Blore-Heath
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estât de morir, baiserent tous la terre sur quoy ilz marchoient, de laquele ilz mengerent, concluant que sur ycelle ilz morroient et viveroient. Et quant les dis seigneurs d’Excestre et de Beaumont se veyrent si prez de leurs annemis qu’ilz peurent employer leur trait, ils se prindrentsi onniement à tyrer, que c’estoit horreur, et si radement que partout où il ataindoit s’atacboit telement qu’ilz tuerent moult de clievaulz et environ xx ou xxn hommes de la compaignie du dit de Warewic, et, de la compaignie d’Excestre, bien de v à vi cenlz. Pourquoy les dis d’Excestre desmarcherent, en recuîlant, environ le trait d’un archier; mais pou aprez rencliargerent impétueusement sur le dit Warewic, à laquele rencliarge morurent de ceulz d’Excestre environ cent, et des Warewic dix.
Alors le seigneur de Beaumont et sa compaignie, considerans que peu à leur honneur, et ancores moins à leur prouffit, exploitoient, à cheval , se misrent à pié environ imm hommes qui s’en vindrent joindre à la hattaille de Warewic, où ilz combatirent, main à main, bien une grande demye heure, esperans qu’ilz serroient confortez de leurs gens à cheval ; lesquelz, advisans la resistence qu’on faisoit à leurs gens de pié, prindrent le large des cliampz, si laissèrent ceulz de pié convenir à leur entreprinse. Parquoy ung chevallier de la routte du seigneur de Beaumont, quy avoit desoubz lui environ vcz hommes, se prinst à cryer, avec les siens : «■ Warewic! Warewic! » et fraper sur la compaignie du dit de Beaumont; pourquoy ilsdesmarcherent, ancores, en recuîlant. Et lors Warewic parchevant ceste chose, crya qu’on marchast avant; ce qui fut fait: et, finablement, furent le conte de Beau-
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mont et les siens desconfîs. Si en morut à ceste besongne, par le raport des heraulz, environ deux mille hommes , et , de ceulz de Warewic , lvi ; et y furent prins le dit conte de Beaumont, le seigneur de Welles, et xn autres chevalliers : le demourant s’enfuyrent. Laquele battaille fut ou mois de septembre1, m ou mi jours avant la feste de Saint Michiel.
1199. De la besongne de Ludelo, où avoit de chascune partie cm hommes; et comment ilz se départirent sans cop ferir. XXXYII.
La besongne de Blouher conduite, comme dit est, au prouffit et honneur du duc d’Yorc et du conte de Warewic, fut cause, pour ung tempz, de refrener le corage des tenans la querelle du roy Henry ; mais, ce non obstant, tantost aprez se resveilla le comtent par le fait du duc Henry de Sombresset, lequel practicqua moyens, à l’ayde des grans seigneurs de sa bende, de rentrer ou gouvernement du roy anglois. Si en fut, pour une espace, eslongié le roy Henry du duc d’Yorc ; lequel, avec le conte de Warewic et leurs aidans, assamblerent ung grant peuple, jusques à rexstimation de bien cent mille hommes. Et pareillement en firent le roy et le duc de Somhresset, le duc d’Excestre, le duc de Boukinghuem , le conte de Pennebrocq^, frere au roy de par mere , le conte de Richemont 3, le
t. Le 23 septembre 1459.
2. Gaspar de Hatfield, comte de Pembroke, fils d’Owen Tudor et de Catherine de France, fille de Charles VI et veuve de Henri V. Mort le 21 décembre 1495. (Dugdale, III, 241-242.)
3. N’y aurait-il pas ici quelque erreur de nom ? En effet, la bataille de Blore-IIeatli, comme nous venons de le voir, se donna le 23 septembre
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conte de Villechier, le conte de Beaumont, le conte de Chirosbury 1 et autres, qui assamblerent aussi environ cent mille hommes : lesqueles deux grosses compagnies s’entrecontrerent à Ludelo, prez de Galles, dedens laquele ville estoient le roy et les seigneurs de sa compaignie.
Alencontre du roy, avec le duc d’Yorcet le conte de Warewic, estoient monseigneur Edouard, conte de la Marche, filz au dit duc d’Yorc, le conte de Salseberv, pere de Warewic, et, entre les autres, Andrieu Trolot, lequel avoit entreprins de livrer les dis seigneurs au roy; lesquelz, de ce advertis, se partirent droit à mienuit laissant leurs gens sans conduite , lesquelz, eulz voians en ce party, se rendirent à leurs ennemis, et furent tous despouilliés. Mais, touteffois, en y eut cliincq des principaulz à qui on trencha les testes; et tous ceulz de la garnison de Callaix , quy posent eslre environ vicz, y furent despouilliés en chemise.
Ainsi , comme vous oez, se departy ceste assamblee : si alla le rov à Londres, le duc d’Yorc en Yrlande, et Warewic à Callaix; et fut ceste assamblee entre Toussains et le Noël2.
1459, et Edmond de Hadham, comte de Richemond, était mort dès le mois de novembre 1456. Ce n’est donc point de lui qu’il s’agit. Nous ne pensons, non plus, qu’il soit question de Henri , son fils, depuis roi d Angleterre : il avait à peine trois ans à l’époque où se passaient les faits rapportés par Wa'vrin. Peut-être, cependant, les personnes chargées de la tutelle du jeune comte faisaient-eiles ces levées en son nom. (Dugdale, III, 327.)