‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 85 sur 128 · Ce combat se donna le 17 février 1460 (v. s · texte numérisé non relu

Ce combat se donna le 17 février 1460 (v. s

moult troublé ; car jamais plus grant desroy ne plus soubdain on n’avoit veu advenir, par le pourclias du trahittre Louvelet qui ainsi avoit son maistre decheu.

1205. Comment le conte de la Marche fut honnourablement recheu à Londres , lui disant Londriens qu’ilz le tenoient pour roy. XLIII.

Quant laroyne Margueritte se vey au dessus de ceste besongne , et qu’elle avoit ainsi recouvré le roy son mary, elle en fut moult joyeuse. Si se tint vm jours depuis à Saint Albon , où elle fist au roy Henry, son mary, tenir estât royal, mandant auz Londriens qu’ilz lui feissent obéissance, ou elle yroit à Londres, atout son armee, pour les mettre à obéissance. Puis envoia lettres parmy le royaulme , en remonstrant le grant vitupéré qu’on avoit fait au roy, et qu’ilz recongneussent leur souverain seigneur.

Quant ceulz de Londres veyrent ces lettres , ycelles bien ymaginees , considerans les maulz quy par ycelle estoient advenus ou royaulme d’Engleterre , et aussi que avec elle s’estoit tourné le roy, parquoy elle pourroit faire ancores pis, ilz se conclurrent et dirent, tous ensamble, que jusques au darrain homme ilz ne souffriroient qu’elle entrast en la cité. Si se misrent tous en armes ; pourquoy la royne n’aprocba point plus prez que Saint Albon. Et, entre tant qu’ilz sejournoient illec , elle et le roy, avec leurs gens , le conte de la Marche fut adcertené comment la dite royne et le duc de Sombresset avoient concquis le roy , et comment ilz avoient fait morir messire Thomas Quirel et son fdz. Et, d’autre part, fut adverti

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comment ceulz de Londres, jusques au morir, ne vouldroient la royne souffrir entrer en leur ville. Pourquoy il se pourpensa venir vers Londres, comme il fîst, moult noblement adcompaignié, et à entrer en la cité y fut moult noblement recheu des cytoiens , lesquelz crioient à baulte voix : « Vecy nostre roy. » Sitost que le conte de la Marche fut montez au pallaix, le Maisre de Londres et tous les seigneurs, bourgois et marchans , luy vindrent faire la reverence, en luy remonstrant, bien au long , le grant droit qu’il avoit à la couronne d’Engleterre , et comment le roy Henry les avoit habandonnez. Et lors que le conte Edouard de la Marche oy ceulz de Londres ainsi parler , et la bonne voullenté qu’ilz luy portoient , il les remercya moult doucement, disant, puis que c’estoitleur plaisir de le voulloir tenir à roy, que Dieu devant et monseigneur Saint George , il metteroit le pays en paix ; mais, quant au fait de la couronne, ja ne laprenderoit tant qu’il auroit boutez le roy Henry et la royne Margueritte hors du royaulme d’Engleterre, ou yceulz mis à mort. Et, sur cet estât , prinst congié des seigneurs et du peuple de Londres.

1206. Comment Edouard, conte de la Marche, promist aux Londriens de remettre le pays en son premier estât. XLIIII.

Quant le conte de Warewic sceut le conte de la Marche estre à Londres, il se tyra vers luy, auquel, aprez les salutacions , il demanda comment il avoit fait ou pays de Galles ; auquel il respondy que tousjours assez bien, Dieu mercy , mais moult lui desplaisoit de la mort de son pere et de ses autres amis. À

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quoy le conte de Warewic respondy qu’il convenoit tout passer et se mettre en paine de les vengier , recouvrant le royaulme et ycellui remettant en bon estât. Entre lesqueles devises le conte de Warewic lui conta comment ilz avoient esté trahis ; ouquel instant vint devers euz le Maisre de Londres, qui leur nonclia que le roy et la royne tyroient devers le Norlli pour illec mettre le peuple en leur obéissance , et que besoing estoit dey remedier. Et à ce respondy le conte de la Marche que , en quelque lieu que ilz tyrassent, il yroit aprez eulz , priant au Maisre de Londres qu’on feist apareillier tous ceulz quy voldroient aller avec lui. Si furent mandez officyers d’armes, en grant nombre, pour envoier partout devers les princes leur signifier ceste emprinse , à telz que le conte de Fauquemberghue et cellui de Northfort , au duc de Suffocz 1 et plusieurs autres grans seigneurs ; en leur priant qu’ilz se préparassent pour venir en la compaignie du conte de la Marche au mieulz en point qu’ilz porroient.

Quant les princes et seigneurs du pays furent advertis de la dicte voullenté et intencion du conte de la Marche , lequel le peuple voulloient avoir pour leur roy, ilz en furent moult joyeulz , et respondirent auz messages que de bon ceur le serviroient, et lui deissent qu’il marcbast bardiement avant ; car sans faulte ilz se trouveroient audevant de luy. Sicque les officyers d’armes , aians la bonne responce des dis seigneurs,

i. John 6e la Pôle, duc de Suffolk. Il n’eut cette qualité que la troisième année du règne d’Édouard IV. Mort en 1191. (Dugdale, II, 189, 190.)

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s’en retournèrent devers le conte de la Marche luy reporter leurs bonnes nouvelles , disant que hardiement marchast avant et qu’il trouveroit tous les seigneurs prestzpour aller où il commanderoit : de quoy ledit conte de la Marche fut moult joieux. Si appela son cousin de Warewic et le conte de Fauquembergue, auquelz il pria que leurs gensfeussentappareilliés pour partir le dimence prochain , qui estoit le jour du my Kaiesme , et îlz lui respondirent qu il n’y auroit point de faulte. Et si prya, pareillement, au Maisre de Londres que les cytoiens feussentpretz audit jour, demandant quel nombre ilz pourroient bien estre. A quoy le Mayeur respondy, par l’advis de tous ses compaignons, qu’ilz livreroient bien de vm à xm hommes bien en point , dont la pluspart estoient Brabenchons et Flamens, quy estoient tenus pour très vaillans gens. Si les remercya lors le conte de la Marche moult humblement; lequel, le samedy dont il voulloit partir lendemain , il manda auz seigneurs de Londres qu’ilz feussent à son partement, pour ce qu’il voulloit parler au peuple. Pourquoy ce dimence, environ à ix heures, toute la communaulté de Londres furent assemblez en ung lieu du pallaix de Wesmonstre1.

Quant le conte sceut que les Londriens estoient venus, il descendy de sa chambre et vint où le peuple estoit, et là ledit conte , armé de toutes armes , en la chambre de Saint Edouard, apuyé surla chayere du roy , pour ce qu’il n’y voulloit pas seoir, Fist signe à l’archevesque d’Yorc2, lequel commença illec à remonstrer

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