que, premiers, en demandez auz seigneurs de la Yallaque , quy congnoissent l’affaire, leur entendement; lesquelz, aprez la demande à eulz faite, respondirent leur oppinion estre tele, que, pour le bien de crestienneté , à la requeste du prince des Vallaques le cardinal et le capittaine de Bourguoigne allassent assegieret envahir ledit chastel delà Géorgie : et dirent que desja, pour ce faire, le dit prince des Vallaques avoit fait amener deux grosses bombardes.

Lors le seigneur de Wavrin, quy avoit grant voullenté de faire le voyage , dist au cardinal : « 11 n’y a que d’y aller ou non. S’il vous plest, je y rai avec vous atout mes gallees, et y feray du inieuîz que je porray. Et s’il vous plaist aller à Nicopoly, commandez ce qu’il vous agréé estre fait : sicque, pour habregier, c’est

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