Daniel (I, 426) et Carte (II, 759) le nomment Lovelace
3. Var. : « qui estoit capitaine de ceulx de Kent, auquel elle donna quatre mille livres d'est relins pour sc tourner alencontre de Warwic. » (IVIss., Fonds Sorbonne , n° 432.)
4. James Butler, comte d’Ormond et de Wiltshire. Yoy. ci-dessus, page 186, note 2. 11 s’enfuit après le combat.
[1461] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, xli-xlii.
pour joindre à l’armee de la royne : pour à laquele chose obvier, le dit de la Marche mist gens auz champs, et s’en alla au lieu où estoit ledit conte de Wilthier logié , lequel il rua jus; et morurent de vi à vnm hommes sur la place1, dont la royne fut fort despîaisante, car elle amoit grandement le dit conte de Wilthier.
1204. Comment le roy fut prins par les gens de la royne, par la trahison de Louvelet. XLII.
Quant le conte de Warewic eut son armee preste, il se mist auz champz et mena le roy Henry avec luy, lequel il bailla en garde à messire Thomas Quiriel2 et à son filz ; et la cause fut pour ce qu’on esperoit qu’en faveur de luy aulcuns seigneurs se retourneroient desa partie, mais il en advint ainsi que vous orrez cy aprez.
Ces conclusions prinses , chascun s’apresta pour partir; car le roy et le duc de Norfort, le conte de Warewic et leurs aidans se partirent le joesdy devant le Quaresme de la ville de Londres pour aller à Saint Albon , ouquel lieu estoient par renommee la royne et le duc de Sombresset. Si logèrent celle nuit à Bernay où ilz atendirent leurs gens, lesquelz, tous assamblez, marchèrent jusques à Saint Albon, qui ne se doubtoient gueres de la trahison que Louvelet leur avoit brassee. Puis quant ce vint la nuit, qu’ilz furent touslogiés, les nouvelles leur vindrent que leurs annemis marehoient alencontre d’eulz; pourquoy le
1 . Cette bataille se donna à Mortimer’s Crosse , près Ludlow, le 2 février 1460 (v. s.).
2. a Au brave Thomas Kyriel et au lord Bonvil. » (Carte, II, 759.) C’est probablement le nom de ce dernier qu’il faut lire au lieu de son filz.
264 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1461]
conte de Warewic mandatons les capittaines, adfin que tous se tyrassent devers le roy pour eulz mettre en ordonnance. Et quant ilz furent tous conclus de combattre lendemain, mesmement ordonnèrent leurs battailles, dont Louvelet menoil Lavant garde, et le conte de Warewic menoit la battaille et la compaignie du roy. En celle propre nuit, ledit Louvelet fist scavoir à la royne toute la conduite de leur armee. Adont la royne, aprezles nouvelles oyes d’ycellui Louvelet, fist partir le duc de Sombresset pour tyrer vers Saint Àlbon , adfin de recepvoirle roy que lui deb voit livrer ledit Louvelet, comme il fist. Auquel lieu de Saint Albon, ledit duc de Sombresset vint faire une grosse alarme ; et tantost ycelluy Louvelet vint au roy et luy dist : « Sire, tous nos gens sont mis en desroy. » Et il luy demanda où estoit son cousin de Warewic, àquoy Louvelet respondy qu’il s’en estoit allez. Et messire Thomas Quiriel demanda où estoient ses gens : il respondy qu’ilz s’en estoient tous fuys. Alors messire Thomas Quiriel, quy estoit ung moult vaillant chevallier, bien congnoissant en telz matières, comme cellui quy avoit beaucop expérimenté du fait de la guerre, se doubta moult de la trahison que il veoit estre aparant, voiant la grant desrision qui estoit entre les parties.
Quant le conte de Warewic oy le bruit, et qu’il aparcheut que la chose tournoit à mal, il se cuida tourner devers leroy; mais il ne polt, pour le peuple qui s’enfuyoit. Et ainsi fut le roy prins desoubz ung gros chesne, où il se ryoit moult fort de la chose advenue , et prya à ceulz qui vindrent devers luy que audit messire Thomas Quiriel ne feissent nul destour-
[1461] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, xlii. 265
bier de son corpz : ce qu’ilz promisrent de faire. Mais Louvelet, le desloial trahittre, prestement mena son seigneur le roy, messire Thomas et son filz devers la royne, qui fut moult joieuse de la venue du roi, par ce qu’elle cuida bien parvenir à son entente d’avoir le royaulme en sa subgection. Si eut lors la royne de grans devises audit Louvelet; puis parla à messire Thomas Quirel et à son filz, lesquelz elle nomma plusieurs fois traliittres, à quoy le bon chevalier respondy : « Ma très redoubtee dame, oncques [jour de ma vie] ne pensay ne fîch trahison, ne oncques de nul villain reproche on ne me sceut attaindre; si me feroit grant mal que en mes vielz jours j’en feussenotté. » Ausquelz motz la royne le regarda moult fierement, jurant la foy qu’elle devoit au roy que vengance en prenderoit : si fist appeler son filz le prince de Galles, pour juger de quel mort on le feroit morir. Et l’enfant, qui jaestoit introduit, vint au devant delà royne sa mere, qui lui demanda : « Beau filz, de quele mort fineront ces deux chevalliers que là veez , » à scavoir messire Thomas Quirel et son filz. Et le jenne prince respondy que l’en leur trencberoit les testes. A quoy replicqua messire Thomas, disant : « Dieu met en mal an quy ainsi t’a aprins à parler ! » Et tantost aprez on leur trencha les testes, dont ce fut pitié.
Et pour parler de la desconfiture de ceste journée1, il n’y morut gueres des gens; car pour la pluspart ilz s’enfuyrent ou grant desroy qu’il y avoit eu, et tout par le trahittre Louvelet qui menoit l’avant garde. De laquele chose ainsi advenue fut le conte de Warewic