‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 58 sur 128 · Si onniement. si amplement · texte numérisé non relu

Si onniement. si amplement

[1455] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, ix-x. 183

ment que le solleil en perdy sa clareté. Tant fut horrible celle battaille1 II,, qu’il n’y avoitcellui quy espargnast frere ne cousin; telement que, enfin, le roy perdy la journée. Et dient les aulcuns, comme je feus adverty, que le roy y fut blechié d’une flesclie ou bras : et y morurent le duc de Sombresset, le conte de Northumbeiland , le seigneur de Cliffort, et plusieurs autres grans seigneurs et gentilz hommes. Et le roy fut par aulcuns des siens emmenez vers Londres \ mais le duc d’Yorc ne le poursievy pas; anchois, moult joieulz de sa victore, s’en retourna à Yorc avec les deux contes cy dessus nommez.

1172. Comment le duc d’York fut recheu au gouvernement du roy, dont tost aprez il fut osté et le jeune duc de Sombresset mis en son estât. X.

Quant le roy Henry et ceulz qui avec luy estoient escliapez furent revenus à Londres, aulcuns seigneurs de la court eurent grant joye en leurs corages de la chose advenue. Si se tint, brief aprez, ung conseil à Londres, ou bien furent remonstrez les aftaires du royaulme et ramenees à fait plusieurs choses pour le bien et utilité du roy et de la cl*ose publicque de son pays. Si fut illec délibéré de mander le duc d’Yorc venir à Londres devers le roy , ou il vint moult grandement adcompaignié de contes, ba-

1. Cette bataille de Saint-Albans eut lieu le 22 mai 1455. (Lingard,

II, 536.) Fenn dit que tous les bislorieas la placent au 23. ( Fenns original letters , tome 1, p. 100, note 1.)

2. Selon Carte (II, 747 ), le duc d’York, les comtes de Warwick et de Salisbui v vinrent prendre le roi dans sa tente et 1 emmenèrent a Londres.

CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1456]

rons, chevalliers et escuyers. Et là luy fut baillié dutout le gouvernement, garde et protection du royaulme d’Engleterre 1 ; mais ce ne dura gueres longuement; car la royne, qui moult heoit le duc d’Yorc pour la mort du duc de Sombresset , fist tant devers le roy, qu’elle menoit à son plaisir, et aultres quy avoient esté de la secte du dit duc de Sombresset, que le duc d’Yorc fut dutout deboutté du gouvernement et auctorité qu’il avoit ou royaulme d’Engleterre, et prinst la royne dutout le gouvernance à son plaisir. Si fist proclamer et bannir le duc d’Yorc, les contes de Warewic et de Salsebery, et les nommer traittres.

Mais les princes dessus nommez, de ce advertis, furent moult troublez et couroucliiés : sicque, pour ceste chose vengier et eulz excuser, assamblerent grans gens, pour monstrer qu’ilz n’avoient fait quelque faulte devers le roy ne contre sa roiaulté. Mais, pour lors, le roy, qui estoit en la conté d’Oxestre2 atout bien cent mille combatans, ne fut pas content que les dis seigneurs venissent devers luy, synon à leur péril et ad vent ure.

Lors le duc d’Yorc, oiant ces responces, et sentant qu’il n’estoit pas fort assez pour combattre le roy3, il

1. Le Protectorat lui avait été accordé une première fois par le Parlement, le 27 mars 1434, avant la bataille de Saint-Albans, ainsi qu’on l’a vu page 164. Il fut denouveau constitué Protecteur du royaume le 17 novembre 1433. Le 25 février 1456 il était encore démis de cette charge. (Carte, II, 746-749.)

2. A Coventry, dans le comté de Warwick. La reine engagea le roi à y passer les mois de février et mars 1457. (Id., il?., 749.)

3. Selon benn, le duc et ses amis ayant été invités par le roi à se rendre à Coventry pour assister au conseil, furent avertis, comme ils se

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se party d’illec , si s’en alla à Yrlande ; et son filz Edouard, conte de la Marche, avec luy les contes de Salsebery et de Warewic, se misrent en mer et vindrent à Callaix. Mais sachiés[que], avant que les contes dessus dis se départissent du duc d’Yorc pour aller vers la mer, ilz rencontrèrent une armee de gens de laroyne, dont estoit cappitainele seigneur d’Andelay1, si les combatirent et desconfirent : sicque ilz y morurent le dit capittaine, les seigneurs de Charinten2 et de Kindreton, et y furent prins le baron de Duclay3 et messire Thomas Fiderne, combien que les gens du duc n’estoient que mim combatans, et ceulx de la royne estoient bien vi ou vnm.

Aprez la dite adventure4, la royne d’Engleterre, de ce moult troublée, fist ses complaintes aux grans seigneurs du conseil du roy, lesquelz lui promirent tous que, pour vengier ceste honte, cbascun d’eulz s’enforceroit de le servir.

Or advint, aprez la mort du duc de Sombresset, qu’il avoit delaissié trois filz et une fille5, desquelz le filz aisné, par le consentement du roy, succéda auz

rendaient dans cette ville, que la cour avait dessein de s’emparer de leurs personnes; sur quoi ils s’en retournèrent. ( Fenns original letters, I, 146, note 1 .)

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