‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 66 sur 128 · Sandwish · texte numérisé non relu

Sandwish

[1459] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, xvi. 203

Or advint, ainsi comme ilz se devisoient de ceste matière, que à Callaix arriva une petite carvele, non sachans ceulz de dedens que le conte de Warewic y fust, mais y cuidoient estre le duc de Sombresset, en laquele carvelle estoit ung gentil homme du conte de la Marche, avec autres que le seigneur de Rivières envoioit pour scavoir nouvelles du dit duc de Sombresset ; lequel gentilhomme se desroha des autres avec le maistre de la nef, quant il vey son point; et quant ilz furent congneuz, on leur fist très grant chiere; car on pensoit qu’ilz aportassent aulcunes bonnes nouvelles. Si furent menez devant les seigneurs, très joieux de leur venue, quy les arraisonnèrent de plusieurs choses; entre lesqueles le conte de Warewic leur demanda s'il ne serroit point possible de r’avoir son navire qui estoit à Zandvieh, et ilz luy respondirent que d’ycelle r avoir n’estoient mie en doubte; car ilz scavoient bien que ceulz de Zandvieh ne se armeraient pas alencontre d’eulz , et que layans n’avoient milles gens d’armes; anchois s’estoient tous retrais parmy le plat pays pour ce qu’ilz n’avoient nulz guaiges, et n’y avoit que le seigneur de Rivières seullement , quy estoit logiés auz Freres. Lors demanda le conte de la Marche où estoit messire Ànthonne1, son filz : et ilz respondirent qu’il estoit allé à Londres avecques mais-

I. Antoine Widwill, appelé au Parlement, en février 1463, sous le titre de lord Scales. Décapité en 1483. (Dijgdale, III, 231, 233.) Il paraît qu’il portait ce titre dès le 29 mars 1461, puisqu’il est ainsi qualifié dans un récit de la bataille de Towton, fait six jours après cet événement. (Fenn’s original letters, I, 221.) Voyez plus bas, au chapitre numéroté 1209.

204 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1459]

tre Ormont 1 , le mignon de la royne d’Englelerre.

Quant le conte de Warewic, qui forment desiroit de ravoir son navire, oy ces nouvelles, il fîst habillier ses gens et tous les vaisseaulz quy estoient devant Callaix, dont fut fait capittaine maistre Denain; et fut bailiié la charge au seigneur de Vennelos2 de iiicz hommes bien en point car c’estoit ung très sage chevallier quy en son tempz avoit fait maint beau voyage d’armes ; lesquelz, quant tous furent, ilz montèrent en mer prestz de nagier3. Si arrivèrent es dunes, où ilz atendirent l’heure d’entrer ou havre. Et quant la maree eut fait son retour, ilz entrèrent en Zandvich, où il n’y eut pas grant effroy, pour ce que ceulz de la ville cuidoient que ce feussent navires chargiés de bois ; car nulz de ceulz dedens ne se amonstrerent.

En ceste mesmes nuit estoit revenus maistre Anthoine, filz du seigneur de Rivières; si advint, incontinent que les navires furent arrivées dedens le port,

ledit maistre Denain descendv à terre et alla en la

ville ; et maistre Anlhoine de Rivières estoit allé auz Freres devers son pere , emportant son harnas en son bras, pour un peu d’effroy qui avoit esté en la ville. Mais quant il vint au marchié, xn gallans bien en point le rencontrèrent, quy luy demandèrent : «Quy vive! »et,

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