Shrewsbury
2. La bataille de Ludlovv se donna, ainsi que nous l’avons déjà dit, le 13 octobre 1459.
1200. De la baltaille de Northantone , où fut prias le roy Henry et le duc de Boucquinghuem, le conte de Beaumont et autres grans seigneurs, desquels aulcuns furent aprez decapittez. XXXVIII.
L’assamblee, doncques, de Ludelo ainsi départie ait prouffit et honneur du roy Henry, et le duc d’Yorc retrait en Yrlande et le conte de Warewic à Callaix, comme dit est cy dessus, ilz rassamblerent, de rechief, gens jusques au nombre de xl"1 hommes, ou environ, desquelz ilz firent le cbief Edouard, conte de la Marche, filz du dit duc d’Yorc, en sa compaignie le conte de Warewic, le conte de Kent1 3 4, le conte d’ArondeP, le marquis de Montagu5, et son frere messire Thomas de Neufville , et autres. Et, d’autrepart , le roi Henry avoit le duc de Sombresset , le duc d’Excestre, le duc de Boucquinghuem, le conte de Northumbelland et autres, qui aussi estaient assamblez à Northantone, à la garde de laquele ville estoit commis, de par le roy, le seigneur de Greriffin* avec de xiii à xiiiicz hommes , et le roy et son ost estoient en ung parcq oultre la ville, sur une petite rivière.
Lors les contes de la Marche et de Warewic tyre-
1. Lorcl Fauconbridge n’était pas encore comte de Kent. Voy. cidessus, page 190, note 1.
2. William , comte d’Arondel, mort vers 1487 ou 88. (Dugdale, I, 323.)
3. John Nevill n’était pas encore marquis de Montagu. Voy. cidessus, page 230, note 3.
4. Fenn (I, 137) nous apprend qu’en 1436 se trouvait dans le parti du roi, avec le comte de Richemond, un seigneur nommé Griffith. Ne
serait-ce pas lui que Wavrin aurait voulu désigner?
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rent vers la ville de Northantone, venans de Callaix, où ilz avoient fait leur assamblee , laquele ville de Northantone, qui est une des fortes villes d’Engleterre, ce non obstant fut emportée d’assault, aprez que le capittaine les eut escarmuchiés l’espace de heure et demie. Sy dura l’assault environ demye heure , depuis que ledit seigneur de Greriffïn se fut retrait a la porte, avec lequel entrèrent, par force, ses annemis, quy pillèrent la ville en passant oultre et aprochant 1 ost du roy, prochain de là, qui là s’estoient fortiffiez sur la dite riviere merveilleusement , et fait ung très fort parcq; lequel, incontinent, ilz assaillirent très asprement. Si dura peu le dit assault ; car il avoit en la compaignie du roy, dedens le parcq, plusieurs quy estoient Warewic en corage, et mesmes les canonniers, quy, par lascheté maulvaise, n’avoient mis nulles pierres en leurs engiens : parquoy, quant ilz boutèrent le feu dedens, n en saillirent que les tampons [de bois.] Laquele chose parchevans les seigneurs quy dedens le parc estoient, par maniéré subitte rompirent ung quartier du dit parc, pour issir, et s’enfuyrent en Northumbelland. Si furent illec prins le roy, le duc de Boucquinghuem, le seigneur de Beaumont, le seigneur de Greriffïn et autres, lesquelz, tost aprez, furent decapittez, et le roy mis en sceure garde : puis fut restitué et restably, dès ceste propre journée, le ducd’Yorc regent d’Engleterre.
258 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1460]
1201. Comment la royne d’Engleterre, sachant que le roy son mari avoit résigné sa couronne en la main du duc d’Yorc et de ses hoirs, aprez son trespas , manda le duc de Sombresset pour courir sus au duc d’Yorc. XXXIX.
Aprez tous ces accordz fais, comme vous avez oy1, le duc d’Yorc, le conte de la Marche, son fdz, le conte de Warewic et tous les seigneurs de leur partie, prindrent congié du roy; et, tantost aprez qu’ilzse furent partis de la court du roy, le conte de la Marche prinst congié à son pere, si se tyra en Galles, luy et ses gens; mais le conte de Salsebery demoura avec le duc d’Yorc; aussi firent le conte de Rotelant, fdz du dit duc, et messire Thomas de Neufville, fdz du conte. Si chevaulcherent tous ensamble trois ou quatre jours, jusques à une ville appelée Wilquefdd2. Quant le duc d’Yorc fut illec arrivé , pour obtempérer à la pryere du roy, il assambla jusques au nombre de xm corabatans, puis envoia par devers la royne lui faire savoir que la voullenté du roy si estoit qu’elle venist a Londres. Et quant la royne fut advertie de ces nouvelles, et, avec ce, que le roy Henry, son mary, avoit resigné sa couronne et son royaulme, aprez son trespas, au duc d’Yorc et à ses hoirs, elle en fut moult troublée, pour amour d’un seul fdz 3 qu’ elle avoit du roy, de le veoir estre ainsi débouté de son patrimone; sicque elle envoia deffier le duc d’Yorc. Lequel, oyantla voul-
1 Voy. ci-dessus, page 20-i.
2. Wakefield, sur la rivière de Calder, à 182 milles de Londres, dans le Yorksliire.
3. Édouard, prince de Galles, tué à la bataille de Tewkesbury, en
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lente de la royne et que nullement elle ne voulloit consentir cel apointement, il commença de aprochier la royne; de quoy la royne fut tost advertie : pourquoy elle envoia quérir le duc de Sombresset, auquel elle manda le lieu où le dit duc d’Yorc et ses gens estoient logiés. Ces nouvelles furent portées devers le roy Henry que tout le pays de West et de Cornuaille se mettoient sus, où estoit la royne Marguerite, sa femme, en personne, adfin de obvier au deshirtement de son filz.
Quant le jenne duc de Sombresset eut oy le mandement de la royne, il assambla grans gens pour venir combattre le duc d’Yorc et ses avdans; et, adont, mon-
seigneur de Sombresset demanda de ce conseil à Andrieu Trolot1, quy estoit avec luy; lequel lui dist que tantost l’en reponderoit.
Or, vous lairai un pou du duc de Sombresset quy avoit assamblé grans gens pour venir courre sus au duc d’Yorc, qui ne s’en donnoit gueres de garde, et parlerons du dit duc d’Yorc.
1202. Comment le duc d’Yorc et le conte de Salsebery furent desconfis et mors, par la trahison Andrieu Trolot, et plusieurs autres nobles hommes. XL.
Le duc d’Yorc, doncques, estant retrait à Wilquefild, oyant nouvelles que la royne Margueritte venoit à grant force de gens d’armes pour le combattre, adcompaignié du duc de Sombresset, il fut moult esbahy; car il n’avoit pas, pour l’heure, gens souffîssans à re-
1. On a déjà vu ce personnage trahir le parti d’Yorls. à Ludlow. Voy. ci-dessus, p. 191, note 1, et page 194.
260 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1460]
sister contre si grant puissance. Si parlèrent ensamble luy et le conte de Salsebery, avec les autres de leur compaignie, pour conclurre de leurs affaires, et mandèrent gens de tous costez, eulz fortiffiant à leur povoir dedens la ville; mais tout ce riens ne leur vally, pour ce que, à l’heure qu’ilz furent envahis, la pluspart de leurs gensestoient allez en fourrage : et, avecques ce, Andrieu Trollot, qui estoit ung très soubtil homme de guerre, dist au duc de Sombresset qu il scavoit bien que , sans grant perte de gens, on ne povoit avoir le duc d’Yorc hors de la ville. Sy trouva maniéré de, toute la nuit, faire à ses gens palletos où estoit le Ravestocq1, livrée au conte de Warewic, dont furent parez ivcz hommes des plus vaillans, bien endoctrinez de ce qu’ilz auroient soubtillement à faire : c’est à scavoir que ilz s’en allassent droit à la ville, et deissent au duc d’Yorc qu’ilz venoient du pays de Lantagier2 pour le secourir.
Quant le duc d’Yorc, quy jamais n’eust pensé à celle trahison, vey venir ces compaignons, il fut moult joyeulz; si les fist laissier dedens. En laquelle nuit mesmes le duc d’Yorc fist faire grant guet, pour ce que bien scavoitle duc de Sombresset estre auz champz pour le contendre à grever de tout son povoir ; mais, quant ce vint au point du jour, Andrieu Trolot, adcompaignié d’autres gens de guerre , tous portans la livrée du Ravestoc, manda au duc d’Yorc, sans soy nommer, qu’ilz estoient grans gens illec venus à son secours , de quoy le duc fut moult joyeulz. Si se mist