Le 24 décembre 4463. (Lingard, II
2 Sherburn. «. In the Bill of Attainder afterwards passed against the Lancastrians, this battle is spoken ofashaving « taken place in a feld « belween tlie townes of Shirbourne in Elmett and Tadcaslre, called a. Saxton feld and Towtonfeld. » Rolls Pari. V, 477. » ( Arcbaeol . brit,, XXIX, 347, note T.)
288 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1461]
A quoy il respondy que jamais ne cesseroit, jusques ad ce qu’il auroit mort ou prins le roy Henry et sa femme, ou yceulz boutté hors du pays , comme il l’avoit promis et juré. Et lors les princes et barons de sa compaignie respondirent : « Sire, dont, est il besoing de tyrer vers Yorc; car nous sommes advertis que la royne Margueritte, le duc de Sombresset et autres, sont tyrez celle part à refuge1, lesquelz ne serront pas soustenus des cytoiens alencontre de vous. » Ainsi, doncques, le conte de la Marche et les seigneurs de sa partye conclurrent de tyrer vers Yorc. Si fist mettre le conte son estandart auz champz, puis envoia vers çeulz de la cité leur remonstrer comment ilz estoient ses subgetz , et si soustenoient ses annemis, et que se ilz ne les mettoient dehors, il les couroucheroient. Mais incontinent que la royne, qui estoit
1. Voici ce que Thomas Playters écrivait à ce sujet à John Paston, le 18 avril 1461, vingt jours après la bataille de Towton :
« Item, pour toutes nouvelles, le bruit court, et c’est affirmé par des hommes dignes de foi, que le comte de Withshire est pris.... Item, j’ai appris.... que Henri VI est dans le Yorcshire à un endroit appelé Coroumber, ou un nom semblable.
« Et on y a mis le siège, et plusieurs écuyers du comte de Nortbumberland se sont réunis avec cinq ou six mille hommes pour aider les assiégeants, et pendant ce temps Henri VI auroit pu être pris à une petite poterne derrière (les remparts) ; à ce siège 4000 hommes du nord (assiégeants?) furent tués. Sir Robert de Ocle (Ogle) et Conyers nous accusent (à tort) d’avoir causé ce siège. Les uns disent que la reine, Somerset et le prince doivent y être, etc. s ( F cnn' s original letters , I, 223- 225.)
Fenn met en note, page 222, que ce récit diffère de celui donné par les historiens qui disent que Henri VI, etc., s’enfuit directement en Écosse. Quant au siège ci-dessus mentionné, il dit encore (page 223, note 3) : « Nos historiens ne font aucune mention de ce siège, ni de la facilité avec laquelle le roi aurait pu être pris. »
[1461] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, l. 289
dedens Yorc, entendy ces nouvelles , elle manda le duc à Yorc , quy vint vers elle, à scavoir de Sombresset; auquel elle dist que besoing estoit d’eulz partir d’iilec, ou autrement ils estoient en dangier d’estre tous péris. En ceste mesmes nuit, doncques, la royne et les siens, aians troussé tout leur baguage portatif, se partirent en grant baste de la cité d’Yorc j si s’enfuyrent en Escoce.
Quant Edouard, conte de la Marche, fut adverly que ses annemis estoient partis de la cité d’Yorc , il en fut moult doullent. Si se parly du lieu où la battaille avoit esté, vint à Yorc, où il entra, et lui vindrent au devant tout le clergié de la cité; lesquelz luy firent reverence, comme à leur souverrain prince et seigneur, lui pryant humblement que il leur voulsist pardonner se aulcunement avoient envers luy mesprins, non cuidans toutesvoies avoir riens melfait; et il leur pai donna libéralement.
Ainsi que vous oez, fut le nouvel duc d’Yorc vin jours entiers en la cité, avec luy tous les princes et seigneurs, faisans très grant chiere ; et, avant son partement, fist prendre les osselemens de son pere, frere, païens et amis, lesquelz il fist mettre en beaulz et riches sarcus, et à grans pleurs et larmes fist faire leurs services et obsèques, honnourablement, comme à eulzapartenoit. Puis, aprez toutes ces choses adcomplyes, et que ceulz de la cité d’Yorc eurent recheu leur seigneur et lui fait hommage, promettant d’ores en avant eslrebons et loyaulzsubgetz, ledit duc d’Yorc, conte de la Marche, assambla les princes et seigneurs de sa compaignie avec lesquelz il tint ung petit parlement, à scavoir qu’il estoit de faire pour le bien publicque du n 19
royaulme. Si fut la conclusion tele, pourveu que le roy Henry et la royne Margueritte estoient hors du royaulme , de larmee rompre et cliascun renvoier en sa place : ce qui fut ainsi fait. Et ladite conclusion prinse, le duc d’Yorc, conte de la Marche, remercya les princes, seigneurs et gens de bien du beau service que fait luy avoient alencontre de ses annemis : disant que à jamais serroit très grandement tenus à eulz; lesquelz tous ensamble luy respondirent que faire le dévoient. Puis, quant Edouard, conte de la Marche, eut ordonné de tous ses affaires, il disposa soy tyrer "vers Londres, combien que la pluspart des gens d’armes seretrayrent en leurs hostelz, touschargiés de butin et de gaing.
Le conte de la Marche, doncques, party d’Yorc noblement adcompaignié, et, servy de contes et barons, clievaulcherent tant que ilz vindrenl à deuxlyeuesde Londres , où ilz trouvèrent plusieurs archevesques, evesques et abbez, avecques plusieurs autres gens d’Eglise, le Maisre de Londres, et tous les plus notables bourgois et marcbans de la cité, quy firent audit jeune duc d’Yorc tout l’honneur que à roy devoit appartenir. Et entra dedens la ville de Londres, chevaulchant par la grant rue de Cep1 jusques devant le portai de l’eglise Saint Pol, ou il descendv, monta en la dite eglise, où il rendy grâces à Nostre Seigneur, baisa les relicques et fist son offrande. Puis vint remonter sur son cheval, et, à grant bruit de trompettes et clarons, chevaulcha tant qu’il vint à la riviere de Thamise, où il trouva sa barge préparée et couverte