Raph Grey, écuyer. Voy. ci-dessus, p. 273, note
3. Thomas de Courtenay, comte de Devonshire. Voy. ci-dessus, p. 251 , note 4.
282 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1461]
vernement autour d’eulz, leur mettent au-devant, pour eulz complaire, les choses dont souventeslois guerres, discentions et battailles naissent, qui est destruction de la chose publicque des royaulmes et empires. Et, pour tant, se rois, princes et grans seigeurs eslisoient pour leurs conseilliers sages et bons preudhommes, bien expérimentez , jamais telz choses n’avendroient. Pour ce dist on ung vray prouverbe, que bien prophane est la terre dont le prince est enfant.
Je le dy pour le noble royaulme d’Engleterre, dont au présent sommes en parolle ; car , pour ce que le roy Henry VIe de ce nom n’a pas esté en son tempz homme tel que il convenoit pour gouverner ung tel royaulme, cliascun quy en a eu povoir s’est voullu enforchier d’en avoir le gouvernement; et tant que, par l’envie qui se boutta entre les princes, s esleverent les discentions teles que vous avez oy cy dessus , dont plusieurs furent mors et detrenchies, mesmement le roy Henry et la royne Margueritte sa femme dechassiés et debouttez de la couronne, laquele son grant pere 1 avoit usurpee vyolentement hors des mains du roy Richard2, son cousin germain; lequel il fîst murdrir piteusement, ou chastel de Pontfret, comme il a esté plainement déclaré cydessus, en la fin du quart vollume5. Et pour ce dist on que chose mal acquise ne peult avoir longue duree ; et bien y parut à ce roy Henry VIe, lequel, pour la cause que je roy Henry le quart, son tayon, uza de tel trahison envers le roy Bichard, son seigneur souverain, devoit il perdre toute succession d’heritage, pour lui et sa postérité.