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et mesmes le grant portier Andrieu Trolo, et aussi qu’on leur promettoit à payer tous les gages qu’on leur devoit jusques à ce jour, ledit connestable et tous les sauldoyers s’acorderent à mettre le duc de Sombresset dedens la place. Et lendemain, au matin, vindrent nouvelles au duc, estant dedens Guynes, que tous ses habillemens, liarnois et chevaulz estoient arrivez devant Callaix , dont il fut moult esbahy.
Quant ceulx de Callaix veyrent ces navires venir eulz rendre par constrainte dedens leur havre, là veissiés toute la garnison issir de la ville pour bienviengnier ceulz quy estoient dedens. Et lors qu’ilz eurent gecté leurs ancres, vint à eulz le conte de Warewic , qui leur demanda queles denrees ilz avoient cliargié. A quoy respondv le maistre du navire, chief du vaissel qu’on nommoit La Trinité , que monseigneur de Warewic congnoissoit moult bien et fut moult joieux de le veir tumbé en ses mains, et dist : « Monseigneur , nous avons amené gens , harnois et clievaulz pour ce que nous scavions bien que vous eu auriés grant joye et plaisir. »
Quant le conte sceut que c’estoit, il fist prestement deschargier le navire et tout mettre en la ville, et les gens mener sur la balle, où il les interrogua, demandant cjuele voullenté ilz avoient; lesquelz respondirent qu’ilz voulloient servir le roy. Laquele responce oye, le conte les fist séparer les ungz des autres, pour çe que de telz en avoit quy autresfois luv avoient lait serment; mais auz aultres donna congié, disant qu’ilz servissent loyaulment le roy.
Ainsi que on menoit ces autres en la ville, vinrent en leur encontre les contes de la Marche et de Salsebery,
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lesquelz les arraisonnèrent de plusieurs choses touchant leur guerre ; puis furent ilz menez en prison, gésir la nuit. -Et lendemain, au matin , furent ramenez devant les princes, oii on leur trencha à tous les testes, présent le peuple de la ville, en leur remonstrant la trahison qu’ilz avoient fait au conte de Warewic. Puis, aprez, furent leurs chevaulz et harnois délivrez auz compaignons de la garnison, qui en avoient grant nécessité. Et manda1 au duc de Sombresset qu’il remercyoit Dieu, non pas luy, des biens qu’il lui avoit envoie/..
Quant le duc de Sombresset fut adverty de ceste justice faite par le conte de Warewic, il en fut moult courouchié ; si voua ung très grant serment qu’il s’en vengeroit. Et trouva maniéré de faire alyance par decha la mer; pourquoy il eut chevaulz, harnois et argent pour soy entretenir, comme bien lui fut mestier, car peu lui en vint d’Engleterre autant qu’il fut pardecba la mer.
Aprez que le duc de Sombresset fut pourveu d’armeures et chevaulz , luy et ses gens commencèrent de faire forte guerre à ceulz de Callaix , courant journelement et gardant le passage, adfin que nulz vivres ne venissent à leurs annemis. Et, de fait, firent crier, par mandement du roy Henry, parmy la conté de Guines , sur confiscation de corpz et de biens , que nulz ne communicast avec ceulz de Callaix ne n’y portast vivres : duquel crv et mandement le roy ne scavoit riens. Adont le conte de Warewic voiant que le duc de Sombresset lui faisoit si forte guerre, et qu’il
1 . Var : «Et manda le conte de IV arme k au duc. .. » (Mss. , n° 91 , Fonds, Saint-Germain français .)
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1459]
destournoit de son povoir les vivres venir à Callaix, il fist ung jour habillier ses gens pour garder les bonnes gens quy leur aportoient vivres journelement. Se y avoit souvent de grosses escarmuces, et aulcuns mors et prins des deux parties ; car tel tempz dura par l’espace d’un an entier. Quant le conte de Warewic et les autres princes qui estoient avec luy à Callaix sceurent que tout le royalme d’Engleterre estoit contre eulz, especialement ceulz qui, à ce jour, avoient le gouvernement du roy, ilz en furent très pensifz : pourquoy ledit conte de Warewic, voiant que il n’avoit mais chose dont il se peust aidier , envoia devers le duc Phelippe de Bourguoigne, quy leur eslargy des biens de son pays de Flandres, pour leur argent. Et adont ceulz de Callaix, qui veoient que nulz biens ne leur venoient plus d’Engleterre, s’en alloient journelement rendre à Guynes, cuidans qu’ilz eussent meilleure querelle : si leur remonstra ledit conte la très grant vitupéré qu’on luy avoit fait , en leur demandant sur ce leurs oppinions, pour ce qu’il ne congnoissoit pas bien les corages de tous; et lors respondirent les bourgois et marcbans de la ville que pour riens ilz ne voulloient venir es mains du duc de Sombresset. Quant le conte oy la bonne voullenté desbabittans, il appela tous ses gens d’armes, ausquelz il demanda s’il serroit possible de r’ avoir son navire qui estoit à bavre de Zadvicli b Si respondy maistre Denain que oyl , et qu’il entreprendroit, à l’ayde de Dieu , se on lui voulloit baillier niicz combatans, de l’aller requérir.