‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 40 sur 128 · Voy. ci-dessus, page 1 04 , note · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, page 1 04 , note

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qu’il avoit nouvelles certaines que les Hongres venoient à grant puissance, lesquelz s’estoient boutez dedens la ville de Nycopoly. Ces nouvelles signifia le cardinal au seigneur de Wavrin, qui estoit en moult grant enfermeté de malladie. Si respondy qu’il ne se povoit aidier, et qu’il remettoit tout au cardinal, au seigneur des Vallaques et messire Régnault de Confide, son lieutenant en ceste partve; mais toutesfois dist que, se la place n’estoit pas plus forte que le chastel Turquant, il conseilloit bien de l’assaillir, mais il prioit et requeroit au dit cardinal, que la journée qu’il avoit donné auz Hongres d’estre devant Nycopoly , c’est à scavoir à la Nostre Dame septembre, ne feust pas oubliée, ne n’y eust faulte nullement en leur promesse, laquele lui mesmes avoit juré et affermé par son seel. De Géorgie jusques au chastel de Roussico povoit avoir environ vi milles, et , au bon vent qu’il faisoit , on y povoit estre bientost; car à rimes n’y mettoit on que jour et demy.

Adont le cardinal fist lever les ancres, voilier et tyrer vers le chastel de Rossico ; auquel lieu , par le bon vent qu’ilz eurent, ilz parvindrent en moins de deux heures. Mais les Turcqz quy veyrent venir les gallees, et quy bien scavoient les nouvelles comment les chasteaulz Turquant et de la Géorgie avoient esté prins, et tous les Sarrasins y estans 1 mors, cremirent grandement les crestiens : pourquoy eulz voians venir les gallees, si grant paour les sourprinst, qu’ilz boutèrent le feu au chastel et par tout le village , puis

1. Le manuscrit porte estans; mais, probablement, il faut lire estoient.

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s’enfuyrent. Et les ancres des gallees furent illec gectez pour le résidu de ce jour, et, la nuit ensievant, devant le chastel et village quy ardoient.

Ces nouvelles espandues parmy le pays comment nos gens conqueroient sur les payens , les crestiens qui vivoient en Vulgarie par trehu \ eulz esveillant, parlèrent ensamble et dirent qu’ilz ne se voulloient plus tenir en la subgection des Turcqz. Si prindrent conclusion, et chargèrent sur cliarriotz et charrettes tous leurs biens, femmes et enfans, emmenant aussi tout leur bestail avec eulz, pour se venir rendre au seigneur de la Vallaquie et à ceulz des gallees, comme ceulz ausquelz il sambloit qu’ilz estoient gens assez pour résister alencontre des Turcqz quy estoient démolirez. Et signifièrent yceulz Vulguaires crestiens, au dit seigneur de la Vallaquie et au cardinal leur venue, priant que, pour l’honneur de Dieu, ilz les voulsissent recepvoir ; mais les Turcqz, qui sceurent que les dis Volgaires crestiens se rebelloient, les poursievyrent, eulz environ de vnf à mille; si les consievyrent 2 à une lyeue du pays, prez de Rossico, où ilz les assegierent en une montaigne. Dequoy le seigneur de la Vallaquie scachant la vérité, fist nagier ses clievaulz la riviere, et passa bien atout quatre mille pour aller les assegiés secourir; lequel les Turcqz n’alendirent pas : anchois, quand ilz sceurent sa venue à tel puissance, ilz s’enfuyrent qui mieulz mieulz ; et les dis Volgaires se rendirent au seigneur de la Vallaquie, en luy requérant humblement qu’il les voulsist aidier a

\. Trehu, redevance, tribut. Voy. Roquefort, au mot Treuus. 2. CoNsiEvm , atteindre.

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passer la Dunoue, et leur donner ou eslagir1 place en son pays pour liabitter.

Lors le seigneur de la Vallaquie, qui avoit unggrant et spacieux pays mal peuplé en aulcunes marches, leur acorda voullentiers leur requeste en les recepvant libéralement pour ses hommes. Si les emmena à Rossico, puis requist ledit seigneur Yallaque au cardinal et au seigneur de Wavrin, qu’ilz lui voulsissent aidier à passer ces crestiens Volguaires oultre la riviere de Dunoue, tant qu’ilz feussent en son pays, adfin d’yceulz mettre hors de clietiveté. Si mist on bien trois jours et trois nuitz à les passer; car ilz estoient bien xnm personnes hommes, femmes et enfans, sans les bagues et bestail : si disoient ceulz qui les veyrent que c’estoient telz gens comme sont Egiptiens. Et quant ilz furent tous passez l’eaue , le seigneur de la Vallaquie se monstra moult joyeuz d’avoir conquesté si grant peuple , et disoit que la nation Vulgarienne estoient moult vaillans hommes. Si remercya moult le cardinal et le seigneur de Wavrin des biens que faiz lui avoient desja , disant que quant ores la présente armee de nostre saint Pere et du duc de Bourguoigne n’auroient fait en ce voyage autre bien que de saulver xi ou xii mille âmes de crestiens , et les corpz mis hors de chetivoison2 et des mains des Sarrazins, ce luy sambîoit bien estre une grande operation. Adont, fut conclu entre le cardinal et le seigneur de la Vallaquye que lendemain, au point du jour, on partiroit pour aller à Nicopoly : si fut fait ainsi que devisé. Et misrent

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