Où ils débarquèrent le 2 novembre 1459. (Carte, II
[1459] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, xv-xvi.
laix1. Si en furent sesmandemensescripzetseellez, telz comme il apartenoit. Et, de fait, se prépara de habillemens et de gens pour en aller prendre la possession , avec lui le seigneur de Riviere2. Si s’en vindrent à Sandvich, pour passer la mer; mais quant ilz cuiderent monter, lèvent leur tourna au contraire Si laisserons le parler d’eulz jusques il soit tempz d’y retourner, et dirons du conte de Warewic et des siens.
1178. Comment le conte de Warewic fut lyement recheu en la ville de Callaix. XYI.
Quant, doncques, le conte de Warewic et ceulz de sa compaignie furent arrivez en l’isle de Garnese, et illec atendu bien vm jours la grâce de Dieu, quant ilz veyrent vent à point, ilz montèrent sur mer, et tant firent qu’ilz arrivèrent à Callaix saulvement; si n’estoient que xi dedens la navire, parmy les maronniers. Dequoy ceulz de Callaix, les voians venir, furent joyeulz et esbaliis ; joyeulz , especialement , pour les nouvelles qu’ilz veoient estre autres qu’on ne leur avoit raporté. Et, lors, le conte de Fauquembergue vint à leur encontre sur le gravier, et, là, s’entreacollerent les princes par grant amour. Puis, aprez les conjouissemens, s’en allèrent tous ensamble en pelrinage à NostreDame de Saint Pierre. Et quant ilz retournèrent à Callaix, vindrent au devant d’eulz ceulz de l’Estaple3, le Mayeur de la ville et tous les sauldoyers qui
1. Il fut nommé le 9 octobre 1459. (Rymer, V, partie II, 90.)
2. Richard Widwill, lord Rivers avait épousé Jaqueline de Luxembourg, veuve du duc de Bedford. Décapité en 1469. (Dugdale,III, 230- 231.)
3. « En style de commerce, l’estaple n’est autre chose que le dépôt ou
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pour lors y estoieot. Si firent, ceste nuit, 1res bonne chiere; ce que piecha n’avoient fait, pour doubte qu ilz avoient de trouver leurs annemis devant eulz à Callaix,
Or advint que celle mesmes nuit que ces seigneurs lurent arrivez a Callaix, que illec vint ung messagier de par le duc de Sombresset, quy aportoit mandement du roy pour prendre la possession de la chapittainerie du dit lieu de Callaix. Et lors que le herault fut arrivé, il appela le guet, ausquelz il dist qu’il estoit là envoie du roy pour leur signifier que le roy et son conseil avoient commis le duc de Sombresset capittaine de Callaix; auquel respondirent ceulz du guet qu ilz 1 avoient bien entendu, et que ilz yroient parler au conte de Warewic, quy estoit leur capittaine, et puis luy raporteroient responce de ce qu’il diroit : dont le lierault, moult esbahy que le dit conte estoit laians, dist que voullen tiers atenderoit leur retour, comme il fist. Et le guet se party, allèrent au chastel , et racontèrent au conte tout ce que le herault avoit dit; et lors fut, incontinent, faite responce au herault qu on ne voulloit leans autre capittaine que le conte de "Warewic : pourquoy, sans plus targier, en ceste mesmes nuit, le herault s’en retourna au lieu où estoit le duc de Sombresset. Si luy fist son raport, disant comment le conte de Warewic estoit venu à Callaix le jour dont il y arriva la nuit : de laquele chose le dit duc fut moult doullent, s’il l’eust peu amender, ce que non, quant à présent. Si voua à Dieu et au roy d’En-
magusin général dans lequel on envoie et place les marchandises pour y etre venduesen gros aux marchands.» ( Note de Lenglet; Comines, I, 161 .)
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gleterre, son souverain seigneur, que, avant qu'il feust gueres de tempz, il metteroit ceulz de Callaix en tele subgection, qu’il les feroit venir à obéissance. Et lors, moult courouchié et troublé des princes dessus dis quy estoient arrivez ainsy à Callaix, demanda au seigneur de Riviere quel chose il en estoit de faire, pour ce qu’il scavoit bien que ceste chose venoit par sa négligence. Et tantost Andrieu Trolo, qui là estoit, dist au duc qu’il trouveroit bien maniéré d’entrer en Guines, et qu’ilz vendroient arriver à Wissault1. Et, sur ce, se conclurrent et arresterent ; puis tantost firent apareillier leurs navires pour porter leurs chevaulz et harnois, et entrèrent dedens. Mais lors se monta une tempeste et ung vent fortuneux, telement que, voulsissent ou non, furent constrains de venir arriver à Callaix tous les vaisseaulz, excepté cellui seullement où estoit le duc de Sombresset, qui descendy à Wissault, avec lui aulcuns de ses gens, quy de là s’en allèrent tout à pié jusques à Guynes, où ilz se logèrent en la ville. Puis vint, incontinent, Andrieu Trolo à ceulz du chastel, leur remonstrer comment le roy Henry avoit ordonné le riche duc de Sombresset à estre capittaine de Callaix et de Guynes, et que le conte de Warewic estoit banny du royaulme d’Engleterre, et reprochié pour trahittre au roy.
Quant le connestable du chastel eut oy parler Andrieu Trolo, luy et tous les sauldoiers parlèrent ensamble, pensans que désobéir au mandement du roi ne seroit pas raison , pourveu qu’ilz veoient illec la pluspart de la garnison du dit lieu de Callaix ,