‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 87 sur 128 · SIXIÈME PARUE, LIVRE III, XLIV-XLVI · texte numérisé non relu

SIXIÈME PARUE, LIVRE III, XLIV-XLVI

jour passé , le conte de Warewic fait capittaine de Kent ; et si lui avoit fait l’honneur de conduire son ad van garde en ses guerres, ycelluy constituant son maistre d’hostel ; mais en la darreiiere battaille de Saint Albon eue contre la royne Marguerite , il avoit este, par sa trahison, cause de la desconfiture dudit conte et de la prinse du roy Henry , livré à la dite royne, comme il est touchié cy dessus, et fut desroieur de ximm vaillans hommes quy estoient en la dicte avantguarde. Le dit Louvelet fut amené devant le conte de la Marche et les seigneurs, où il fut bien examiné. Si confessa, sans quelque force, purement, que, pour estre promoveur du cas dessus dit, la royne luy avoit promis le faire conte de Kent , et, avec ce, quatre mille livres d estrelins, dont desja il avoit reclieu vcz , si avoit plesges du demourant. Pour laquele trahison il eut le chief coppé , et fut sa teste mise au bout d’une lance sur le pont de Londres , et son corpz en quatre pieches.

1208. Comment le conte de la Marche se party de Londres en grant triumplie. XLVI.

Aprez ceste justice ainsi faite, le conte de la Marche issi de sa chambre : si descendy en bas, avec luy le conte de Warewic, le duc de Nortfort et autres grans seigneurs , barons , chevalliers et escuyers en grant nombre , aians grant plenté de charriotz et charrettes cliargiés de vivres et artilleries, qui avant le partement du conte se tyrerent aux champz, prendant le chemin vers Saint Albon. Lors le conte de la Marche [appella] entour lui tous les princes de sa compaignie, pryant au Maisre de Londres qu’il meist ses gens à

CRONICQUES D’EINGLETERRE. [1461]

chemin , comme il fist : puis monta sur son coursier. Et lui faisoient dès lors toutes maniérés de gens, volontairement, honneur et obéissance de Roy.

Ainsi que vous oez, se parti le vaillant conte de la cité de Londres1 en noble arroy, grandement adcompaignié , son coursier couvert et houchié des armes d’Engleterre; et n’est point à penser le peuple qui estoit ce jour parmy la ville et cité de Londres, cryant : « Vive le roy Edouard ! » disans : « Très chier sire , vengiés nous de ce roy Henry et de sa femme ». Puis, quant le conte de la Marche se vey auz champz, armé de toutes armes , il appela le Mayeur et tous les notables de Londres, si prinst congié d’eulz et leur recommanda la ducesse sa mere ; et , ce fait , appela les contes de Warewic et de Eauquembergue, si leur dist qu’on feist tyrer l’ost vers Bernav, comme on fist, où tous se logèrent pour ceste nuit. Mais le conte de la Marche atout sa routte se loga à une mille prez d’yceulz , où il séjourna lendemain pour atendre le seigneur de Scalles2 et le baron d’Ondelay qui venoient du pays de Lantacliier, atout iiiim archiers bien en point , ausquelz le conte fist moult grant chiere. Et yceulz arrivez, commanda son advantgarde marcbier devers Saint Albon , pour ce qu’il devoit illec avoir nouvelles du duc de Nortfod et des autres princes de ce quartier,

Page 1