‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 78 sur 128 · Voy. ci-dessus, p. 18b. note · texte numérisé non relu

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248 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1460]

ilz prindrent congié de luy : si s’en retournèrent devers les seigneurs du conseil de Londres. Si leur dirent tout ce que le duc leur avoit respondu ; car il voulloit veoir qui contredirait à son couronnement. Et quant les seigneurs oyrent ceste responce, tous esbahis se prindrent l’un l’autre à regarder par grant admiration; mais enfin conclurrent que lendemain serassambleroient pour y remedier : si pryerent tous au conte de la Marche qu’il y voulsist estre , lequel respondy qu il y serroit voullentiers. Sicque lendemain au matin se rassamblerent tous à conseil , où ilz conclurrent qu’ilz envoieroient de rechief devers le duc messire 1 homas de Neufville, en especial pour éviter la fureur du peuple et des nobles du pays; lequel, aiant celle charge, se party de Londres et s’en alla au pallaix, où il trouva le duc qui se preparoit pour se faire couronner roy. Et desja y avoit grant peuple assamblé pour veoir le couronnement en l’abaye de Westmonstre, dont ledit messire Thomas oy la murmure, dequoy il fut fort esbahi. Si se tyra prestement devers le duc et lui dist ce qu’il avoit en charge de par tous les seigneurs , en lui remonstrant le mal qui de son emprinse pourroit advenir, comme il fist depuis à sa mesmes personne ; car tost aprez il en perdy la vie , ainsi que plus à plain porrez oyr en poursievant ceste présente matière.

1197. Gomment l’acord fut fait entre les princes par tel si que, aprez la mort du roy Henry d’Engleterre, la couronne venroit au duc d’Yorc et à ses hoirs. XXXV.

Or advint, aprez que le duc d’Yorc eut oy parler ledit chevallier messire Thomas de Neufville, [que] il

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appela ceulz de son conseil, lesquelz, aians ruminé la matière , concheurent les maulz qui par ceste présente emprinse povoient advenir, pourveu que le peuple estoit ainsi divisé. Si trouvèrent un g expédient tel , que le conseil du duc d’Yorc et ceulz de Londres se trouveroient ensamble en ung lieu, à jour nommé, où il y eut mainte parolle alleguiee et debatue, tant d’un costé comme d’autre. Mais enfin se conclurrentde venir en aulcunbon apointement, aprez que les princes eurent haultement remonstré audit duc d’Yorc qu’il avoit très mal ouvré d’avoir tenu telz termes alencontre du roy leur souverain seigneur, veu les promesses que autresfois avoit fait audit roy de le servir loyaulment. Et fut conclu, pour ce que ledit duc avoit esté boutté hors du royaulme et avoit beaucop perdu, qu’il serroit regentd’Engleterre, mais le roy Henry demourroit roy sa vye durant. Dequoy le duc fut content, pourveu que aprez la mort dudit roy Henry il auroit la possession dudit royaulme pour luy et ses hoirs, perpetuelement; ce quy fut acordé, en plain Parlement1 II,, par le roy Henry, qui jura de cest apointement tenir de tout son povoir : moyennant lesqueles choses le duc d’Yorc jura illec sollempnelement, devant tous, d’estre leal audit roy Henry et le tenir toute sa vye pour roy et seigneur souverain. Et, par ce mesmes apointement, le roy Henry promist de payer au duc d’Yorc et ses enfans, annuelement, xxm escus d’or.

Aprez cest apointement ainsi fait , le roy prya au

1. Le 31 octobre 1460. Le duc d’York fut proclamé Protecteur du royaume et héritier de la couronne le 8 de novembre suivant. (Carte,

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duc d’Yorc qu’il voulsist mettre paix au pays où la royne estoit , et que les garnisons quy mengoient la contrée se retyrassent des frontières et allast chascun en son lieu; car la royne et les siens estoient à Exceslre1, quy de là s’en allèrent en Galles et d’illec à Hardela2.

Sitost que ledit apointement fut fait, et le duc d’Yorc eut fait le serment d’entretenir les choses cy dessus devisees, tout le peuple qui là estoit encommencerent de cryer : « Vive le roy Henry et le conte de Warewic ! » Et le jour de la Toussains ensievant , le roy Henry porta couronne dedens l’eglise Saint Pol, à Londres , où une moult noble procession fut faite , à laquele estoit le duc d’Yorc, et le conte de Warewic portoit l’espee devant le roy, et le conte de la Marche portoit la queue de son habit royal. Si disnerent tous ensamble , et y eut ce jour une moult noble feste , où fut ordonné messire Jehan de Neufville, frere au conte de Warewic, chambellan du roy3.

1198. De la battaille de Blouhers 4, où le conte de Beaumont fut prins ; et y morurent environ deux mille hommes de la partie du roy Henry. XXXVI.

Aprez ce que le duc d’Yorc eut prins l’administraeion cluroyaulme d’Engleterre, aulcuns seigneurs n’en furent pas contentz, et, par especial, ceulz qui plus prez

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