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CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1461]
voir Edouard, qui morut sans hoir, et Richard, conte de Cantebruge , lequel fut marié à Agnes , fille de Rogier, conte de la Marche; de laqueleil eut Richard, duc d’Yorc, pere à cestui Edouard, conte de la Marche.
Ainsy, doncques, peut aparoir que la couronne d’Engleterre, par droite et vraye succession de lignié, apartient à cestui Edouard, conte de la Marche, parla mesmes descente dudit Lyonnel, vray heritier; et aussi par la descendue dudit Emond, duc d’Yorc. Et ajuste tiltre il en a deboutté le roy Henri VIe, par la vyolence du detestahle murdre commis par son grant pere en la personne du bon roy Rychard, son cousin germain.
1211. Gomment le roy Henry fut longue espace tenu secrètement ; mais en fin fut prins et rendu au roy Edouard1 2. XLIX.
De ceste battaille, doncques, eschaperent, en fuyant, le roy Henry, la royne sa femme, le prince leur filz*, le duc de Sombresset, le duc d’Excestre et Jehan de Sombresset, conte Durset3, tous lesquelz, excepté le roy, se tyrerent en Escoche avec la royne. Le roy Henry avoit ung serviteur, noble homme, nommé Richard Donnestal 4, qui estoit son chambellan , lequel
1 . Ici notre chroniqueur anticipe sur les événements en parlant de la prise de Henri VI, qui n’eut lieu qu’en 1465, et il en intervertit la marche en plaçant ce fait avant la bataille d’Exham, donnée le 15 mai 1464, et dont il sera fait mention plus bas.
2. Edouard, prince de Galles, marié à Anne, fille du comte de Warwick, en 1470 ; tué à Tewkesbury, le 4 mai 1471. (Dugdale, I, 307.)
3. Jean Beaufort, frère du duc de Somerset ; tué aussi à Tewksbury. Dugdale (I, 124) ne dit pas qu’il portait le titre de comte Dorset.
4. Richard Tunstall, mort la septième année du règne de Henri VII, 1491 ou 1492. (Antis, II, 235, note x.)
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conduisi le roy son seigneur à saulveté , tant qu’il fut hors du dangier de ses annemis. Et, depuis, il le tint secrètement, par l’espace de deux ans, es pays de Lentachier et de Westmerland , le saulvant, menant et entretenant à son povoir, par le moyen de ses amis et ceulz qu’il tenoit estre de son party1 ; en laquele maniéré il le menalogier à l’bostel d’un chevallier nommé messire Richard Tempeste 2 : mais il ne le sceut maintenir si secrètement qu’en la fin le roy Edouart n’en feust adverty. Parquoy il envoia illec le frere3 dudit Richard, grandement adcompaignié de gens de guerre, lequel, sans faire grand effroy, vint le plus secrètement qu’il polt à l’hostel dudit messire Richard Tempest , son frere, ouquel lieu il trouva le roy Henry adcompaignié dudit Richard Donnestal ; lequel s’efforça de prendre ledit roy, en déclarant à son dit frere comment de ce faire il avoit la commission, sur paine capital, de par le roy Edouard, en soy tenant seur de sa personne, en quelque lieu qu’il le trouveroit, et à toute dilligence l’amenast devers luy, en la cité de Londres. Touteffois, pour la reverence de son frere , il estoit entré oudit hostel lui ni® ou ime tant seullement , et avoit laissié autour de la place les gens que le roy luy avoit bailliés, craindant que, s’il feust entré à toute
1. Jean Maychell, seigneur de Crakenhorp, du comté de Westmorland, obtint d’Édouard IV, le 20 novembre 1466, des lettres de grâce pour avoir donné l’hospitalité à Henri VI. (Rymer, V, partie II, page 143.)
2. John Tempest de Bracewelle. {WarkwortK s chronicle , page 41, note 4.)
3. Peut-être Wavrin veut-il parler de Thomas Talbot, qui avait épousé la fdle de John Tempest : ce serait alors gendre et non frère qu’il faudrait lire. (W arkworth' s chronicle , page 41, note 1.)
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1461]
sa compaignie de gens d’armes dedens l’hostel de son frere, il ne l’en eust tenu suspect. Pourquoy il advint que, quant il cuida prendre et saisir ledit roy Henry, ledit Richard Donnestal, son chambellan, sailly avant, l’espee ou poing , et telement deffendy le roy son maistre , en donnant et recepvant plusieurs horions, qu’en la fin il coppa ung brach audit commissaire ; puis, voiantque lui seul ne povoit résister à tant de gens à la longue, i! prinst le roy par la main, et tant fist, par force d’armes, que, maulgré ledit commissaire et ses gens , il le conduisy et mena hors de la place du dit messire Richard Tempest, et le saulva en ung bois quy estoit assez prez d’illec.
Alors y eut grant effroy, tant dedens le cbastel comme dehors, et fut ledit roy Henry poursievy à toute dilligence : telement que, au meisme jour, il fut prins et saisy par ung nommé Thomas Thalbot1, lequel, en la compaignie du dit commissaire et de ses gens , l’emmena à Londres2. Pendant lequel tempz Henry, duc de Sombresset, parle moyen d’aulcuns ses amis, eut son apointement au roy Edouard et fut
reclieu en sa grâce , luy rendant sa place de Bram-
t. Henri VI, dénoncé par un moine noir d’Abyngton , nommé William Cantlow, fut pris à Waddington-Hall , par Thomas Talbott, John Talbott de Colebry, son cousin, sir James Haryngton et John Tempest. Scs valets de chambre John Levesey, William Rogers de Serne et David Colinley trempèrent dans le complot. ( JP arkwortfi’s chronicle, notes, pages 40-42). Édouard IV donna, par ses lettres patentes datées du 29 juillet 1465, tous les biens de Richard Tunstall à Jaques Harvngton, pour avoir découvert le refuge du roi. (Ryimek. V, partie II, 132.)
2. Au mois d’août 1465. ( Chronique scandaleuse. Voy, Lenglet, II, 184.)
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bourg 1 et autres, promettant audit roy Edouard que, de ce jour en avant, il luy serroit bon et leal subgect, dont touteffois il ne fist riens.
Aprez la desconfiture dessus dite, la royne Marguerite et son filz tyrerent en France, comme cy aprez porrez oyr.
1212. Comment le conte de la Marche retourna à Londres, et du Parlement qu’il y tint pour son couronnement. L.
Aprez ce que le conte de la Marche eut guaignié la journée de Chiereborne2, comme vous avez oy, il remerchiaNostre Seigneur de la belle victoreque, à ce jour, il avoit eu ; mais moult lui desplaisoit de la mort des nobles seigneurs quy là avoient esté occis ; puis quant ce vint vers le vespre, que chascun fut retrait et retourné de la chasse, le conte de la Marche encquist et demanda pour scavoir lesquelz de ses bons amis estoient mors ou navrez, et lesquelz aussi l’avoient servy loyaulment et secouru au besoing. Si vindrent plusieurs chevalliers, contes et barons qui lui firent la reverence, et là, dirent ou racontèrent, chascun endroit soy , de leurs adventures, et comment la besongne s’estoit portée, eulz devisant quelz gens ilz avoient perdu ; et quant ilz se furent grant pieche devisez des mors et navrez, ilz demandèrent au conte comment ilz avoient à eulz conduire pour le meilleur.