Esclenche, le bras, l'épaule gauche. (Roquefort
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dirent que les Hongres et les Vallaques mandoient auz galliotz que pas ne se voulsissent effraer de teles cryeries ; car telz clameurs 11e se font que pour asseurer leurs chevaulz quy paissent entour, lesqueîz ilz sont qu’ilz ne s’enfuient : et que à ceste heure là les Turcqz assailloient voullentiers les crestiens quant ilz povoient venir à eulz, et que, continuelement, quant yceulz sont auz champz en armes, à jour faillant ilz gectent trois cris , et samblablement en font ilz à l’aube du jour. Et lors le seigneur de Wavrin demanda auz dessusdis : « Et se, d’aventure, les Turcqz vous venoient à tele heure assaillir, comment scauriesmes nous quant ce seroit adcertes à soy deffendre , ou pour asseurer vos chevaulz? » A quoy ilz respondirent : « Ce vous aprenderoit le son des trompes et tambours, avec le huy 1 de beaucop plus tumultueux que de présent. »
Six jours misrent les gallees à nagier jusques au lieu où la riviere dessus dite descendoit en la Dunoue, de la Transi! vane ; et toutes les nuitz se logoient les Hongres et Vallaques sur les prayeries de la riviere, sur leur costé ; et les Turcqz, samblablement, tousjours à l’oposite d’eulz; lesqueîz Turcqz faisoient, toutes les nuitz, tant de si grans feux que merveilles, tout selon le bort de la riviere, par samblant bien d’une lieue de longueur. Si estoit advis, par nuit, qu’ilz feussent plus de gens que ilz n’estoient; et, pour ce, messire Régnault de Confide vint devers son capittaine, et lui dist : « Nous ne sommes pas gens de bien, se nous ne resveillons ces Turcqz une
1 . IIdy et Hu, que nous rencontrerons tout à l’heure, cri, clameur .
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nuitié. » — « En quele maniéré? » dist le seigneur de Wavrin. — « Je le vous diray, monseigneur, » ce dist messire Régnault. « Se vous povez, dist il, finer au cardinal d’avoir les trois barques qu’il a en sa gallee, et les deux trompettes, nous prenderons, avec ycelles, les barques de vos v gallees, à chascune desqueles nous metterons deux canons à main, et ung bon cullevrinier, et aussi, en chascune barque, une trompette et vi cultineres ou galliotz pour voguier : le tempz est obscur et noir. Puis monteray contremont la riviere, à l’endroit du debout de leurs feux, et là je lairai aller aval l’eaue, selon le rivage, une barque qui n’aura à faire sinon d’une rime pour la tenir en droiteur : et, quant je scaurai qu’elle me sera de deux ou trois traitiés d’arcbier eslongiés, j’en lairai aller samblablement une autre, et puis ainsi, par tele ordonnance, toutes les autres. Et quant la dite première barque sera comme au bout des feux et de l’ost des Turcqz, ilz gecteront les canons, tromperont et gecteront ung grant cry, et ainsi en feront tous ceulz des autres barques, en quel lieu qu’ilz soient, sitost qu’ils orront la première. Et ainsi, par ceste fachon, sera oye parmy tout le logis des Turcqz, à ung cop, celle noise ; si cuideront que les crestiens soient descendus à terre : et m’est advis, se ainsi le faisons, que oncques ribaux Turcqz n’eurent plus belle paour qu ilz auront à ceste fois. »
A ce s’acorda le capittaine, et envoia devers monseigneur le cardinal, adfin d’avoir ses trois barques et ses trompettes; lesqueles il luy envoia voullentiers, quant il sceut pourquoy ce seroit faire. Et, adont, dist le seigneur de Wavrin à messire Régnault de Confide :
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« Or, allez furnir vostre emprinse; mais je loe1 que trois ou quatre de mes gallees, tout quoyement, se tvrent sur l’ancre loingz les unes des autres , aprocliant du long le rivage, où les barques debvront passer selon les logis turquois ; et, quant lesdites barques gecteront canons , cris et trompettes, que , en ycellui tumulte confortant, ceulz de layans gectent aussi ung grant bu, adfin que le bruit et espoventement feust plus grant. »
Ainsi comme la dite entreprinse fut devisee et conclute, fut elle adcomplye et achevée, environ heure de myenuit : de laquele Hongres et Yallaques furent advertis , à tel fin qu’ilz ne s’en effraiassent. Tous ceulz qui estoient es barques et gallees firent moult bien leurs debvoirs de gecter canons, cris et trompettes. Sy dura bien le quart d’une heure le tumultueux effroy, et, tantost aprez, on vey que les feux des Turcqz amoindrissoient, quy en la fin se estaindirent : parquoy on congneut que les Turcqz s’en estoient fuys. Et aussy plusieurs Yallaques et Hongres quy là estoient esclaves auz Sarrazins , lesquelz savoient nagier, se adventurerent de saillir en l’eaue et transnagerent la riviere. Si parvindrent en l’ost des crestiens, où ilz dirent que tous les Turcqz s’en estoient fuys quy mieulz mieulz : si avoient laissié comme toutes leurs bagues derrière ; et que, se deux ou trois cens hommes feussent descendus en terre , ilz eussent merveilleusement guaignié.
Lendemain au matin, quand on se desloga et que l’en tyroit contremont la riviere, on ne veoit chevaulz.